Le congrès du Front national se tient les 22 et 23 juin 1974 quelques semaines après le 1er tour de l'élection présidentielle de 1974 à laquelle Jean-Marie Le Pen se présente pour la première fois et obtient 0,74% des voix.
Il est marqué par la structuration suite à la campagne et la préparation des prochaines échéances électorales afin de permettre la pérennité du parti.
Contexte Le 5 mai se tient le premier tour de l’élection présidentielle à laquelle Jean-Marie Le Pen se présente pour la première fois. 190 921 électeurs se tournent vers sa candidature soit 0,74% des suffrages.
Le 11 avril il déclarait à la presse : « Il n’est pas mauvais de faire connaître, numériquement notre existence. Que nous représentions 2,3,5% des voix ou davantage, cela peut procurer parfois une position d’arbitrage, et obliger les autres à tenir compte de cette force. »
A l’issue du 1er tour, le conseil national du FN appelle à « barrer la route au candidat de coalition socialo-communiste ». Jean-Marie Le Pen ayant l’espoir « d’entrer dans la majorité » s’estimant « pas si loin de Giscard d’Estaing ».
Après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing c’est donc dans une ambiance de défaite que se tient en juin 1974 le deuxième congrès du Front national à Paris.
Déroulement du congrès Lors du congrès, Jean-Marie Le Pen énumère les objectifs fixés par son parti : un « recrutement intensif », une formation politique destinée aux militants, la préparation des candidats aux élections à venir : des législatives partielles dans cinq circonscriptions sur six, des sénatoriales dans deux départements et plusieurs élections cantonales. Une motion du congrès constate « avec satisfaction les progrès du mouvement tant au plan du nombre des adhésions qu’au plan de son implantation territoriale ».
Des décisions internes touchant à l’organisation du parti sont ratifiées : Le Front national de la jeunesse voit ses moyens améliorés, un programme de créations et de visites de fédérations départementales est approuvé avec une tournée à partir de janvier 1975. Décision est prise également de doter le parti d’un véritable organe de presse avec la création du National. Tout cela doit permettre la diffusion des doctrines frontistes et la remise à flot d’une trésorerie déficitaire.
A l’issue de la deuxième journée de congrès, Jean-Marie Le Pen tiens une conférence de presse, au cours de laquelle il a réaffirmé l'opposition de son parti à la politique du nouveau président élu Valéry Giscard d'Estaing qu’il qualifie de « continuation pure et simple de celle de la majorité gaulliste ». Il demande également la dissolution de l'Assemblée nationale pour permettre selon lui au président de la République « de lever l'ambiguïté de son soutien parlementaire ».
Elections internes
vignette|Jean-Marie Le Pen en mai 1974
La réélection de Jean-Marie Le Pen au poste de président est acté et l’ensemble du bureau politique est reconduit en entier. Seul Roger Holeindre est remplacé par le docteur Henri David, ancien membre du conseil directeur d’Ordre nouveau. Un comité central de 39 personnes est élu également a l’unanimité.
Sont promus au comité central notamment l’historien Jean-François Chiappe et le milliardaire Hubert Lambert propriétaire des ciments Lambert.
Analyses Pour l’historienne Valérie Igounet, l’optimisme affiché lors du congrès ne doit pas occulter l’état du FN car selon elle, dans plusieurs domaines clés pour un parti politique (formation, finances, programme, implantation, représentation, résultats électoraux, stratégie interne), le FN montre d’importantes faiblesses. L’historienne relève toutefois quelques atouts que le parti peut faire valoir : des cadres politiques et militants motivés et un président, véritable tribun.
Elle rappelle que de l’avis du FN, ce congrès marque « une étape décisive dans la vie du mouvement qui désormais est sorti de sa période constitutive. […] Le Front national est devenu, sinon le seul, en tout cas le mouvement le plus important de l’opposition non marxiste ».
Jean-Marie Le Pen comprend que son parti ne pourra émerger en l’état. C’est pourquoi il se sert de la tribune de presse donné à l’issue du congrès pour rappeler les engagements pris en matière électorale par Valéry Giscard d'Estaing au cours de la campagne présidentielle et réclamer l'introduction de la représentation proportionnelle, ainsi qu'un financement légal des partis politiques en fonction de leur représentativité.
Références
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