L'affaire Lyhanna est une affaire criminelle survenue en France. Elle concerne l'enlèvement, puis le viol, et l'assassinat de Lyhanna Rameau Bernard, une collégienne de disparue le à Fleurance (Gers). L'affaire suscite une importante couverture médiatique nationale, des interrogations sur le suivi de précédents signalements visant le suspect, Jérôme Barella, et plus largement des critiques quant au traitement des affaires de pédocriminalité.

Victime Lyhanna Rameau Bernard est née le à La Rochelle (Charente-Maritime)., dont sont également originaires ses parents. Elle a un petit frère.. La famille s'installe dans le Gers après sa naissance. Elle habite à Fleurance où elle est scolarisée en classe de sixième. Ses parents la décrivent comme souriante et sociable, attachée à ses proches....

Faits Disparition Le , Lyhanna disparaît à Fleurance après avoir quitté le collège Hubert-Reeves, où elle était scolarisée. D'importantes opérations de recherche sont engagées par les autorités. Selon la procureure de la République d'Auch, un témoin indique avoir vu l’enfant après sa sortie du collège dans le véhicule d'un homme de , rapidement identifié par les enquêteurs grâce à l'exploitation des images de vidéosurveillance de la ville. L'homme, Jérôme Barella, est placé en garde à vue le . Il affirme avoir simplement déposé la jeune fille à la piscine de Fleurance le jour de la disparition, mais ses déclarations sont jugées ..

Dès le , Jérôme Barella est mis en examen à Agen pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de et placé en détention provisoire. au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan..

Découverte du corps Le , les enquêteurs découvrent un corps dans un silo agricole d'une ancienne coopérativeLes coordonnées de cette coopérative sont . à Puycasquier (Gers) dans laquelle le suspect avait travaillé. Un ancien collègue avait mis les enquêteurs sur cette piste.. Le lendemain, le parquet d'Auch annonce que les analyses génétiques permettent de l'identifier comme étant celui de Lyhanna. Le meurtre sur mineure de moins de est ajouté aux chefs d'accusation.. Le , les résultats des expertises médico-légales confirment que Lyhanna a subi un viol avant sa mort. Elles mettent en évidence la présence de l'ADN de Jérôme Barella sur les parties intimes du corps de Lyhanna... Lyhanna a été bâillonnée avec du ruban adhésif et son corps présente des traces d’ecchymoses, notamment sur la tempe gauche.. L'expertise médico-légale ne permet cependant pas en l'état de déterminer avec certitude la cause du décès.. Aux qualifications initiales d'enlèvement et de séquestration, s'ajoutent le celles de meurtre précédé ou accompagné d’un viol, et de viol sur mineure de moins de , ce qui fait encourir à Jérôme Barella une peine de réclusion à perpétuité..

Le , le parquet d'Agen annonce que Jérôme Barella est mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans dans l'affaire Lyhanna, et pour viols sur mineure de moins de 15 ans dans l'affaire Rosa.

Profil du suspect et fichier des antécédents judiciaires Suspect Jérôme Barella, né en 1985, réside à Montestruc-sur-Gers.. Il est marié et père de famille. Il connaît Lyhanna, qui est la meilleure amie de sa première fille.. Il fréquente régulièrement la collégienne, lui , mais les parents de Lyhanna s'inquiètent de son comportement lorsqu'elle relate des attouchements qu'il lui a fait subir..

Il était inscrit au fichier informatique traitement d'antécédents judiciaires avant l'affaire Lyhanna.. Neuf procédures ont été déclenchées au total contre lui...

Parmi ses antécédents et signalements : en 2017, il fait l'objet d'un signalement de la gendarmerie, classé sans suite, concernant une relation avec une mineure de , qualifiée de au regard de la loi ; en 2021, il perd son emploi au lycée de Lectoure pour ; en 2022, une plainte pour viol sur une enfant de est déposée à son encontre, classée sans suite en comme infraction insuffisamment caractérisée ; en 2023, plusieurs signalements relatifs à l’activité en ligne de Jérôme Barella sont transmis par le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC) aux autorités françaises, notamment à l’Office mineurs (OFMIN). ; le , il est visé par une plainte pour une cinquantaine de viols. en 2024 et 2025 sur une fillette âgée de et connue sous le prénom de Rosa, déposée par sa mère... Le , des examens médicaux sur l'enfant .. Selon Le Parisien, le , le parquet d'Auch demande à la gendarmerie de placer en garde à vue le suspect, qui finalement ne sera pas auditionné. ; en , à la suite de la médiatisation de l'affaire, des signalements pour d'autres agressions présumées sont transmis aux parquets des Côtes-d'Armor et du Tarn-et-Garonne..

Entourage Le , le frère du suspect, Yannick Barella, est mis en examen pour viols sur mineur et viols sur conjoint à la suite de plaintes déposées par deux anciennes compagnes. Lors de sa garde à vue, il nie toute relation sexuelle non consentie..

Joël Barella, le père de Jérôme Barella, fait l'objet en 2013 d'une plainte pour viol déposée par l'une des petites-filles de sa compagne. Il n'a pas été mis en examen et un non-lieu est prononcé en 2021 après huit années d'enquête.. Il est également visé par une enquête pour agressions sexuelles sur son autre petite-fille par alliance. Classée sans suite en 2020, la procédure est rouverte le ..

La femme de Jérôme Barella porte plainte contre son mari pour viol et violences conjugales le ..

Réactions et conséquences Controverses vignette|Collage en réaction à l'affaire Lyhanna : Classement sans suite. Justice complice. Lyhanna, 11 ans. Grenoble, juin 2026.|225x225pxLa révélation des plaintes antérieures non suivies d'audition du suspect suscite de vives critiques de la part des associations de protection de l'enfance et de représentants de la classe politique...

Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par cette affaire, reconnaît un et met en cause la responsabilité des magistrats. Les conférences des procureurs généraux et des procureurs de la République estiment que sans le résultat des inspections. Elles soulignent que les magistrats font face à une masse importante d'affaires et au caractère variable des priorités du gouvernement en fonction de l'actualité.

De très nombreuses négligences auraient ralenti le traitement du dossier.. Le logiciel gérant le fichier Cassiopée, censé accélérer les procédures judiciaires, est également mis en cause..

Le , la mère de Rosa porte plainte contre l'État et le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour faute lourde. Les enquêteurs et les magistrats chargés de l'affaire sont également visés pour mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger..

Réactions institutionnelles Le président de la République Emmanuel Macron dénonce un « dysfonctionnement » institutionnel et des de la justice tout en ne voulant ..

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin explique avoir demandé aux parquets de prioriser la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants dès le , mais sa circulaire de politique pénale était en fait très généraliste. et selon plusieurs médias, les nombreuses circulaires qu'il a transmises en 2025 et 2026 concernent surtout l'actualité et le narcotrafic, et ne mentionnent que rarement les violences sexuelles sur les enfants... Il annonce une enquête administrative conjointe de l'Inspection générale de la Justice et de l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale afin d'analyser la gestion des procédures impliquant Jérôme Barella.. Il ordonne aux procureurs généraux le réexamen de concernant des violences sexuelles sur mineurs... Les deux premiers syndicats de la magistrature, l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), jugent que ce réexamen est ou , notamment en raison du manque d'effectif..

Le , le général Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, reconnaît un dans le traitement de la plainte de la mère de Rosa..

Le , Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, et Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, estiment que cette affaire est une car . Ils dénoncent et le manque de moyens au sein des juridictions tout en rappelant que les magistrats ne sont pas irresponsables. Les deux plus hauts magistrats jugent que et appellent à .....

Gérald Darmanin annonce l'ouverture d'une enquête administrative à l'encontre de la magistrate du parquet d'Auch. Sans attendre le rapport définitif de l'inspection générale de la Justice, il sanctionne la magistrate en lui retirant .. Cette magistrate estime ne pas avoir pu se défendre et déclare qu'elle ne pouvait eu égard à la masse de dossiers... L'Union syndicale des magistrats, syndicat majoritaire, déclare que Gérald Darmanin a . L'organisation syndicale estime que les magistrats ont été et dénonce le et la du ministre de la Justice...

En , l'USM publie une tribune intitulée « Justice sans moyens, justice entravée » afin d'appeler à donner à la justice les moyens humains et matériels nécessaires pour accomplir ses missions, notamment en matière de protection de l'enfance.. Ce texte est signé par près de .. Elle dénonce également le sous-équipement chronique des juridictions et l'insuffisante dématérialisation des procédures, déclarant que .

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez prononce la mutation d'office de deux hauts gradés de la gendarmerie du Gers..

Le 28 juillet, suite au réexamen de , 924 personnes ont été incarcérées pour violences sexuelles sur mineurs, soit une augmentation de 134% par rapport à la normale selon la Chancellerie. informations judiciaires ont également été ouvertes depuis le 8 juin, un chiffre en hausse de 271% par rapport à la même période l'année dernière. Le ministère de la justice déclare que « cette mobilisation exceptionnelle ne constitue pas une réponse ponctuelle à un drame. Elle marque une évolution structurelle et durable de l'application de la politique pénale du garde des Sceaux en matière de protection des mineurs ».

Réactions politiques La classe politique dans son ensemble dénonce les « dysfonctionnements » du système judiciaire en relation avec le fait que le principal suspect était déjà visé par au moins cinq procédures concernant des violences sexuelles sur des mineures avant la disparition de Lyhanna. Pour la responsable des Écologistes, Marine Tondelier, ce cas « n'est pas un dysfonctionnement isolé, c'est le symbole d'un système police-justice incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles. Par manque de moyens, mais pas seulement. Parce qu'il faut changer intégralement la culture patriarcale qui nous gangrène depuis des millénaires, et qui amène à ces drames ». Raphaël Glucksmann cofondateur de Place publique réclame « des moyens supplémentaires pour que cela ne se reproduise plus et pour que les dossiers soient traités beaucoup plus rapidement et qu'ils remontent tout en haut de la pile». Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale déplore « tant de temps gâché, de témoignages et de plaintes ignorés. C'est le résultat de la domination patriarcale systémique, d'années de sous-financement de la justice, de mépris de la parole des enfants. Des années à refuser de voir la déflagration que sont les violences faites contre eux dans notre société. » Bruno Retailleau, président des Républicains fustige « un système judiciaire en "faillite" », un « suspect déjà connu de la justice », « la lenteur des procédures », et « la déresponsabilisation partagée ». Édouard Philippe, qui se dit « triste et en colère », s'interroge : « Quand la parole d'un enfant est recueillie ou signalée, pourquoi toute la chaîne de l’État ne se met-elle pas immédiatement en alerte ? ».