Pierre-François Alexandre Lefèvre, né le à Paris et mort le à La Flèche, est un dramaturge français.
Biographie De la même famille que le savant Tanneguy Le Fèvre, et Anne Dacier., Lefèvre était le fils d’un marchand mercier, sur le pont Saint-Michel, et suit d’abord son gout pour la peinture, et travaille dans l’atelier de Doyen, qui le destinait à concourir pour le grand prix, lorsque, entraîné par un irresistible penchant, un nouveau plan de carrière entièrement consacré aux lettres s’impose à lui..
De sa double éducation résultent les beautés et les défauts de ses ouvrages ; d’un côté, son style, quelquefois incorrect et bizarre, abondait en pensées rendues avec énergie et précision, de l’autre les tableaux et les coups de théâtre trop multipliés nuisaient au développement des passions. Le , Lefèvre a donné Cosroës, tragédie qui a obtenu dix représentations. Raynal en dit que . Charles Collé indique que Lefèvre a profité d’une indisposition, feinte ou véritable, de Lekain, pour refaire presque entièrement le cinquième acte, et d’effectuer divers autres changements dans les autres et surtout dans le quatrième, etc. , conclut-il, néanmoins..
Florinde, tragédie romanesque mal conçue, sur le sujet du comte Julien, celui qui a amené les Maures en Espagne, est tombée, le , à sa première représentation. Selon, Charles Collé, la représentation ne a même pas été achevée. Elle n’a pas été imprimée.. Zuma, représentée devant la cour, à Fontainebleau, en octobre 1776, y réussit peu parce qu’elle avait été mal jouée mais qui, en revanche, a eu à Paris le plus brillant succès, lorsqu’elle y fut donnée le , et valut à l’auteur l’emploi de lecteur du duc d’Orléans, avec une pension de .
Élisabeth de France, dont le sujet est l’histoire de don Carlos, fils de Philippe II, reçue par les Comédiens Français, en 1781, devait être jouée en 1783. Le censeur royal n’osant pas en permettre la représentation, la soumet au lieutenant de police, qui l’adresse au garde des sceaux. Renvoyée par ce dernier au comte de VergennesIl n’est pas à exclure le jeu de chaises musicales entre Miromesnil, Fleury et d’Ormesson au cours de la seule année 1783 soit à l’origine du renvoi du dossier aux Affaires étrangères., qui la fait suivre au comte d’Aranda., ambassadeur d’Espagne, celui-ci refuse, sans l’avoir lue, de la laisser jouer publiquement.. Le duc d’Orléans, protecteur de l’auteur et de l’ouvrage, a vainement fait appel à Ia cour de Madrid de la décision de son ambassadeur.
Pour consoler Lefèvre, le duc d’Orléans lui a permis de disposer de son théâtre de la Chaussée-d’Antin, et d’y faire représenter sa tragédie par les comédiens. L’assemblée fut des plus brillantes: les quarante de l’Académie française, invités solennellement par l’auteur à venir juger son ouvrage, assistèrent à cette représentation, qui eut beaucoup de succès. On applaudit surtout, et même avec affectation, la leçon que Philippe II donne à la reine, de s’occuper de plaire et de lui laisser le soin de régner. Cette pièce fut imprimée en 1784, sous le titre de Don Carlos.
Lefèvre avait succédé alors à Saurin et à Collé dans les places de secrétaire ordinaire et de premier lecteur du duc d’Orléans. Son esprit vif, indépendant et quelquefois caustique était fort gouté dans cette petite cour. Son protecteur aurait voulu qu’il intègre l’Académie française mais, comme il répugnait à se prêter aux visites d’usage, il n’a pu réunir qu’un nombre insuffisant de suffrages, qu’il les a cédés, en retour, à son concurrent, le chevalier Florian qui, lui, attachait beaucoup plus d’importance à cette distinction.
Après la mort de son protecteur, en 1785, ne voulant pas faire partie de la maison du nouveau duc, il quitte le Palais-Royal, pour retourner vivre dans la retraite. Hercule au Mont-Œta, sa cinquième tragédie, fut assez mal accueillie, en 1787. Elle n’a pas été imprimée. Dans ses loisirs, il compose plusieurs poésies fugitives, la plupart inédites, non dénuées de grâce et d’originalité. Il termine également son poème épique, Stockholm délivré, ou Gustave Wasa, qui contient plus de dix mille vers. Cet ouvrage, dont les défauts appartiennent plus à l’ensemble qu’aux détails, renferme des endroits très remarquables, est resté manuscrit.
Sa ruine causée par la Révolution l’obligeant à une reconversion professionnelle, il accepte, en 1804, une place de professeur de belles-lettres à Saint-Cyr, puis au prytanée de la Flèche, où il devait terminer sa vie, 10 et plus tard, laissant un fils, Alexandre-François-Jules, lieutenant d’artillerie, tué à la bataille de Hanau, et une fille mariée à Adrien Jacques de Lens, rédacteur de la Bibliothèque médicale.
Jugements
Œuvre . . . Don Carlos, tragédie en 5 actes et en vers, par feu Lefèvre, représenté en 1783 par la Comédie française sur le théâtre du duc d’Orléans, G. Dufour 1784.
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Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Gabriel-François Doyen Théâtre de la Chaussée-d’Antin Prytanée national militaire de la Flèche
Liens externes
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