Les Anges gardiens est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1995.

Le film met en scène deux individus que tout oppose et qui se retrouvent malgré eux connectés par leurs anges gardiens respectifs : le premier, Antoine Carco (un malfrat égoïste reconverti en patron de cabaret) doit ramener de Hong Kong le fils d'un ami trafiquant, mais le fait en premier lieu pour passer les 15 millions de dollars en bons du trésor volés par le père de l'enfant aux triades chinoises. Le second, l'honnête et bienveillant père Hervé Tarain, rentre d'un stage éducatif avec un groupe de jeunes français en difficulté.

Plus gros budget de l'année 1995, il obtient également la seconde place au box-office français de l'année, derrière Les Trois Frères de Bernard Campan et Didier Bourdon.

Synopsis Yvon Radmillo, dit "La Pince", un Français vivant à Hong Kong, a volé de l'argent aux Triades (la mafia locale). Poursuivi par les malfrats, il tente de s'enfuir du pays avec son fils Bao. Mais la mafia le rattrape et parvient à le blesser grièvement. À l'agonie, il décide de demander de l'aide à son ancien ami, Antoine Carco (autrefois appelé Antoine Mérignac), devenu patron d'un cabaret à Paris, avec qui il était autrefois associé dans divers trafics en Asie. Il lui téléphone, d'abord en prétendant être atteint d'un cancer en phase terminale, pour lui demander de venir récupérer son fils toujours à Hong Kong afin de le ramener à sa mère, d'origine chinoise. D'abord hésitant, Carco refuse la mission de son ami, qu'il appelle affectueusement "ma poule". Sur ces mots, Régina, la fiancée d'Antoine, une italienne d'un tempérament excessivement jalouse, a partiellement entendu la conversation, commence à avoir des soupçons et se met à l'épier. Poursuivant la conversation, pour le convaincre, Yvon lui révèle alors qu'il a caché une énorme somme d'argent dans le coffre d'une banque, et qu'il lui offre un certain pourcentage sur le montant total pour ce service. Pour que son fils puisse le reconnaître, Carco doit se présenter sous le surnom de "Capitaine Haddock". Toujours discrètement, Régina, qui ignore complètement l'identité de l'interlocuteur, soupçonne aussitôt Antoine non seulement d'entretenir une liaison amoureuse avec une autre femme, mais d'avoir eu un enfant avec celle-ci. L'instant d'après surgit un camion. Radmillo n'a même pas le temps de raccrocher que celui-ci percute brusquement la cabine téléphonique, Yvon étant toujours coincé dedans, pour ensuite percuter un mur, le tuant sur le coup.

Aussitôt arrivé à Hong Kong, Carco apprend que son ami n'est pas mort d'un cancer, mais était pourchassé par la mafia locale. Il veut alors renoncer, mais est conduit malgré tout auprès du petit Bao. Il lui remet finalement la clé du coffre, en ayant utilisé le surnom qu'il lui avait donné. Peu après l'avoir trouvé, Carco est confronté à une première offensive armée de la mafia, à pieds, puis en bateau. Lui et le petit Bao finissent par leur échapper de justesse.

Dans leur fuite, tous deux se retrouvent par hasard dans un pensionnat dirigé par Mère Angelina, une religieuse catholique française. Il y fait la connaissance du curé catholique français Hervé Tarain (« a-i-n comme pain », exemple qu'il utilise souvent pour épeler son nom), venu à Hong Kong avec des jeunes de milieu modeste en sortie pédagogique afin d'aider des sœurs missionnaires. Tarain est sur le point de rentrer à Paris avec les jeunes, ainsi qu'une partie des immenses archives de la mission entreposées dans plusieurs malles, que Mère Angélina lui a si gentiment imposées.

Prétendant s'appeler Monsieur Ciccolini, et être un homme d'affaires venu en Asie pour négocier un gros contrat relatif au métro de Pékin, il présente Bao comme son fils qu'il doit ramener auprès de sa mère à Paris. Prétextant que ses négociations commerciales ne sont pas closes et qu'il ne peut donc rentrer en France dans l'immédiat, il parvient, non sans avoir fait culpabiliser le pauvre curé pour lui forcer la main, à convaincre celui-ci de prendre en charge le petit Bao jusqu'à Paris pour le ramener à sa mère. Comme Carco ne sait pas encore où est sa vraie mère, il fait croire au père Tarain et Mère Angélina en passant un appel au Carco's à Paris pour parler à Luna, une employée du cabaret, d'origine chinoise justement, pour la prévenir d'aller chercher son fils à l'aéroport demain. Malheureusement, Luna ne comprend pas la situation et Carco doit raccrocher précipitamment « parce que la communication commence à faire chère » d'après Mère Angélina.

Aussitôt après leur avoir confié Bao, Carco se rend d'abord en vitesse à la banque pour retirer l'argent (sous forme de papier-monnaie international) dont Radmillo lui avait parlé. Au moment de partir, un employé de la banque l'interpelle et lui remet un portefeuille « avec les compliments de la banque ». En sortant, Carco se doute bien qu'il est suivi. Au même moment, le préposé sort de la banque pour aviser les hommes de main de M. Mo de suivre Carco. L'instant d'après, Carco se rend dans un café pour rappeler Luna et mieux lui expliquer la situation. Juste après être reparti, des membres des Triades se lancent aussitôt à la poursuite de Carco. Celui-ci en maîtrise d'abord un ou deux, avant de voler un touk-touk à un pauvre commerçant. Les Triades le poursuive alors avec deux voitures jusqu'à l'aéroport. Au même moment, le père Tarain y est justement arrivé avec les enfants, ainsi que les tonnes de malles et de valises. Carco, lancé sur son touk-touk à pleine vitesse, frôle d'abord l'infortuné prêtre, puis manque de peu de se faire pulvériser par les deux voitures des poursuivants, sous le regard hilare des jeunes qui l'accompagnent. Malheureusement, dans la poursuite, Carco fini par percuter son touk-touk dans un immeuble qui s'effondre l'instant d'après, pour finir le reste du trajet accroché derrière un autobus.

Finalement, Carco s'arrange pour rester avec Tarain et les enfants, prétextant attendre son vol pour ses affaires. En réalité, c'est pour échapper à la mafia qui le poursuive jusque dans l'aéroport. Avant d'embarquer, Carco dissimule l'argent dans l'agenda du prêtre (dont la couverture représente une icône de Sainte Catherine de Sienne), qu'il remet aussitôt dans sa serviette, le tout à son insu, afin de passer les contrôles.

Pendant que le père Tarain perd un temps incommensurable pour faire enregistrer ses multiples malles, les membres du gang tentent d'empêcher le départ de Carco en le dénonçant anonymement au service des douanes (ils l'accusent d'avoir volé le portefeuille d'un employé de la banque de Shanghaï qui le lui avait pourtant remis précédemment). Carco est intercepté par des douaniers britanniques lui imposant une fouille complète (qui ne donnera évidemment rien). Une fois cette pénible formalité terminée, Carco tentent de rejoindre au dernier moment l'avion dans lequel Tarain et les jeunes sont en train d'embarquer, amadouant même l'employée de l'enregistrement au prétexte que sa femme va accoucher à Paris d'une minute à l'autre.

Une fois à bord, Carco fait croire au père Tarain qu'il va finalement pouvoir rentrer à Paris, prétextant que les négociations commerciales avec les Chinois ayant pris prématurément fin (des concurrents allemands ayant selon lui remporté le marché). Comme Carco a pris une place en première classe (plus une autre, pour rester auprès du curé avec son agenda contenant l'argent), pour le convaincre, il lui fait croire qu'il a peur en avion. Le prêtre fini par accepter son invitation. Pendant le dîner, prétendant être quelqu'un de très croyant, il engage la conversation avec Tarain sur la position de l'Église catholique à l'égard de différents faits de société. Peu après, profitant de l'absence momentanée de ce dernier parti aux sanitaires, Carco veut fouiller dans la serviette du curé, mais il brise la serrure. En revenant, Tarain décide alors de la garder à ses pieds. Plus tard dans la nuit, celui-ci s'accroche dans sa serviette, qui chute dans l'allée. Carco en profite alors pour fouiller une nouvelle fois dans ses affaires et constate avec dépit que l'agenda n'y est plus; ce qui fini par réveiller le père Tarain. Ne comprenant pas ce qu'il fait, Carco lui dit qu'il cherchait le passeport de Bao. En retournant à son siège, Carco prétexte vouloir faire un don à sa paroisse et réclame donc un rendez-vous avec le père Tarain afin de pousser celui-ci à utiliser son agenda. Le curé lui dit qu'il s'en est "débarrassé". Là-dessus, Carco perd le contrôle de ses nerfs (croyant par-là qu'il a "jeté" l'agenda et son contenu). Un quiproquo s'instaure provisoirement entre eux deux au sujet dudit agenda et de l'image pieuse représentée sur la couverture de celui-ci. Carco insinue que c'est l'image de la Vierge Marie, alors que le père Tarain lui révèle qu'il s'agit bien de Sainte Catherine de Sienne. Carco est finalement rassuré lorsque le prêtre lui avoue que l'agenda est dans la soute de l'appareil, dans l'une de ses valises (tout simplement).

Le lendemain, à Hong Kong, le préposé de la banque est amené de force chez Monsieur Mo par un de ses hommes de main. Étant donné qu'il a échoué sa mission, que Carco a pu quitter le pays avec l'argent, il se fait immédiatement étrangler par un des hommes de main de M. Mo. Ce dernier leur donne alors pour mission de se rendre à Paris pour y récupérer l'argent coûte que coûte et de tuer Carco s'il le faut.

Une fois arrivé à l'aéroport de Roissy, Carco aide d'abord le prêtre à récupérer toutes ses malles et valises. Quand celui-ci lui montre la valise contenant le fameux agenda, Carco ne peut s'empêcher de la prendre précipitamment. Comme il porte trop de valises sur lui, l'un des douaniers français l'apostrophe pour pouvoir les contrôler. Le père Tarain veut intervenir, mais Carco provoque très vite un scandale pour détourner l'attention des douaniers sur lui afin de permettre à l'agenda et son contenu de passer tranquillement la douane. Son stratagème fonctionne, mais il est une fois de plus écarté du groupe (et de subir une nouvelle fois une fouille approfondie).

Pendant ce temps, Luna arrive à l'aéroport avec Lucky, le frère d'Antoine, pour récupérer le petit Bao... suivis de très près par Régina, arrivée en taxi, incognito. En voyant Luna, Bao sait très bien qu'elle n'est pas sa mère. Devant lui et le père Tarain, honteuse, elle lui révèle alors qu'elle n'est pas sa mère (malgré les allégations de Carco). Quand celui-ci revient enfin, Tarain décide de le confronter. Pris au dépourvu, Carco sort une nouvelle série de mensonge. Seulement voilà : Régina, la véritable fiancée de Carco, qui était cachée derrière un magazine et a entendu leurs échanges, interfère brusquement dans la conversation et fait une terrible crise de jalousie, persuadée qu'Antoine a eu l'enfant avec Luna.

Entre les crises de Régina, Luna, les leçons de morale de Lucky et les doléances du père Tarain, Carco fini par perdre patience et se rue alors sur la valise contenant les millions pour les récupérer, sous l'œil médusé du prêtre qui comprend alors qu'il a été abusé. Après une autre joute verbale entre les deux hommes, Carco, excédé, confie Bao au curé, le temps d'essayer de retrouver l'adresse de Lilly Wang, la véritable mère de Bao. Hervé Tarain, outré des nombreux mensonges de Carco, prévient alors celui-ci que sa conscience finira par le tourmenter de ses mauvaises actions. Mais Antoine n'en a cure et se contente d'un ironique « Alléluia ! » pour toute réponse, avant de quitter l'aéroport.