Le scandale du Collège de Paris se réfère à des soupçons d'irrégularités – dont de blanchiment d'argent ainsi que d'abus de biens sociaux, du groupe privé d'enseignement supérieur français éponyme, .

Selon L'Express, le rapport d'une enquête judiciaire menée à l'encontre du Digital College, l'un des 32 établissements du Collège de Paris, révèle des investissements illicites de son fondateur Ridouan Abagri qui s'élèveraient à près de 3 millions d'euros, dont 2,2 millions en cartes à collectionner.

Le scandale s'inscrit directement dans les dérives récurrentes de l'enseignement supérieur privé à but lucratif en France. Il est considéré comme un cas emblématique, voire comme « ce que le scandale Orpea a été pour les EHPAD », pour le secteur de l'enseignement supérieur.

Contexte vignette|275x275px|Ridouan Abagri, lors d'un « kick-off » du Digital College à la Station F à Paris en 2019. Fondé en 2011 par Olivier et Nicolas de Lagarde, le Collège de Paris est, en 2025, l'un des plus importants groupes d'enseignement supérieur privé à but lucratif en France. Il compte alors près d'une trentaine d'établissements de formation et près de 18 000 élèves, dont 4 000 étudiants étrangers.

Or, en 2018, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du premier quinquennat d'Emmanuel Macron libéralise le secteur de l'apprentissage. L'une des conséquences est une augmentation massive des versements d'argent public, un véritable « âge d'or » pour l'apprentissage.

L'affaire éclate progressivement à partir d'avril 2025, avec de premières révélations par le journaliste Baptiste Lépinay de Mediapart sur l'un des établissements du Collège de Paris, le Digital College, une école post-baccalauréat spécialisée dans le marketing et la communication : dépenses excessives – 500 000 euros de cartes à collectionner Pokémon, cadences infernales pour les employés, management brutal, retards de paiement et menaces de la part de la direction. L'établissement fermera ses portes en mai de l'année suivante après son placement en liquidation judiciaire. En juin 2025, une autre école du groupe, l'ECEMA, est elle aussi visée pour le recrutement d'étudiants étrangers « au prix fort » dans une enquête du Monde, puis de Mediapart en décembre.

Répercussions

Le 15 décembre 2025, le Collège de Paris est placé en procédure de sauvegarde par le tribunal des activités économiques de Paris, constatant un endettement de 90 millions d'euros. Les enquêtes de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (Igesr), de l'Inspection générale des finances ainsi que de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont conduit à la saisine du procureur de la République, notamment pour plusieurs infractions présumées, telles que des anomalies comptables, de l'abus de biens sociaux, de la fraude à la formation ou encore du blanchiment d'argent. Le Collège de Paris, faisant également face à des soupçons de mise en place d'une filière d'immigration illégale en France, aurait commercialisé des formations à des étudiants internationaux afin d'obtenir un visa étudiant et « s'évaporer » sur le territoire français sans effectuer la formation sollicitée initialement selon le quotidien Le Figaro.

En mars 2026, le Digital College, l'une des écoles post-baccalauréat du groupe, est placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Paris pour cessation de paiement, puis en liquidation judiciaire le 27 avril suivant. Les 3 000 étudiants de l'établissement devant être replacés dans l'une des 32 écoles du Collège de Paris, tandis que les employés dénoncent des impayés.

Le 10 avril 2026, le groupe d'enseignement supérieur à but lucratif Collège de Paris – dont ses 32 écoles et organismes de formation professionnelle – est placé en procédure de cession. Le 4 juin, le groupe très controversé Reworld Media, renommé Unify Group, reprend sept établissements du Collège de Paris, dont Ascencia Business School, l'E2SE Business School, basée à Caen, ou encore Eucléa Business School, basée à Strasbourg.

Le 4 septembre 2026, le Tribunal de commerce de Montpellier arrête la cession de la branche métropolitaine Santé de Keyce Academy à la société NOVETUDES Santé et des autres branches à la société PEM Education.

Voir aussi

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Notes et références

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