L’Iran Freedom Congress (IFC, en français : « Congrès pour la liberté de l’Iran ») est une initiative politico-civique de l’opposition iranienne en exil, lancée à Londres en février 2026 sous le nom initial Dialogue for Iran, puis renommée Iran Freedom Congress. Il se présente comme une plateforme de coordination, de dialogue et de coopération entre acteurs iraniens pluralistes et pro-démocratie, sans se définir comme un gouvernement en exil ni comme un parti politique.
Son premier congrès public se tient à Londres les 28 et 29 mars 2026, réunissant des militants, universitaires, anciens prisonniers politiques, figures de la société civile et représentants de courants politiques divers de l’opposition iranienne. En mai 2026, une assemblée générale en ligne élit un Conseil central et un Conseil de surveillance.
Histoire
Genèse
L’initiative apparaît dans un contexte de crise politique en Iran et de fragmentation ancienne de l’opposition iranienne en exil. Avant sa formalisation publique, le projet est d’abord connu sous le nom Dialogue for Iran. Selon le site officiel de l’IFC, l’initiative est renommée Iran Freedom Congress lors d’une réunion préparatoire tenue à Londres les 23 et 24 février 2026.
Le 24 février 2026, The National rapporte qu’une trentaine de personnalités de l’opposition iranienne se sont réunies à Londres afin de préparer un congrès plus large prévu les 28 et 29 mars. Le média souligne la diversité idéologique du projet, qui rassemble des républicains, monarchistes constitutionnels, militants de gauche, centristes et représentants de minorités nationales iraniennes.
Congrès inaugural de Londres
Le premier congrès public de l’IFC se tient à Londres les 28 et 29 mars 2026. Selon The National, il réunit plus de 250 militants, universitaires et représentants de partis ou d’organisations politiques. Le congrès se donne pour objectif de créer un espace de dialogue sur une transition démocratique en Iran, dans un cadre pluraliste et inclusif.
L’initiative attire l’attention de plusieurs médias internationaux, qui la présentent comme une tentative de structurer un espace d’opposition plus large que les projets centrés sur une seule personnalité politique. The Guardian la décrit comme une coalition nouvelle de l’opposition iranienne en exil, rassemblant monarchistes, républicains, marxistes et centristes, tout en soulignant que ses promoteurs ne la présentent pas comme un gouvernement en attente.
Résolution fondatrice
La résolution fondatrice de l’IFC définit le congrès comme une plateforme de coordination, de dialogue et de coopération visant à contribuer à la libération de l’Iran de toute forme de despotisme et à l’établissement d’un système fondé sur la démocratie pluraliste, les libertés fondamentales et les droits humains.
Le texte insiste sur le pluralisme, la responsabilité, la représentation de différents groupes politiques et sociaux, ainsi que sur la participation de toutes les ethnies, langues, cultures et régions d’Iran. Il affirme aussi l’attachement à l’intégrité territoriale du pays, tout en évoquant la réduction de la concentration du pouvoir et la lutte contre les discriminations.
La résolution précise que l’IFC ne se substitue pas à la volonté du peuple iranien ni aux futures institutions élues. Cette distinction est reprise dans la communication officielle du congrès, qui affirme que l’initiative n’est ni un parti politique, ni un gouvernement en exil, ni un organe de désignation d’un chef de transition.
Organisation
Conseil de coordination fondateur
Le site officiel de l’IFC publie une liste intitulée Congress Coordination Council, présentée comme le noyau fondateur de l’initiative. Cette liste comprend notamment Aram Hassami, Esmaeil Abdi, Omid Shams, Jalil Sharhani, Joma Buresh, Hossein Razagh, Khaled Azizi, Reza Alijani, Saeed Dehghan, Shahriar Ahi, Ata Hoodshtian, Kazem Alamdari, Majid Zamani, Mohsen Sazegara, Mohsen Makhmalbaf, Maryam Saeedi, Mahdieh Golroo, Mehran Barati, Mehrdad Khonsari, Mehrdad Youssefiani, Nazanin Afshin-Jam, Nasser Bolidei, Nahid Bahmani, Neda Soltani, Nayereh Tohidi, Hadi Zamani, Homayoun Mehmanesh, Hooman Harouni et Younes Shameli.
La résolution fondatrice indique que ce conseil rassemble les personnes ayant accepté de coopérer lors des réunions des 23 et 24 février 2026 pour organiser le premier congrès.
Architecture institutionnelle
La résolution fondatrice prévoit une structure interne comprenant une Assemblée, un Présidium, un Conseil central, une direction exécutive et un Conseil de surveillance. L’Assemblée est présentée comme l’organe suprême du congrès. La résolution prévoit aussi des mécanismes de représentation des femmes, des minorités et des participants souhaitant une adhésion non publique pour des raisons de sécurité, notamment depuis l’intérieur de l’Iran.
La résolution mentionne un Conseil central de onze membres. Toutefois, ANF rapporte en mai 2026 l’élection de treize membres du Conseil central, ce qui crée une divergence documentaire entre le texte fondateur et la couverture de l’assemblée générale de mai.
Conseil central élu en mai 2026
Le 17 mai 2026, une assemblée générale en ligne élit un Conseil central et un Conseil de surveillance. Selon ANF, les treize membres élus au Conseil central sont Mahdieh Golroo, Esmaeil Abdi, Maryam Saeedi, Negin Shiraghaei, Saeed Dehghan, Kawa Kirmashani, Samaneh Savadi, Soran Mansourinia, Fariba Borhanzahi, Hossein Razzagh, Rêwar Awdanan, Farzaneh Azimi et Nahid Bahmani.
Certaines figures disposent d’une identification publique plus établie. Esmaeil Abdi est connu comme ancien secrétaire général de l’Iranian Teachers’ Trade Association. Saeed Dehghan est avocat des droits humains. Negin Shiraghaei est une ancienne présentatrice de BBC Persian et fondatrice d’Azad Network. Nahid Bahmani est liée au Komala Party of Iranian Kurdistan.
Plusieurs sources publiées entre mars et mai 2026 présentent Majid Zamani comme directeur exécutif ou cofondateur de l’IFC. Le site officiel de l’IFC affiche cependant Esmaeil Abdi comme Executive Director, ce qui impose une formulation prudente en l’absence d’un communiqué officiel daté clarifiant une éventuelle succession ou réorganisation.
Participants et courants représentés
L’IFC rassemble des personnalités et organisations issues de courants politiques variés : républicains, monarchistes constitutionnels, militants de gauche, centristes, défenseurs des droits humains, syndicalistes, féministes, ainsi que représentants de minorités nationales iraniennes.
Selon ANF, des organisations kurdes, baloutches, arabes ahwazies, azerbaïdjanaises, monarchistes constitutionnelles, républicaines, de gauche, féministes et issues de la société civile participent ou sont représentées dans l’écosystème du congrès.
Parmi les groupes ou courants publiquement associés au congrès figurent notamment des représentants ou membres liés au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), au Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI), au Komala Party of Iranian Kurdistan, à des courants monarchistes constitutionnels, à des républicains iraniens, ainsi qu’à des représentants baloutches, arabes ahwazis et azerbaïdjanais.
La liste complète et juridiquement stabilisée des organisations membres n’est cependant pas publiée de manière canonique sur le site officiel de l’IFC. Les sources disponibles obligent donc à distinguer les membres des organes internes, les organisations invitées ou représentées et les personnalités individuelles participant au congrès.
Relations avec les partis kurdes iraniens
La création de l’IFC intervient dans un contexte de recomposition des forces kurdes iraniennes. Le 22 février 2026, quelques jours avant la réunion préparatoire de l’IFC, cinq partis kurdes iraniens annoncent la formation de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien.
Les deux initiatives poursuivent des logiques différentes. La Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien est une alliance inter-kurde centrée sur les partis du Kurdistan iranien, tandis que l’IFC se présente comme une plateforme pan-iranienne, trans-idéologique et pluraliste. Cette différence d’échelle alimente certains débats, notamment sur la question de savoir si les partis kurdes doivent intervenir comme bloc politique kurde ou comme composantes individuelles d’une opposition iranienne plus large.
Une controverse apparaît notamment autour de la participation du PJAK au congrès londonien. La FAQ officielle de l’IFC reconnaît que certains acteurs, dont le PJAK, n’ont pas été invités initialement, tout en affirmant que l’organisation devait être conviée dans la même séquence politique. En mai 2026, ANF rapporte toutefois que Rêwar Awdanan, présenté comme représentant du PJAK, est élu au Conseil central.
Objectifs et principes
L’IFC affirme vouloir contribuer à une transition démocratique en Iran. Son texte fondateur met en avant la démocratie pluraliste, les droits humains, les libertés fondamentales, le rejet de l’autoritarisme et la participation de tous les groupes politiques, ethniques, linguistiques et régionaux du pays.
Le congrès affirme aussi son attachement au principe d’intégrité territoriale de l’Iran. Cette formulation est accompagnée, dans la résolution, d’une insistance sur la nécessité de réduire la concentration du pouvoir, de combattre les discriminations et de permettre une participation équitable des différentes régions et communautés.
Cette combinaison entre intégrité territoriale et décentralisation du pouvoir constitue l’un des points les plus sensibles de la réception de l’IFC. Pour ses promoteurs, elle permet de concilier unité politique et diversité nationale. Pour certains critiques, notamment parmi les militants de minorités nationales, elle reste insuffisamment explicite sur les questions d’autonomie, de fédéralisme ou de droits collectifs.
Réception et controverses
Représentativité
La première critique adressée à l’IFC concerne sa représentativité. Ses promoteurs affirment qu’aucun groupe unique ne peut prétendre représenter ou gouverner l’Iran après la République islamique, et que le congrès doit servir d’espace de coordination pluraliste. Plusieurs observateurs soulignent cependant que l’initiative est largement portée par la diaspora iranienne, ce qui pose la question de ses liens effectifs avec les mouvements à l’intérieur du pays.
L’IFC répond partiellement à cette critique par ses règles internes, qui prévoient des modalités de participation non publique pour des personnes résidant en Iran ou exposées à des risques de sécurité.
Rivalité avec le camp de Reza Pahlavi
Plusieurs médias analysent l’IFC comme une tentative de créer une alternative pluraliste au modèle d’opposition incarné par Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran. The Guardian souligne que plusieurs promoteurs du congrès souhaitent éviter une opposition centrée sur une seule personnalité et défendre un cadre plus procédural et collectif.
Le Journal of Democracy présente également l’IFC comme une tentative de structurer un espace démocratique pluraliste dans une opposition iranienne marquée par des rivalités anciennes et par la difficulté à produire un cadre commun de transition.
Financement et influences extérieures
L’IFC affirme sur son site officiel qu’aucun gouvernement étranger ni organisation étrangère ne joue de rôle dans la conception ou le financement du projet, et que le congrès est financé par des entrepreneurs iraniens.
Des médias comme Middle East Eye rapportent cependant des allégations selon lesquelles une société de relations publiques liée à des réseaux pro-israéliens aurait participé à la promotion de l’événement. The Guardian reprend cette controverse en précisant que, selon la version présentée par les organisateurs, cette promotion aurait eu lieu sans leur connaissance ou sans leur contrôle direct.
Réactions pro-régime