, née en dans la préfecture d'Aichi au Japon, est une ancienne criminelle japonaise qui a passé 30 ans au sein de la mafia japonaise (yakuza) et qui est peut-être la seule femme à avoir jamais été officiellement acceptée au sein de cette organisation criminelle. En 2012, elle tourne le dos à sa vie criminelle et se met à aider d'anciens délinquants à se réinsérer dans la société civile.
Nishimura publie une autobiographie dans laquelle elle relate ouvertement son passé afin de dissuader d'autres personnes de rejoindre les gangs et de contribuer à l'éradication de la culture yakuza. Son histoire est un rare exemple de femme dans le monde strictement patriarcal du crime organisé japonais. Elle travaille avec « Gojinkai, une ONG qui aide d'autres yakuzas à quitter la vie criminelle ».
Biographie
Enfance et formation Mako Nishimura naît en dans la préfecture d'Aichi au Japon et grandit dans une famille de fonctionnaires avec ses deux jeunes frères.
Son père est strict et n'hésite pas à recourir aux châtiments corporels (flagellation, jeter ses enfants à moitié nus dans le froid, passage à tabac en cas de mauvaises notes). Au collège, à 14 ans, cherchant à échapper à l'emprise de son père autoritaire, Nishimura commence à fréquenter des jeunes issus de familles défavorisées, qui fument et sèchent les cours. Un jour, elle décolore ses cheveux et son père lui rase la tête. Elle prend l'habitude de fuguer et de dormir dans des voitures, sous des avant-toits de temples. Elle se rebaptise alors Mako, qui signifie l'enfant du diable, et se fait tatouer.
À 17 ans, Nishimura, après quelques mois de détention pour possession de drogue, rejoint un gang de motards, les bōsōzoku (qui signifie la tribu de vitesse), où elle apprend à se battre. Elle est arrêtée deux fois, mais comme elle est mineure, ses périodes de détention sont courtes et dans une prison pour mineurs.
À 19 ans, Aya, une amie enceinte, l'appelle alors qu'elle se fait agresser par 5 hommes. Nishimura arrive et la défend armée d'une batte de baseball, puis fuit avant l'arrivée de la police. Elle se terre alors à Gifu, loin de Tokyo. Elle est alors dans un gang appelé le Worst, actif dans le proxénétisme, le trafic de stupéfiant et la criminalité. Elle est approchée en boîte de nuit par un membre de l'Inagawa-kai, un des grands syndicats du crime organisé au Japon, qui veut qu'elle rejoigne le groupe, mais elle refuse.
À cause de ses arrestations, sa famille la renie et Nishimura entame une relation avec un jeune membre du yakuza qui lui enseigne les rudiments du crime organisé : la collecte d’argent pour la protection, le règlement des conflits, le racket et le recrutement de femmes pour la prostitution. Une nuit, son amant tombe dans une embuscade tendue par un gang rival ; pris au dépourvu dans un bar, il a besoin d’aide. Nishimura intervient pour le défendre, agissant avec une telle fureur et une telle brutalité que des rumeurs à son sujet se répandent rapidement et parviennent aux oreilles de l’oyabun, le chef d’un clan yakuza local, qui demande à la rencontrer par l'intermédiaire du criminel charismatique Ryochi Sugino. Impressionné, l'oyabun lui propose, malgré son sexe, une place dans son groupe comme apprentie combattante. Nishimura accepte. Elle a alors 20 ans.
Carrière Yakuza Nishimura est en période probatoire pendant 2 ans où elle cuisine, nettoie, fait la lessive, du travail de réception, etc. Pour gagner le respect dans un monde dominé par les hommes, elle doit se comporter comme n'importe quel autre membre des yakuzas. . Elle se livre à l'extorsion, au trafic de drogue, au proxénétisme, au recouvrement de créances, aux combats et à la médiation dans les conflits entre groupes rivaux. Elle devient célèbre pour sa violence et affirme qu'aucun homme ne l'a jamais vaincue, ce qui impressionne en raison de sa physionomie d'un mètre cinquante et de ses 45 kilos. Finalement, vêtue d'un kimono masculin, elle subit le sakazuki (une cérémonie d'initiation aux yakuzas, qui consiste en un échange rituel de saké avec l'oyabun) et jure de suivre la voie des yakuzas.
Au début de sa carrière criminelle, elle gagne le surnom de « maîtresse des coupures de doigts » après s'être sans hésiter sectionné une phalange de l'auriculaire lors du rituel d'excuses appelé yubitsume, assumant ainsi la responsabilité d'une erreur collective. Selon Nishimura, elle assiste à plusieurs reprises d'autres yakuzas qui n'osaient pas accomplir eux-mêmes ce rituel.
En 1986, elle est arrêtée après une bagarre et condamnée à trois ans de prison, dont cinq avec sursis. En 1987, elle est arrêtée pour possession de stupéfiants et condamnée à deux ans et six mois de prison. L'Agence nationale de police reconnaît officiellement les factions yakuza et leurs membres ; Nishimura est ainsi formellement reconnue par l'État comme une femme yakuza – une première dans l'histoire. Après sa libération, elle reprend ses activités criminelles, bien que celles-ci commencèrent à peser sur elle.
Carrière Anesan et sortie du monde yakuza À la fin des années 1990, le trafic de méthamphétamine est devenu l'activité principale de son clan, et Nishimura elle-même développe une grave dépendance. En 1995 à 29 ans, elle entame une relation avec un membre yakuza d'un groupe rival de quinze ans son aîné et tombe enceinte. Espérant recommencer sa vie à zéro et se consacrer à l'éducation de son fils, elle quitte le clan et tente d'entreprendre des études d'aide-soignante, puis de trouver un emploi stable, en vain. Son petit doigt raccourci et son passé de yakuza – marqué par des tatouages – effraient les employeurs potentiels. Elle parvient à trouver du travail à deux reprises, mais est rapidement licenciée sous divers prétextes. Malgré ses efforts, elle est contrainte de replonger dans le trafic de drogue et le proxénétisme et se tatoue jusqu'au bout des doigts.
Après que le père de son enfant soit devenu un oyabun, il la demande en mariage et ils se marient. Nishimura réintégre le monde des yakuzas, cette fois en tant qu’anesan, l'épouse du chef. Elle devient médiatrice entre le chef et les jeunes membres du gang entre autres. Leur mariage dure jusqu'en 2016 ; ils ont un deuxième enfant, mais des querelles constantes et de plus en plus violentes finissent par pousser Nishimura à divorcer. Son mari obtient la garde des deux fils. Elle rejoint son ancien clan, mais deux ans plus tard, elle le quitte définitivement, complètement désillusionnée par les yakuzas et déterminée à changer de vie. Si les yakuza ont prospéré dans l'après-guerre, ils peinent désormais à joindre les deux bouts avec les lois anti-mafia débutées en 1992 qui réduisent leur champ d'action. En 2011, toute transaction financière avec eux est interdite.
Elle vit désormais seule dans la préfecture de Gifu, cherchant à s'intégrer socialement et à aider les autres. Elle trouve un emploi dans une entreprise de démolition de maisons, un des rares secteurs qui tolère les tatouages. Elle organise des opérations de ramassage de déchets chaque mois. Son autobiographie lui apporte un complément de revenu.
En 2020, elle rencontre Satoru Takegaki qui a quitté difficilement le Yamaguchi-gumi et a créé l'ONG Gojinkai (五仁會), une organisation caritative qui vient en aide aux anciens criminels, aux prisonniers, aux toxicomanes et à toute personne dans le besoin, qu'il lui propose de rejoindre. Elle dirige par la suite l'antenne de l'ONG à Gifu.
Pour en savoir plus
‘The devil’s child’: the rise and fall of the only female yakuza, The Guardian, 21 May 2026.
Liens externes
Références
Catégorie:Naissance en 1966