La famille Ardant est une famille française subsistante d'ancienne bourgeoisie, originaire de Limoges, où elle est attestée depuis la fin du . Elle a notamment formé les rameaux de La Grénerie, de Marzat, du Masjambost et du Picq. Le rameau de La Grénerie fut anobli au par l'exercice d'une charge de secrétaire du roi et s'est éteint.
Elle compte parmi ses membres des orfèvres, des négociants, des imprimeurs et éditeurs, des officiers généraux, des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des économistes et des artistes. Une entreprise familiale d'imprimerie et d'édition a exercé à Limoges puis à Isle pendant plus d'un siècle et demi.
Histoire Origines et statut Les Ardant sont établis à Limoges depuis la fin du . Aux , leurs membres appartiennent principalement aux milieux des artisans, des maîtres orfèvres, des négociants et des bourgeois de la ville. Certains exercent ensuite des offices royaux, des fonctions municipales ou des carrières militaires.
Un chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Limoges et plusieurs bourgeois, marchands ou orfèvres portant le nom Ardant font enregistrer leurs armoiries dans l'Armorial général de France dressé à partir de 1696.
François Ardant, négociant à Limoges et époux de Catherine Barbou, est anobli au par l'exercice d'une charge de secrétaire du roi. Son fils Pierre est à l'origine du rameau de La Grénerie. Ce rameau anobli est éteint au début du , tandis que les autres lignées relèvent de l'ancienne bourgeoisie limougeaude.
Au , Maurice Ardant (1793-1867), archiviste de la Haute-Vienne, archéologue, numismate et conservateur des monuments historiques, participe notamment à l'étude des émaux de Limoges.
Rameaux Rameau de La Grénerie Pierre Ardant, fils de François Ardant et de Catherine Barbou, meurt en 1780. Il est à l'origine du rameau des seigneurs de La Grénerie.
Il acquiert vers 1750 les terres de Meillars, dans l'actuelle commune de Meilhards, et de La Grénerie. Le domaine de La Grénerie, situé à Salon-la-Tour, comprend le château de la Grénerie.
Jean-Jacques Ardant, chevalier, seigneur de La Grénerie et de Meillars, participe en 1789 aux assemblées de la noblesse réunies à Limoges.
Rameaux de Marzat et du Masjambost Les registres paroissiaux établissent que Georges Ardant de Marzat et du Masjambost, bourgeois et marchand à Limoges, et son épouse Claire Guybert, également écrite Guibert, ont notamment pour fils Jean-Baptiste et Léonard Ardant, Limoges, paroisse Saint-Martial-de-Montjovis, registre des baptêmes, mariages et sépultures, cote 3 E 85 / 10, vue 17/138., registre paroissial coté GG 1, vues 107 et 109/265..
Jean-Baptiste Ardant, seigneur du Masjambost, épouse le Marie-Anne de Douhet, fille de Jean-Jacques de Douhet, chevalier, seigneur du Puymolinier, et d'Anne Le Garrei.
Son frère Léonard Ardant, âgé de vingt-cinq ans en 1745, épouse le Catherine-Thérèse Liron, fille de François Liron, directeur des affaires du roi à Limoges, et de Thérèse de La Genière. Il est désigné sous le nom de « Léonard Ardant de Marzat » dans l'acte de mariage de son fils François, célébré le avec Françoise Demarsiat, Limoges, paroisse Saint-Maurice-de-la-Cité, registre des baptêmes, mariages et sépultures, cote 3 E 85 / 14, vue 157/165..
François Ardant de Marzat et Françoise Demarsiat ont pour fils Jean-Baptiste Ardant de Marzat, né à Limoges le , négociant, qui épouse dans cette ville le Claudine Annette Julie Nicot, Limoges, mariages, cote 3 E 85 / 69, acte , vues 24-25/113..
Les formes Ardant de Marzat, Ardant-Marzat et Ardant Marzat apparaissent dans les actes de cette lignée. La graphie « Ardant-Marzac » est également employée dans un programme des exercices de l'École centrale de la Haute-Vienne de 1798, qui mentionne « J. B. Ardant-Marzac » parmi les élèves originaires de Limoges.
En brumaire de l'an VIII, François Ardant-Marzat aîné figure parmi les juges du tribunal de commerce de Limoges. Le , Jean-Baptiste Ardant-Marzat, négociant domicilié faubourg Boucherie, déclare le décès de son cousin François Ardant de Marzat, propriétaire, fils d'un autre Jean-Baptiste Ardant de Marzat et de Jeanne Audouin.
Le nom du Masjambost est notamment porté par Jacques François Ardant de Beaublanc du Masjambost, officier du génie devenu maréchal de camp, et par son fils Paul-Joseph Ardant, général de brigade, ingénieur militaire et député de la Moselle de 1842 à 1848.
Jacques François Ardant s'établit à Metz, où naît Paul-Joseph Ardant. Celui-ci enseigne à l'École d'application de l'artillerie et du génie et publie des travaux consacrés aux fortifications et aux ponts militaires. Il meurt accidentellement à Vincennes au cours de l'expérimentation d'un pont destiné à l'armée.
Rameau du Picq Le nom de ce rameau apparaît sous les formes Ardant du Pic et Ardant du Picq. Nicolas Ardant ajoute à son patronyme le nom de la terre du Picq au .
Ce rameau est notamment représenté par le colonel Charles Ardant du Picq, théoricien militaire, et par le général Charles Pierre Martial Ardant du Picq. Le père de ce dernier était un cousin germain du colonel Charles Ardant du Picq.
Charles Ardant du Picq développe une réflexion sur le comportement des soldats et des unités au combat. Ses écrits sont réunis après sa mort sous le titre Études sur le combat. Blessé pendant la guerre franco-allemande de 1870, il meurt à Metz le .
Charles Pierre Martial Ardant du Picq, né à Limoges le , mène une carrière dans les troupes coloniales et atteint le grade de général de division. Il meurt pour la France à Eaubonne le , pendant la bataille de France.
Imprimeurs et éditeurs Une lignée de la famille développe à Limoges une activité d'imprimerie, d'édition et de reliure aux .
Martial Ardant (1784-1861) exerce la profession d'imprimeur à Limoges. L'entreprise est poursuivie par ses quatre fils, parmi lesquels Louis Ardant et Antoine Eugène Ardant.
Louis Ardant, né à Limoges le , exerce les professions d'imprimeur et d'éditeur. Il siège au tribunal de commerce et au conseil municipal, puis devient maire de Limoges à deux reprises entre 1849 et 1863.
Antoine Eugène Ardant, né à Limoges le , se spécialise dans les ouvrages religieux, scolaires et destinés à la littérature d'enfance et de jeunesse. Il exerce également la présidence du tribunal de commerce de Limoges.
Entre 1810 et 1970, les établissements Ardant, implantés à Limoges puis à Isle, produisent des livres scolaires et religieux, des missels, des paroissiens, des livres d'étrennes et des livres de prix. Leurs publications sont diffusées en France, dans plusieurs pays européens et sur le continent américain.
Vers 1830, une usine est construite sur les bords de la Vienne, au Bas-Cluzeau, à Isle. En 1850, elle comprend douze presses à bras et deux presses mécaniques actionnées par la force hydraulique.
Les fonds conservés documentent plus d'un siècle et demi d'activité éditoriale et industrielle. En 2017, Bernadette Ardant remet à la ville de Limoges un ensemble de livres, missels, paroissiens, clichés, matrices d'impression, dessins originaux et maquettes de couvertures provenant de l'entreprise familiale. Les archives de l'imprimerie sont déposées aux Archives départementales de la Haute-Vienne.
Liens de filiation entre les personnalités L'arbre ci-dessous regroupe les principales filiations documentées de la famille Ardant. Le premier niveau sert uniquement à réunir visuellement les différentes lignées et ne signifie pas que leurs premiers représentants connus sont frères ou descendants immédiats d'un même individu.
Possessions Les principales terres et demeures associées au rameau de La Grénerie sont :
la terre de La Grénerie, acquise vers 1750 par Pierre Ardant ; le domaine et le château de la Grénerie, à Salon-la-Tour ; la terre de Meillars, dans l'actuelle commune de Meilhards, acquise vers 1750.
Armes vignette|100px|Armes attribuées à la famille Ardant. vignette|100px|Variante ancienne des armes de la famille Ardant. Les armes attribuées à la famille Ardant sont blasonnées :
Une variante portée au par Jean Ardant, maître orfèvre à Limoges, est blasonnée :
Le soleil et les trois étoiles apparaissent de manière récurrente dans les armoiries portées par différents membres de la famille depuis le . Ces meubles sont également utilisés comme emblème par les imprimeurs Ardant au .
Alliances Les principales alliances connues de la famille Ardant sont : Barbou au , Liron (1745), de Douhet (1750), Demarsiat (1769), Muret de Bort au , Nicot (1809), Perrot de Thannberg (1822), Archdeacon et Maillard de La Couture au , et Trécul de Renusson (1870).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française
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