Noëlie Drous, de son vrai nom Léonie Sourd, est une militante féministe, syndicaliste, pacifiste et poétesse française née à Aoste le et décédée à une date inconnue.
Biographie Noëlie Drous, qui est l'anagramme de Léonie Sourd, naît le dans une famille bourgeoise aisée dont les hommes ont dilapidé la fortune. Sa mère décède lorsqu’elle a 9 ans et elle est confiée avec son frère et sa sœur à une grand-tante. Elle entre à l’École normale de Chambéry en 1906, et en 1909 elle obtient son premier poste d’institutrice. En 1914, elle se marie avec Ferdinand-Louis Gallet, un architecte, et quitte Chambéry pour Paris où elle continue dans l'enseignement. Toutefois, ses engagements féministes et surtout son pacifisme ont raison de son mariage et le divorce est prononcé en 1920. Cette même année paraît son unique recueil de poésie, Sous la tempête, avec une préface de son amie, la militante féministe Hélène Brion. Très active dans les milieux féministes et syndicalistes durant les années 1910-1930, on perd ensuite sa trace, hormis quelques lettres en 1945.
Engagement féministe L'engagement féministe de Noëlie Drous prend racine dans son histoire familiale et ses hommes « bambocheurs ». Institutrice, elle adhère à la Fédération féministe universitaire dont elle est la déléguée lors du Congrès de Bordeaux en 1913 et participe à la rédaction du bulletin mensuel de la fédération, L'Action féministe, fondé par sa consœur Marie Guérin en 1908. En 1917, elle participe au lancement du journal La Voix des femmes, dont elle sera ensuite la rédactrice en chef de 1923 à 1925. Avec son adhésion au parti communiste en 1920, ses combats féministe et communiste vont s'unir, à l'instar de beaucoup de militantes institutrices. Ainsi elle s'implique dans le journal féministe du Parti, L'Ouvrière, journal des travailleuses. Elle est nommée également dans la Commission centrale pour le travail parmi les femmes avec Marthe Bigot lors de la réunion du comité directeur du 14 février 1922.
Le 30 novembre 1944, Hélène Brion et Noëlie Drous écrivent à Marianne Verger, membre de l'Assemblée consultative provisoire, s'interrogeant sur les réformes féministes à venir et proposant leur aide. Aucune suite concrète ne sera donnée.
Engagement pacifiste Le pacifisme de Noëlie Drous est entier et peut passer avant les combats féministes. Madeleine Vernet, dans son livre La Nouvelle Équipe, lui fait tenir les propos suivants lors d'un débat sur le droit au suffrage des femmes associé à une conscription de celles-ci : Moi aussi j’ai bataillé pour les droits politiques des femmes, mais je tiens à dire ici que si c’est dans le sang des champs de bataille qu’il nous faut aller ramasser le bulletin de vote, je fais des vœux pour que nous ne l’obtenions jamais. Ce pacifisme est revendiqué durant la Première Guerre mondiale à travers des articles parus dans L'Action féministe, entre autres, et ses poèmes d'abord publiés dans des revues pacifistes. En 1918, lors du procès d'Hélène Brion, accusée de propagande défaitiste, elle viendra témoigner en sa faveur.
En 1921, elle rejoint Madeleine Vernet et des journalistes de La Voix des femmes à la Ligue des femmes contre la guerre fondée par Colette Reynaud.
Politique et syndicalisme
Pour Noëlie Drous, faire de la politique en tant que femme est nécessaire pour « voir clair autour de soi », se battre pour ses droits. Comme beaucoup d'institutrices, elle associe adhésion au syndicat unitaire et au Parti communiste. Enthousiaste de la révolution russe, elle s'engage au Parti communiste dès le Congrès de Tours en 1920, quittant ainsi la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) où elle militait précédemment. La rupture avec le P.C. se fera rapidement suite à différents désaccords, dont un sur la politique communiste d'éducation. Noëlie Drous écrit à ce sujet dans La Voix des femmes : Y verser [scil. : dans le cerveau de l’enfant] le communisme ne vaut pas mieux, pour la formation spirituelle, qu’y verser le patriotisme ou le papisme parce que communisme, papisme ou patriotisme ne sauraient être soumis à une critique sérieuse par un enfant.En 1923, et d'autres militantes institutrices feront de même durant la suite de cette décennie, elle quitte le Parti communiste. On la retrouve alors à l'Union socialiste communiste puis en 1930 au Parti d'unité prolétarienne (PUP).
Œuvre Sous la tempête. Préface d'Hélène Brion. Paris, Société d'édition et de librairie de l'Avenir social, 1920
Notes et références
Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Naissance en octobre 1886 Catégorie:Pacifiste française