vignette|Place commémorant l'étudiant Théophile tué lors d'une manifestation violente entre la police et des étudiants. Les violences policières au Bénin se définissent par l'utilisation excessive, abusive ou illégale de l'autorité conférée aux forces de l'ordre du pays. Elles regroupent tous les actes de violences physiques, verbales ou morales, ne respectant pas les limites de la loi, commis par un fonctionnaire de la police républicaine dans l'exercice de ses fonctions.
Définition Les violences policières désignent tout recours à la force physique ou verbale excédant le cadre réglementaire ou légal lors d'interpellations, d'enquêtes ou de maintien de l'ordre. Au Bénin, ces violences sont parfois qualifiées par les instances judiciaires et les organisations de défense des droits humains de « traitements cruels, inhumains et dégradants ». Elles constituent une violation directe des droits fondamentaux et de la dignité humaine garantis par la constitution béninoise.
Historique et contexte Le phénomène des violences étatiques et de la torture au Bénin est documenté depuis les années 2000. Il touche particulièrement les personnes gardées en vue dans les commissariats hors des grands centres urbains comme Cotonou, Porto-Novo, Parakou, etc.. En 2016, les tensions ont franchi un palier à la suite des réformes politiques engagées.
En 2018, le gouvernement fusionne la police nationale et la gendarmerie afin de créer la police républicaine. L'objectif officiel est de moderniser la gestion de la sécurité et d'instaurer une police communautaire axée sur la collaboration avec les populations. Mais, l'application concrète des consignes sur le terrain continue de générer des frictions notables avec la société civile.
Les élections législatives de 2019 et la présidentielle de 2021 marquent l'émergence de mouvements de contestation civile sévèrement réprimés. Le recours à des tirs à balle réelle par les forces de défense et de sécurité lors des manifestations post-électorales provoque la mort de plusieurs civils à Cotonou, Tchaourou et Savè.
Violences policières au Bénin et poursuites judiciaires En mars 2020, l'étudiant Théophile Djaho, étudiant en première année de géographie à l'Université d'Abomey-Calavi, succombe à des tirs à balle lors d'un affrontement entre la police républicaine et des étudiants protestant contre le maintien des cours en pleine pandémie de Covid-19.
Le , un jeune est mort des suites de balles lors d'une patrouille policière à Hêvié.
En avril 2024, la direction de la police républicaine rend public des numéros téléphoniques pour dénoncer des cas de violence des agents de la police. Durant ce mois, trois policiers sont condamnés à six mois d'emprisonnement ferme pour abus d'autorité, coups et blessures volontaires sur un motocycliste.
Dans la même année, l'activiste Thibaut Ogou saisit la Cour constitutionnelle du Bénin sur les bavures policières.
Références
Articles connexes Droits de l'homme au Bénin
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