Fermes en vie (FEVE) est une entreprise française fondée en 2020. Elle gère deux foncières qui acquièrent du foncier agricole, à partir d'épargne solidaire citoyenne et institutionnelle. Elle loue ce foncier avec un bail rural environnemental de longue durée, à des agriculteurs exploitants en agroécologie.

L'activité de la société s'inscrit dans le mouvement de la finance solidaire et dans le débat sur la transmission du foncier agricole à de nouveaux installés. Plusieurs investisseurs institutionnels, dont la Banque des territoires et l'État français dans le cadre du plan France 2030, en sont actionnaires.

Histoire Fermes en Vie est fondée en 2020 par Marc Batty, cofondateur de l'éditeur de logiciels Dataiku, par Vincent Kraus-Nigay et par Simon Bestel. Selon Kaizen Magazine, l'initiative répond à un double constat structurel de l'agriculture française : le départ à la retraite, d'ici 2030, d'environ un tiers des agriculteurs, et la difficulté d'accès au foncier agricole pour les candidats à l'installation non issus du milieu agricole.. La société de gestion est une société par actions simplifiée agréée Entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS). Elle emploie entre dix et dix-neuf salariés et réalise en 2023 un chiffre d'affaires de l'ordre de ..

Selon le reportage de France Info signé Édouard Marguier en 2024, l'entreprise se positionne comme un intermédiaire entre des épargnants souhaitant donner du sens à leur argent et des agriculteurs en quête de foncier..

L'entreprise réalise plusieurs levées de fonds entre 2022 et 2025 auprès d'épargnants particuliers et d'investisseurs institutionnels. En 2023, l'entreprise réalise une levée de 1,7 million d'euros. ; en 2024, elle dispose de 17 millions d'euros pour soutenir des projets collectifs de transition lors du sommet de l'Élevage..

À partir de 2025, plusieurs investisseurs institutionnels devienent actionnaires des foncières, parmi lesquels, la Banque des territoires via le fonds Entrepreneurs du Vivant du plan France 2030, Allianz, Mirova et Ecofi Investissements...

L'entreprise a converti plus de 3 800 hectares en agroécologie au 2 avril 2026.

Statut et organisation Elle est l'associé commandité et le gérant des deux foncières « Les Fèves » (2021) et « Les Fèves 2 » (2025), constituées en société en commandite par actions à capital variable. Ce statut limite la responsabilité des investisseurs commanditaires à leur apport, tandis que celle du commandité est illimitée. Les souscriptions au capital des foncières relèvent du régime de l'offre au public de titres financiers, encadré par l'Autorité des marchés financiers.. Les deux foncières bénéficient de l'agrément ESUS et du label Finansol..

Son modèle économique repose sur la séparation entre le portage du foncier, assuré par les foncières « Les Fèves » et « Les Fèves 2 », et l'exploitation agricole, confiée à l'agriculteur. Les foncières acquièrent les fermes grâce à l'épargne collectée, puis les louent aux porteurs de projet par l'intermédiaire d'un bail rural environnemental de longue durée. Une option d'achat permet aux agriculteurs de devenir progressivement propriétaires de la ferme qu'ils exploitent.

Les exploitants sélectionnés s'engagent à conduire la ferme selon des pratiques d'agroécologie et à entamer une conversion en agriculture biologique..

Alternatives économiques analyse en 2026 ce modèle de location des terres, du matériel et du cheptel aux exploitants comme un levier de transition agroécologique, dans la mesure où il allège la charge en capital qui pèse sur les nouveaux installés..

Le modèle de Fermes en Vie est fréquemment mis en regard de celui de Terre de Liens, les deux foncières ayant des activités proches mais des finalités distinctes. Selon une enquête de Reporterre publiée en 2023, là où Terre de Liens sort durablement les terres du marché pour en faire un bien commun non rachetable, Fermes en Vie propose une option de rachat au bout de sept ans, ce qui peut faire bénéficier les investisseurs de la hausse du prix des terres. La même enquête rapporte que la société a instauré, en réponse à ce risque de spéculation foncière, une règle limitant à la moitié de l'inflation la revalorisation prise en compte à l'achat, et cite son cofondateur Vincent Kraus indiquant que les parts sont revalorisées en dessous du taux du livret A et qu'aucun dividende n'est versé. L'article relaie également la critique d'associations paysannes, pour lesquelles les agriculteurs restent le plus souvent exclus de la gouvernance de ces structures..

Pour L'Express et pour le supplément Le Particulier du Figaro, le dispositif offre aux épargnants particuliers un placement à dimension solidaire combinant impact environnemental et avantages fiscaux liés à l'agrément ESUS... 20 Minutes présente l'investissement dans la foncière comme une manière d'« investir utile » en aidant un agriculteur tout en percevant un rendement..

Activités et déploiement L'activité de Fermes en Vie est documentée en Bretagne, où l'épargne collectée permet de "protéger" 132 hectares de terres agricoles.. Des exploitations sont présente en Mayenne par France Bleu, avec une exploitation de production et de transformation de noisettes., et en Loire-Atlantique..

Challenges consacre en octobre 2025 un portrait à une agricultrice installée grâce à la foncière, présentant le dispositif comme un soutien à des projets que les circuits de financement bancaires classiques ne soutiendraient pas.

Réception et analyses La société est analysée par la presse économique comme un acteur des nouveaux modèles de financement du foncier agricole en France. Le Figaro la cite en 2026 parmi les foncières solidaires accessibles aux particuliers., et Alternatives économiques la rattache au mouvement plus large de la location des moyens de production agricole comme outil de transition.

Reporterre l'inscrit en 2023 parmi de nouveaux acteurs privés, inspirés du modèle de la start-up, intervenant sur l'installation agricole, domaine jusqu'alors dominé par les acteurs publics (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer), chambres d'agriculture) et associatifs.

Le Monde et Les Échos inscrivent l'activité dans le débat sur la souveraineté alimentaire et sur le renouvellement des générations en agriculture... Le Nouvel Obs la mentionne, quant à elle, dans une enquête sur les contribuables fortunés orientant une partie de leur patrimoine vers des initiatives à impact..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Finance solidaire Agroécologie Terre de Liens

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