Le gibbon annamite (Nomascus annamensis), aussi appelé gibbon à joues jaunes du Nord, est une espèce de primates hominoïdes de la famille des Hylobatidae originaire de la péninsule indochinoise. Décrite en 2010 à partir d'un spécimen type conservé à l'université nationale du Vietnam de Hanoï, il s'agit de la dernière espèce en date du genre Nomascus à avoir été découverte.
Description Le gibbon annamite est morphologiquement similaire au gibbon à favoris roux du Sud (Nomascus gabriellae). Il existe, comme chez toutes les espèces du genre Nomascus, un dimorphisme sexuel important entre mâles et femelles. Les mâles et les juvéniles ont un pelage noir à l'exception des favoris de couleur orange, plus foncés que chez N. gabriellae. Mâles et juvéniles se distinguent aussi des autres espèces par une tache brunâtre sur le torse. Les femelles adultes disposent quant à elles d'un pelage clair ainsi que de poils noirs sur la tête et la poitrine dont la position et le nombre varient selon les individus. Elles sont quasiment indistinguables des femelles N. gabriellae.
Écologie et comportement Le gibbon annamite est une espèce arboricole et diurne. Il est principalement frugivore, mais peut également se nourrir d'autres végétaux et de petits vertébrés.
L'espèce est monogame, vivant en groupes familiaux sur un territoire pouvant s'étendre sur 50 hectares.
Habitat et répartition Le gibbon annamite vit essentiellement dans des entre 100 et 1 200 mètres d'altitude.
Son aire de répartition couvre le centre de la chaîne Annamitique, aux frontières du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Elle est limitée à l'Est par le fleuve Mékong, et au Nord par le fleuve .
Taxinomie Le gibbon annamite n'était pendant longtemps pas distingué du gibbon à favoris blancs du Sud (Nomascus siki) dont il était considéré comme étant une sous-population. Cependant, le gibbon annamite a été élevé au rang d'espèce en 2010 à la suite d'analyses de son génome et de ses cris. Le spécimen type, collecté en 1980 dans la province de Kon Tum au Vietnam, est conservé à l'université nationale du Vietnam de Hanoï.
L'analyse génétique de Nomascus annamensis a montré que l'espèce était en réalité plus apparentée à N.gabriellae qu'à N.siki.
Menaces et conservation Le gibbon annamite est classé en danger d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) depuis 2015 en raison, d'abord, de la perte de son habitat causée par l'artificialisation des sols, l'agriculture et la sylviculture intensives. Au Cambodge, l'habitat de Nomascus annamensis est par exemple détruit pour laisser place à des plantations d'hévéa.
L'espèce est également chassée à des fins alimentaires ou pour être utilisée dans la médecine traditionnelle. Des gibbons peuvent aussi être capturés vivants afin de servir d'animaux de compagnie, bien que cela ne semble pas être la principale menace pour l'espèce.
Le gibbon annamite figure à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) et fait également l'objet de mesures de protection nationales au Vietnam, au Laos et au Cambodge par la constitution de réserves naturelles couvrant son aire de répartition.
Notes et références
Catégorie:Primate (nom vernaculaire) Catégorie:Hylobatidae Catégorie:Primate d'Asie du Sud-Est