vignette|Plaque d’acier au nickel Harveyisée de 8 pouces (200 mm) de 1894 Le blindage Harvey était un type de blindage naval en acier développé au début des années 1890, dans lequel les surfaces avant des plaques étaient cémentées. La méthode pour cela était connue sous le nom de procédé Harvey, et a été inventée par l’ingénieur américain Hayward Augustus Harvey.
Ce type de blindage a été utilisé dans la construction de navires capitaux jusqu’à son remplacement par le blindage Krupp à la fin des années 1890.
La Harvey United Steel Company était un cartel de l’acier dont le président était Albert Vickers. L’année 1894 vit les dix principaux producteurs de plaques blindées, dont Vickers, Armstrong, Krupp, Schneider, Carnegie, and Bethlehem Steel, Vickers, Armstrong, Krupp, Schneider, Carnegie et Bethlehem Steel, former le Harvey Syndicate.
Prédécesseurs Avant l’apparition du blindage composé dans les années 1880, le blindage était fabriqué à partir de plaques homogènes uniformes en fer ou en acier, soutenues par plusieurs centimètres de teck pour absorber le choc des projectiles. Le blindage composé est apparu au milieu des années 1880 et était fabriqué à partir de deux types de métal différents : une plaque avant en acier à haute teneur en carbone, très dure mais cassante, soutenue par une plaque de fer forgé plus élastique à faible teneur en carbone. La plaque avant était destinée à briser un obus entrant, tandis que la plaque arrière attrapait les éclats et maintenait le blindage si la plaque avant cassante se brisait.
Le blindage composé était fabriqué en coulant de l’acier en fusion entre une plaque de support en fer forgé chauffée et une plaque avant en acier trempé pour les souder ensemble. Ce processus produisait une transition nette entre les propriétés des deux plaques sur une très petite distance. En conséquence, les deux plaques pouvaient se séparer lorsqu’elles étaient frappées par un obus, et la plaque arrière n’était souvent pas assez élastique pour arrêter les éclats. Avec la découverte des alliages d’acier au nickel en 1889, le blindage composé est devenu obsolète.
Processus de production Le blindage Harvey utilisait une seule plaque d’acier, mais réintroduisit les avantages du blindage composé. La surface avant a été convertie en acier à haute teneur en carbone par « cémentation ». Dans ce processus, la plaque d’acier était recouverte de charbon de bois et chauffée à environ 1200 degrés Celsius pendant deux à trois semaines. Le procédé augmentait la teneur en carbone à la surface d’environ 1 %. La teneur en carbone diminuait progressivement à partir de ce niveau avec la distance dans la plaque, atteignant la proportion initiale (environ 0,1 à 0,2 %) à une profondeur d’environ un pouce. Après la cémentation, la plaque était d’abord refroidie dans un bain d’huile, puis dans un bain-marie, avant d’être recuite pour durcir l’arrière de la plaque. Le bain-marie a ensuite été remplacé par des jets d’eau pour empêcher la formation d’une couche de vapeur qui aurait isolé l’acier de l’effet de refroidissement de l’eau. Le procédé a été encore amélioré par le forgeage à basse température de la plaque avant le traitement thermique final.
Alors que la marine américaine utilisait de l’acier au nickel pour le blindage Harvey (environ 0,2 % de carbone, 0,6 % de manganèse, 3,5 % de nickel), les Britanniques utilisaient des aciers normaux puisque leurs tests avaient montré que l’acier ordinaire soumis au procédé Harvey avait la même résistance à la pénétration que l’acier au nickel, bien qu’il ne fût pas aussi résistant.
Le blindage Harvey a été adopté par toutes les grandes marines, car 13 pouces (330 mm) de blindage Harvey offraient la même protection que 15,5 pouces (390 mm) d’acier au nickel. Il fut à son tour rendue obsolète par le développement du blindage Krupp à la fin des années 1890.
Notes et références
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