Le siège du méchouar de Tlemcen , la citadelle de la ville, est menée par l'émir Abdelkader de 1834 à 1836 contre la garnison retranchée dans ses murs composée de Turcs et de Kouloughlis.

Contexte Abdelkader doit faire face à la défiance de l'ancien système beylical : les tribus makhzen, comme les Douair et les Smalas, et les Kouloughlis se détachent de son autorité. Ces derniers restent barricadés dans le méchouar, la citadelle de Tlemcen. Dès 1831, avant l'avenement de l'émir, les populations maures et kouloughlis étaient déjà en conflit : les Maures empêchent le ravitaillement du Méchouar, et les Kouloughlis coupent la conduite d'eau passant par le Méchouar, qui dessert la ville. Mahiedine, le père de l'émir, moqqadem de la Qadiriyya avait déjà tenté une médiation, sans succès, entre les deux camps.

Déroulement L'émir Abdelkader lors de son installation à Tlemcen s'appuie sur le parti des Maures : il nomme Bou Hamedi, un Berbère de la région de la tribu des Oulhaça, comme khalifa. Les Kouloughlis lui gardent le méchouar fermé. Confiant dans ses forces, l’Émir entreprit le siège du méchouar, mais son artillerie, trop faible pour entamer les fortifications, ne lui permit pas d'obtenir de résultat décisif. Après avoir maintenu un blocus pendant environ un mois et demi, il dut se porter vers l'Est et confia la poursuite des opérations à Bou Hamedi et Ben Nouna. Ceux-ci se limitèrent à surveiller les défenseurs coulouglis à distance, sans engager d'action offensive notable. Durant le siège du Mechouar, les Kouloughlis détruisirent les bâtiments juifs situés près de la citadelle afin de dégager leur champ de tir. Les habitations bordant la ligne de front furent transformées en positions défensives et les échanges de tirs furent fréquents, tandis que les assiégés menaient parfois des sorties dans la ville. En 1835, le changement de politique française et la convention conclue par le général Trézel avec les Douairs et les Smélas redonnèrent espoir aux défenseurs du Mechouar. Malgré sa victoire à la Macta, Abd el-Kader ne parvint pas à obtenir la reddition des Kouloughlis. Contraint de faire face à l'offensive du général Clauzel contre Mascara, il vit son prestige affaibli. La garnison de la ville est commandée par Mustapha Ben Ismaïl.

En représailles, il attira plusieurs centaines de Kouloughlis dans une embuscade, au cours de laquelle 75 d'entre eux furent exécutés. En décembre 1835, les Kouloughlis sollicitèrent l'aide des Français contre Abd el-Kader. Le général Clauzel organisa alors une expédition vers Tlemcen, contraignant l'émir à évacuer la ville tandis qu'une partie des Hadars (citadins, maures) se réfugiait dans les montagnes. Après l'occupation française, une indemnité fut imposée aux habitants pour couvrir les frais de l'expédition, mesure qui toucha principalement les Coulouglis restés sur place et suscita de vives critiques en France. Nommé commandant du Mechouar, Eugène Cavaignac entreprit de restaurer la forteresse, s'appuya sur les Kouloughlis et favorisa le retour des Hadars. Il maintint également à la tête de la ville Mustapha ben Bey Makallech, désigné bey de Tlemcen par Clauzel, et parvint progressivement à rétablir une certaine stabilité.

Références

Catégorie:Histoire de l'Algérie Catégorie:Colonisation de l'Algérie par la France Catégorie:Régence d'Alger Catégorie:Abdelkader ibn Muhieddine