La province de San Juan est une province de l'Argentine située à l'ouest du pays. Elle est limitée au nord par la province de La Rioja, au sud-est par la province de San Luis, au sud par la province de Mendoza et à l'ouest par la cordillère des Andes, qui la sépare du Chili.
Elle fait partie de la région de Cuyo.
Géographie La province fait partie de la région géographique de Cuyo. Elle présente un relief montagneux, composé de trois cordillères : la cordillère Principale ou occidentale (qui fait frontière avec le Chili), la cordillère Frontale ou orientale - un peu moins élevée -, et la pré-cordillère. Entre la cordillère frontale et la précordillère sont intercalées des vallées tectoniques longitudinales (nord-sud), appelées Valles Altos (Llanos de San Guillermo, Valle de Iglesia, Valle de Calingasta et Pampa del Leoncito). La précordillère constitue une barrière que seuls le río Jáchal et le río San Juan parviennent à traverser. Elle est constituée d'une série de cordons discontinus hauts de plus de . Parmi ceux-ci, on peut citer la sierra de la Punilla, la sierra del Volcán, la sierra Negra, la sierra de la Invernada et la sierra del Tontal. La zone de la précordillère est un des endroits du pays les plus instables, avec une grande fréquence de mouvements sismiques.
L'est de la province est une vaste zone de plaines sèches et arides, dénommées "travesías". Cette région est traversée par des sierras isolées qui font partie de ce qu'on appelle le système des Sierras pampéennes.
La province comprend une zone sismique connue pour la sévérité des mouvements des plaques tectoniques. Ainsi en a-t-il été du terrible tremblement de terre de San Juan en 1944.
Histoire Les premiers habitants - Les Amérindiens thumb|300px| Canoë Huarpe Huanacache - Museo de Ciencias Naturales y Antropológicas Cornelio Moyano, à Mendoza .
Avant l'arrivée des Espagnols, le territoire de la province de San Juan était habité par plusieurs peuples indigènes : les Huarpes (au sud), les (au nord-ouest), les (au nord-est, dans les vallées de Vinchina, Guandacol et Jáchal), les au nord-ouest, dans les Andes.
Les Huarpes étaient une ethnie pacifique. Ils habitaient une grande partie de ce que l'on appelle aujourd'hui le valle del Tulum.
Leur zone d'influence s'étendait aux sierras de Zonda, d'Ullum, de Villicum et de Pie de Palo, ainsi qu'aux sommets de Valdivia. On les trouvait aussi dans le bassin du río Bermejo-Vinchina et dans la vaste zone des Lagunas de Guanacache (ou Huanacache), ainsi que sur les deux rives du río Desaguadero.
Leurs activités principales étaient l'agriculture et l'élevage. Ils vivaient sur des terres irriguées par des réseaux de canaux et de petits aqueducs qu'ils construisaient pour garantir l'irrigation et la production du maïs, du quinoa, de pois, de courges et de citrouilles. Le maïs constituait l'élément fondamental de leur régime ; ils le consommaient grillé ou cuit, et parfois le séchaient au soleil pour obtenir de la chuchoca (maïs cuit et sec, que l'on utilise comme condiment). Ils élevaient des lamas et des guanacos tant pour l'alimentation que pour le transport. Ils chassaient le guanaco, le nandou et d'autres petits animaux. Ils conservaient la viande en la séchant au soleil. Ils récoltaient les œufs de nandou et cueillaient les fruits du chañar et de l'algarrobo.
Les Capayans, apparentés aux Diaguitas du Nord-Ouest argentin, vivaient dans la zone occupée aujourd'hui par les départements de Jáchal et d'Iglesia, au nord du territoire des Huarpes. Ils étaient bons agriculteurs, activité qu'ils pratiquaient avec l'appui de l'irrigation artificielle. Ils cultivaient le maïs qu'ils gardaient dans des greniers semi-souterrains. Ils vivaient groupés, dans des maisons faites d'argile munies de toits de bois. Le peuple capayán se distinguait par son habileté dans l'artisanat céramique : ils fabriquaient des vases à large goulot ornés de dessins géométriques.
Les Yacampis habitaient dans le Valle del río Bermejo et dans le département de Valle Fértil. La documentation historique mentionne que leurs communautés étaient très nombreuses et vivaient avant tout de l'élevage du lama. Ils collectaient aussi et pratiquaient l'agriculture. Ils furent ultérieurement gardiens et éleveurs de troupeaux dans les estancias espagnoles. Ils utilisaient la pierre pour confectionner des pointes de flèche, des haches, des couteaux, des grattoirs, des colliers et des pipes.
La colonisation espagnole
En 1551, le capitaine Francisco de Villagra parcourut la région qui forme aujourd'hui les provinces de San Juan et de Mendoza. Bientôt plusieurs groupes d'Espagnols sillonnèrent la région, envoyés par les autorités de la capitainerie Générale du Chili, laquelle était une division territoriale de la vice-royauté du Pérou. Ces expéditions prirent contact avec les Indiens Huarpes, qui reçurent pacifiquement les Espagnols. Un des motifs pour lesquels les colonisateurs prirent possession de la région fut la présence d'un grand nombre d'Amérindiens qui pouvaient être emmenés au Chili pour y travailler, dans les champs ou dans les mines.
En 1562, , fonda San Juan de la Frontera, dans la vallée de Tucuna, sur ordre de Francisco de Villagra, capitaine général du Chili. La ville reçut ce nom en l'honneur du saint patron Jean le Baptiste. Le territoire sous sa juridiction s'étendait jusqu'aux frontières avec le Tucumán. Jufré avait réparti les terrains de la région entre ses hommes et mobilisa environ en encomiendas. Fin 1593 une crue violente du río San Juan détruisit la précaire cité. Luis Jufré y Meneses, cinquième fils du fondateur, la transféra 25 cuadras plus au sud. La ville nouvelle commença dès lors à croître, mais eut encore à supporter maintes fois de nouvelles inondations, des épidémies et des séismes souvent violents.
Le , Juan de Echegaray, fonda la ville de San José de Jáchal, actuel chef-lieu du département de Jáchal et centre d'une importante région agricole.
San Juan faisait partie du Corregimiento de Cuyo Un Corregimiento était une ville ou un territoire dirigé par un Corregidor - un Corregidor (littéralement Correcteur) était une sorte de magistrat qui dans son territoire exerçait la juridiction royale et s'occupait des causes contentieuses et gouvernementales, ainsi que du châtiment des délits., dont la capitale se situait à Mendoza et qui faisait partie de la capitainerie générale du Chili, dépendante de la vice-royauté du Pérou.
Lors de la création de la vice-royauté du Río de la Plata en 1777, le Corregimiento de Cuyo y fut englobé et fut donc séparé de la juridiction chilienne.
L'ordonnance royale du divisa la vice-royauté du Río de la Plata en huit « gouvernements-intendance », en plus des gouvernements militaires et politiques de Montevideo (Uruguay) et des anciennes missions jésuitiques (centrées sur le territoire actuel du Paraguay). L'ordonnance créait ainsi l'intendance de Cuyo. Mais la durée de cette dernière fut très brève. En effet cette structure fut modifiée la même année par l'ordre royal du puis par la cédule du , qui supprimaient les intendances de Cuyo et de Santa Cruz de la Sierra, et divisaient l'intendance du Salta del Tucumán en deux : Salta au nord, et Tucumán au sud. Le Cuyo se vit ainsi intégré au sein de la nouvelle intendance de Córdoba del Tucumán.
Révolution et Indépendance
Le , une assemblée reconnut la Première Junte de Buenos Aires qui avait déclaré l'indépendance face au royaume d'Espagne, et envoya José Ignacio Fernández Maradona comme député à la Junta Grande.
Le , l'ancien gouvernement-intendance de Cuyo est recréé, se séparant ainsi de celle de Córdoba del Tucumán. L'entité nouvelle comprenait les provinces actuelles de San Luis, Mendoza et San Juan. Le premier gouverneur-intendant du Cuyo est le colonel Florencio Terrada ; le second le colonel Marcos Balcarce et le suivant José de San Martín.
En 1815, le clerc fray Justo Santa María de Oro et Francisco Narciso Laprida sont élus comme députés de San Juan au Congrès de Tucumán.
Autonomie provinciale
En , la bataille de Cepeda, se soldant par la victoire des caudillos fédéralistes, avait causé la chute du Directoire, organe du pouvoir exécutif argentin, et le gouvernement national fut dissous le . Dès lors, une assemblée ouverte réunie à San Juan le puis le décida l'autonomie de San Juan comme nouvelle province de la fédération. Ceci allait entraîner la dissolution de la province de Cuyo. Mariano Mendizábal fut le premier gouverneur de la nouvelle province.
À l'annonce de ce qui s'était passé à San Juan, un contingent militaire formé de deux compagnies de chasseurs et de deux pièces d'artillerie, fut envoyé depuis Mendoza. Il se mit en route le , mais s'arrêta à Pocito le , dans l'espoir d'une révolte de la population sanjuanine contre le nouveau pouvoir. Mais comme rien de tel ne se produisit, il retourna à Mendoza.
Le Mendizábal fut renversé, et le nouveau gouverneur, José Ignacio Fernández de Maradona, signa dès le 23 un accord avec les représentants du gouverneur de Mendoza, Pedro José Campos, qui reconnut l'autonomie de San Juan.
La province de San Juan n'adopta sa constitution que le .
En 1861 un certain Juan Saá envahit la province, mit les faibles forces de celle-ci en déroute et captura le gouverneur légitime, Antonino Aberastain. Ce dernier fut exécuté.
En 1862, Domingo Faustino Sarmiento, devint gouverneur et réussit en deux ans à changer la physionomie de la province, ouvrant de nouvelles routes, créant de nouvelles écoles. Il développa l'agriculture, créa des projets miniers, impulsa le peuplement grâce à l'arrivée de nouveaux immigrants.
En 1870 on réalisa la première division politique de la province en 18 départements.
En 1887, la province de San Juan avait une population de , hectares de terre cultivées par irrigation artificielle, grâce à un réseau de canaux, dont seulement étaient des vignobles Fundación Bataller : Décennie de 1880 .
Agglomérations principales 800px|thumb|center| Maison natale de Domingo Faustino Sarmiento, site le plus visité de la ville de San Juan. Nombre d'habitants d'après le recensement de 2010 - Entre parenthèses, le(s) département(s) concerné(s) :
Grand San Juan : en 2010 (départements Capital, Rawson, Rivadavia, Chimbas, Santa Lucía et Pocito). La ville est la dixième plus grande agglomération du pays. C'est une ville d'architecture moderne, avec de larges rues et avenues fort bien tracées et dotées d'une très belle végétation d'arbres de diverses espèces, irrigués par un réseau de canaux et de conduites. De ce fait on la connait sous le surnom de « ville oasis ». Les anciennes constructions et bâtiments historiques furent détruits lors du séisme de 1944 qui fit plus de . Caucete : (en 2010) (département de Caucete). Située à l'est de San Juan et de sa vaste oasis, la ville consacre l'essentiel de ses activités à la vitiviniculture. La majeure partie des terres environnantes s'est en effet transformée en un vaste vignoble. Villa General San Martín - : (Albardón). Située au nord de San Juan, en bordure du río San Juan et au pied des monts cerros Villicum, Lomas del Rincón et Las Tapias, la ville est au centre d'une riche zone irriguée où l'on cultive vigne, fruits et légumes. Villa Aberastain - La Rinconada : (Pocito) San José de Jáchal : (Jáchal), au sein d'une belle oasis entourée de hauts sommets, la ville a gardé un cachet colonial marqué. Media Agua : (Sarmiento) Villa Borjas - La Chimbera : (Veinticinco de Mayo) Villa El Salvador - Sefair Talacasto : (Angaco) Villa San Agustín : (Valle Fértil) Villa Ibáñez : (Ullum) Villa Santa Rosa : (Veinticinco de Mayo) : (Sarmiento) Barreal - Pituil : (Calingasta) Nueve de Julio : (Nueve de Julio) Villa Basilio Nievas : (Zonda) Rodeo : (Iglesia) : (San Martín) Calingasta : (Calingasta) San Martín : (San Martín) : (Nueve de Julio)
Voies d'accès Voie routière thumb|270px|route nationale 38 .