André Welschinger, né le à Belfort et mort le à Strasbourg, est un restaurateur français, membre de la Résistance en Alsace annexée de fait, où il participe à l'évasion de prisonniers de guerre au sein de l'Équipe Pur Sang.
Biographie Issu d'une famille alsacienne réfugiée à Belfort en 1870, où son père gérait l'Hôtel Américain, André Welschinger exploite le restaurant « À l'Ancienne Gare » à Strasbourg. Sa sœur, Lucienne Welschinger, coordonne un réseau d'évasion créé par un groupe de cheftaines des Guides de France et s'appuyant sur la paroisse Saint-Jean de Strasbourg. Mobilisé en comme maréchal des logis, il sert au régiment d'artillerie de Colmar, rattaché à la armée déployée en Alsace. Engagée dans la région de la Sarre, son unité doit ensuite se replier. Capturé par les Allemands le à Villers-les-Hauts, il est libéré le comme Alsacien « de souche allemande ».
Aide à l'évasion des prisonniers de guerre Dès la fin de l'année 1940, André Welschinger se consacre à faire évader des prisonniers de guerre. Avec la complicité discrète de son employée Julie Hans, son établissement sert ponctuellement de point de rencontre aux patriotes strasbourgeois et à certains fugitifs acheminés par le réseau clandestin de sa sœur, l'Équipe Pur Sang. Les évadés y sont logés, nourris et vêtus avant de passer la frontière fixée par le traité de Francfort en 1871 rétablie de fait par les Allemands. Chaque samedi après-midi, l'établissement accueille des réunions ; André Welschinger, Edmond Monpeurt et Charles Philippi y assurent à tour de rôle une permanence.
Animé pour l'essentiel par les guides recrutées par Lucienne Welschinger, le réseau s'étend à d'autres milieux : l'instituteur Antoine Krommenacker, de Landange, organise des passages ; l'employé municipal Paul Widmann confectionne de faux papiers ; l'ancien policier Albert Ott convoie les fugitifs ; Marie Gross et Anne-Marie Muller, à Wissembourg, hébergent de nombreux évadés ; l'aubergiste Émile Stark, à Mulhouse, les ravitaille ; quant à Charles Philippi, il est employé à l'Électricité de Strasbourg.
Arrêté une première fois en , André Welschinger est rapidement relâché faute de preuves. Pour écarter les soupçons, il se fait nommer au service de la ; habilité à délivrer des cartes de cette organisation, il les détourne pour dissimuler des évadés. Le , il est arrêté une deuxième fois et son restaurant, soupçonné d'abriter des francophiles, reste fermé une centaine de jours, jusqu'en .
Entre 1940 et , près de évadés transitent par la filière des Pur Sang. Plusieurs familles strasbourgeoises — celles d'Albert Weisheimer, d'Ernest Burglin et de Léon Kieffer — ainsi que celle de Charles Jordan, à Eckbolsheim, assurent leur ravitaillement et leur hébergement.
Arrestation et déportation Lors du démantèlement du réseau des Pur Sang, André Welschinger est arrêté le à son domicile strasbourgeois. Interrogé par la Gestapo de Strasbourg, il est d'abord interné dans la ville, transféré le à Kehl, puis, le , au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , le premier sénat du le juge à Strasbourg : reconnu coupable d'avoir abrité et ravitaillé des fugitifs, il est condamné à de travaux forcés. Déporté à Ludwigsburg le , il y est détenu jusqu'à l'arrivée de l'armée française, qui le libère en ; il est ensuite rapatrié.
Distinctions Il est reconnu « Déporté résistant ».
par décret du ;
par décret du .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie DVD pédagogique. . .
Articles connexes
Équipe Pur Sang Lucienne Welschinger Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945
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