La famille de Coustin est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du Limousin. Sa filiation documentée remonte à Guillaume Coustin, seigneur du Chassaing, vivant en 1364.
Elle a formé trois principales branches, établies en Limousin, en Quercy et en Périgord : celles du Chassaing et du Puymartin, de Bourzolles et de Caumont, et du Masnadaud. Cette dernière est la seule subsistante.
Histoire
Origines
Un Robert de Coustin, auquel est attribuée une participation à la septième croisade en 1248, est représenté dans les salles des Croisades du château de Versailles. Il y figure parmi les chevaliers ayant accompagné le roi Louis IX en Terre sainte. Aucun lien généalogique continu n'est toutefois établi entre ce croisé et la lignée documentée à partir du .
En 1364, Guillaume Coustin reconnut devoir à l'abbaye d'Uzerche une rente assise sur sa seigneurie du Chassaing, située à Saint-Vitte-sur-Briance. Son fils et héritier, Jean Coustin, qualifié de noble et de damoiseau, est mentionné dans une sentence de 1419. Il rendit hommage au seigneur de Donzenac en 1437 et testa en 1461.
Les généalogies anciennes divergent sur la répartition exacte des générations immédiatement postérieures à Jean Coustin. Elles rattachent néanmoins à cette souche les trois principales branches du Chassaing, de Bourzolles et du Masnadaud.
Branche du Chassaing et du Puymartin
Gilles Coustin, damoiseau, est donné comme l'auteur de la branche aînée. Sa descendance posséda notamment les seigneuries du Chassaing et du Puymartin. Le Chassaing demeura dans la famille jusqu'en 1624.
Cette branche s'éteignit au avec Pierre-Charles-Louis de Coustin, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, mort en 1841, et sa fille, mariée au marquis de Roffignac.
Branche de Bourzolles et de Caumont
Pierre Coustin, seigneur de La Floyère et d'Avignac, épousa en 1458 Martheline, également appelée Mathilde, du Bosc, héritière de Bourzolles, près de Souillac. Il rendit hommage pour cette seigneurie au vicomte de Turenne en 1463 puis en 1486. Le château actuel fut vraisemblablement construit à la fin du , à proximité de l'ancien castrum dont la tour était alors ruinée.
Son arrière-petit-fils François de Coustin, seigneur de Bourzolles et connu sous le titre de vicomte de Carlux, fut conseiller d'État et gentilhomme de la Chambre du roi. Son mariage, célébré en 1574 avec Françoise de Caumont, héritière de la baronnie de Berbiguières, entraîna l'adoption du nom de Caumont par plusieurs de leurs descendants et l'écartèlement de leurs armes avec celles de cette maison.
Jean de Coustin de Bourzolles, comte de Carlux et baron de Berbiguières, fut maintenu dans sa noblesse le 7 mai 1667 par un jugement rendu en Périgord par le subdélégué de l'intendant de Bordeaux. La terre de Berbiguières, saisie par ses créanciers en 1705, fut ensuite acquise par la duchesse de Noailles.
La descendance d'Armand de Coustin de Caumont de Bourzolles forma deux rameaux. Le premier s'éteignit avec Pierre de Coustin, vicomte de Bourzolles, mort sans postérité en 1837. Le second s'éteignit avec Casimir de Coustin, comte de Bourzolles, mort sans enfant le 3 mai 1851.
Branche du Masnadaud
Gonin Coustin est donné comme l'auteur de la branche du Masnadaud. Son fils Foucaud Coustin épousa le 10 janvier 1490 Isabeau de Fougeyrac, héritière de la seigneurie du Masnadaud, située à Pageas. Leur fils Louis Coustin, seigneur du Masnadaud, de Maschalard et de Fougeras, épousa Louise de Lambertye en 1533. Le Masnadaud resta entre les mains de la famille jusqu'en 1921.
Antoine-Charles de Coustin du Masnadaud, marié en 1655 à Charlotte de Reilhac, fut maintenu dans sa noblesse le 10 novembre 1666 par jugement de l'intendant de Limoges.
En 1687, François de Coustin du Masnadaud épousa Marie-Anne de Bermondet, héritière de la seigneurie d'Oradour. Cette alliance fit également entrer dans le chartrier familial une partie des archives de la famille de Bermondet.
Le mariage de François-Annet de Coustin du Masnadaud avec Marie-Anne Philip de Saint-Viance, en 1772, apporta à la famille le fief et le château de Sazeirat, situés à Arrènes. François-Annet avait été admis parmi les pages de la Petite Écurie en 1763. Il devint ensuite gouverneur des pages et gentilhomme de la Chambre de Monsieur. Il comparut à l'assemblée de la noblesse de Limoges en 1789, émigra en 1790 et commanda les gentilshommes limousins servant dans l'armée de Condé.
Son fils Charles-Claude de Coustin du Masnadaud, né en 1779, fut maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse sous la Restauration. Trois représentants de cette branche furent par ailleurs reçus dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem aux .
La branche du Masnadaud subsiste au . Jean de Coustin du Masnadaud, mort en 2009, conservait le chartrier familial étudié par l'historien Christian Remy. La famille a été admise en 1982 à l'Association d'entraide de la noblesse française.
Liens de filiation entre les personnalités
La filiation simplifiée ci-dessous présente les principales branches retenues par les travaux généalogiques publiés. Les sources anciennes divergent sur le nombre et la place de certaines générations du .
Personnalités
François de Coustin de Bourzolles, vicomte de Carlux et baron de Berbiguières, conseiller d'État et gentilhomme de la Chambre du roi, actif à la fin du et au début du ; François-Annet de Coustin du Masnadaud (1747-1798), page de la Petite Écurie, gouverneur des pages, gentilhomme de la Chambre de Monsieur et officier de l'armée de Condé ; Charles-Claude de Coustin du Masnadaud (né en 1779), maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse sous la Restauration ; François de Coustin (né en 1956), journaliste, essayiste et biographe, lauréat du Grand Prix de la Fondation Napoléon en 2025.
Possessions
Les principales possessions des différentes branches comprennent :
le Chassaing, à Saint-Vitte-sur-Briance, documenté dans la famille à partir de 1364 et conservé jusqu'en 1624 ; le Puymartin, possession de la branche aînée ; le Masnadaud, à Pageas, entré dans la famille par mariage en 1490 et conservé jusqu'en 1921 ; le château et la seigneurie de Bourzolles, près de Souillac, entrés dans la famille au ; le château et la baronnie de Berbiguières, apportés en 1574 par Françoise de Caumont et saisis par les créanciers de la famille en 1705 ; la seigneurie d'Oradour, apportée par Marie-Anne de Bermondet en 1687 ; le château et le fief de Sazeirat, à Arrènes, entrés dans la famille par mariage en 1772.
Alliances
Les principales alliances de la famille de Coustin sont : du Chastaing, Mérillarde, du Bosc (1458), de Fougeyrac (1490), de Jaucourt (1517), de Lambertye (1533 et 1624), de Pierre-Buffière (1554), de Caumont de Berbiguières (1574), de Jussac (1591), de Ferrières de Sauvebœuf (1621), de Reilhac (1655), de Royère (1663), de Coste de La Calprenède (1669), de Lentilhac (1681), de Bermondet (1687), de Beauroyre (1706), de Chevigné, de Beynac, de Lestrade, d'Arlot, Philip de Saint-Viance (1772), de Sanzillon (1838), de Félix du Muy (1862) et de Larminat (1909).
Armes et devises
Les armes principales de la famille sont : « D'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné de gueules ».
La branche de Bourzolles et de Caumont écartelait ces armes avec celles de la maison de Caumont : « D'azur à trois léopards d'or, armés, lampassés et couronnés de gueules, posés l'un sur l'autre ».
La devise générale est Dulciter et fortiter (« Avec douceur et courage »). La branche de Bourzolles employait également Quamdiu spirabo, sperabo (« Tant que je respirerai, j'espérerai »).
Les armes attribuées à Robert de Coustin sont représentées dans les salles des Croisades du château de Versailles. Celles de la famille figurent également sur un vitrail du de l'église de Pageas.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes
Liste des familles subsistantes de la noblesse française (A à K) Armorial des familles du Limousin
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