La géologie de la Gambie est dominée par une épaisse couverture de sédiments relativement récents, déposés au cours des 66 derniers millions d'années. Le pays, d'une superficie de , est situé dans la partie méridionale du bassin sénégalo-mauritanien, un vaste bassin sédimentaire de marge passive dont l'ouverture est liée à la dislocation du Gondwana à la fin du Paléozoïque et au début du Mésozoïque. Le sous-sol gambien est intégralement constitué de roches sédimentaires cénozoïques, les roches du socle précambrien n'affleurant nulle part à la surface. Le territoire est traversé d'est en ouest par le fleuve Gambie, qui a profondément modelé le relief et conditionne l'essentiel des ressources en eau du pays. Les ressources minérales sont limitées et se concentrent sur les sables siliceux, les minéraux lourds (ilménite, zircon) et les argiles.

Stratigraphie

La stratigraphie de la Gambie est entièrement composée de séries sédimentaires cénozoïques, dont l'épaisseur totale atteint plusieurs centaines de mètres dans la partie occidentale du pays.

Les formations les plus anciennes reconnues en surface, dans la partie occidentale du pays le long du fleuve Gambie, sont des grès et des argiles kaoliniques d'âge Oligocène, Miocène ou Pliocène. Ces dépôts, d'origine fluviatile et marine, reposent sur des sédiments plus profonds d'âge Crétacé qui n'affleurent pas. Ces formations crétacées et tertiaires font partie du bassin sédimentaire Mauritanie-Sénégal, qui s'est formé à la suite de la dislocation du Gondwana. Les sédiments tertiaires sont principalement composés de schistes et de calcaires marneux, subdivisés en quatre unités principales.

Les dépôts du Pléistocène sont représentés dans l'est du pays par des graviers, des argiles et des sables, associés à des concentrations d'oxydes de fer (ironstone). Ces formations témoignent d'un environnement fluviatile et de glacis d'épandage. Sous les dépôts quaternaires, on trouve des argiles sableuses pléistocènes et des sables fins à moyens pliocènes, qui contiennent des quantités variables de limon, d'argile et de latérite.

Les formations les plus récentes, datant de l'Holocène, sont constituées de sables côtiers, de vases, de limons et de dépôts salifères, qui occupent une grande partie du territoire, en particulier dans la vallée du fleuve Gambie et le long de la côte atlantique. Les sables dunaires, d'origine éolienne, recouvrent de vastes étendues dans le nord et le centre du pays. Les argiles et les limons des cuvettes de décantation, potentiellement cultivables, sont également fréquents dans la plaine alluviale. Les dépôts holocènes ont généralement une épaisseur maximale de , tandis que les dépôts pléistocènes et pliocènes sous-jacents ont des épaisseurs respectives d'environ .

Structure et tectonique

La Gambie est située dans la partie méridionale du bassin sénégalo-mauritanien, un bassin de marge passive qui s'est formé à la suite de l'ouverture de l'océan Atlantique. Ce bassin repose sur un socle précambrien, probablement d'âge birrimien, qui n'affleure pas en Gambie mais qui est connu dans les pays voisins.

La structure du bassin est dominée par une subsidence régulière, avec des séries sédimentaires dont l'épaisseur augmente vers l'ouest, en direction de la côte atlantique. Des failles régionales, orientées nord-sud, structurent le sous-sol et influencent la circulation des eaux souterraines. La tectonique salifère (halocinèse), liée à la présence de dépôts salifères jurassiques, a localement déformé les séries sus-jacentes, créant des structures en « dômes de sel ». Ces structures sont particulièrement visibles dans le bassin offshore, où elles constituent des pièges potentiels pour les hydrocarbures. La sismicité est faible, la Gambie étant située à l'écart des zones de subduction actives.

Hydrogéologie

La Gambie dispose de deux aquifères principaux, qui constituent l'essentiel des ressources en eau douce du pays.

L'aquifère des sables quaternaires (Shallow Sand Aquifer – SSA) est un aquifère superficiel, contenu dans les sables non consolidés d'âge Holocène et Pléistocène. Il s'étend sur la quasi-totalité du territoire, avec une épaisseur variant de . Cet aquifère est alimenté par les précipitations et constitue la principale ressource en eau pour l'approvisionnement en eau potable et l'irrigation. Il est cependant vulnérable à la pollution et à la salinisation, en particulier dans les zones côtières.

Le deuxième aquifère (Deep Sandstone Aquifer – DSA) est un aquifère profond, contenu dans des sables et des grès peu consolidés d'âge Crétacé. Il se trouve à des profondeurs comprises entre . Ses eaux sont souvent fossiles, avec des âges pouvant atteindre . Cet aquifère est peu exploité en raison de sa profondeur et de la salinité parfois élevée de ses eaux.

La nappe phréatique est généralement peu profonde, ce qui facilite son accès mais la rend également sensible aux variations climatiques et aux prélèvements excessifs. La salinité des eaux de surface, en particulier à l'embouchure du fleuve, rend la Gambie très dépendante des eaux souterraines pour son approvisionnement en eau potable.

Ressources naturelles

Les ressources minérales de la Gambie sont limitées aux formations sédimentaires superficielles. Les principaux matériaux extraits sont :

Les sables siliceux (quartz), qui constituent la ressource minérale la plus importante du pays. Ils sont utilisés dans le bâtiment, la verrerie et l'industrie. Les gisements de sables de verrerie (glass-grade sand) sont particulièrement abondants mais restent largement inexploités. Les minéraux lourds (ilménite, zircon, rutile), présents dans les sables côtiers. L'ilménite (sables titanifères, FeTiO₃) a été exploitée sur la côte atlantique. L'exploitation des minéraux lourds côtiers a débuté en 2003. Les gisements se trouvent principalement à Batokunku, Sanyang et Kartong. Les argiles et les latérites, utilisées pour la fabrication de briques et de tuiles. La latérite est largement distribuée à travers la Gambie, en particulier dans les zones de plateaux et les berges des rivières. Les fines de latérite, sous-produit de l'exploitation de carrières, présentent un potentiel pour la production de sable manufacturé. Les coquilles de mollusques (cockle shells), utilisées comme amendement calcaire.

Le potentiel en hydrocarbures du bassin gambien a fait l'objet de plusieurs campagnes d'exploration, avec des levés sismiques réalisés dans les années 1980 et 1990. Des découvertes ont été réalisées dans les pays voisins (Sénégal, Mauritanie), ce qui a relancé l'intérêt pour le sous-sol gambien. La Gambie fait partie de la province pétrolière du MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry).

Cartographie géologique

La cartographie géologique de la Gambie a été réalisée à plusieurs échelles. La première carte géologique complète du pays, à l'échelle 1:500 000, a été publiée en 1925 par le Geological Survey britannique. Une carte géologique à l'échelle 1:250 000, accompagnée d'une monographie sur la géologie et les ressources minérales, a été éditée en 1988 par la Geological Unit du ministère de l'Économie et du Développement industriel de Gambie. Cette carte, dérivée de données à 1:50 000, est la référence actuelle. La compréhension actuelle de la géologie de la Gambie repose sur une cartographie à l'échelle 1:250 000 réalisée entre 1992 et 1995, basée sur une combinaison d'analyses d'images satellitaires et de travaux de terrain. Des cartes thématiques, notamment pour l'hydrogéologie, sont également disponibles.

Références

Voir aussi

Articles connexes Gambie Géographie de la Gambie Géologie de l'Afrique Hydrogéologie

Liens externes Hydrogéologie de la Gambie (BGS) USGS Bulletin 2207-A – Évaluation des hydrocarbures de la province du Sénégal

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