Sté Real est le premier EP de la rappeuse française Sté Strausz, publié en 1994 sur le label Wotre Music.

Réalisé avec l'aide du groupe Les Little et produit par Sulee B Wax, ce disque propose une déclinaison féminine du gangsta rap inspirée du son de la côte ouest américaine, dans un registre alors inédit pour une rappeuse française.

Contexte Sté Real est le premier enregistrement de la rappeuse française Sté Strausz, publié en 1994 sur le label Wotre Music. L'artiste n'a alors que 16 ans. C'est le tout premier disque à être publié par un des membres de Mafia Underground. Le disque est réalisé avec l'aide des Little, groupe pionnier de la scène rap du Val-de-Marne dont Sté Strausz est proche.

Contenu Sulee B Wax compose les instrumentaux et reprend les attributs du g-funk, à savoir des sirènes, des guitares funky, des basses rondes, des compositions cinématiques et des synthétiseurs mélodiques.

Le propos demeure cependant ancré dans le rap français, plus mesuré que celui des artistes californiens malgré un ton agressif et un vocabulaire par moments cru. La plupart des morceaux relèvent de l'ego trip et défendent le , thème annoncé par le titre même du projet. Sté Strausz propose une déclinaison féminine du gangsta rap dans un paysage où ce courant est alors surtout porté, en France, par des formations comme Ministère A.M.E.R. Bettina Ghio présente Sté Strausz comme la première à importer le registre gangsta rap féminin en France. Pour Ghio, le disque emprunte en grande partie à l'esthétique de The Lady of Rage, notamment par un flow qui alterne les rythmes et multiplie les temps d'arrêt.

Dans Yo boom !, Sté Strausz annonce vouloir bousculer une scène qu'elle juge alors aseptisée par la variété, et défend la valeur de son propre style face à des rappeurs jugés plus consensuels comme Benny B ou MC Solaar, dont le travail n'était pas toujours pris au sérieux par leurs pairs. Sur Trop dur pour un seul homme, elle revendique son identité féminine et refuse d'être assimilée à une . Née gangsta, titre à caractère autobiographique, la voit revendiquer une légitimité de rue en tant que femme originaire de banlieue ; le morceau obtient un accueil favorable auprès des radios. Il se conclut par un message qui invite à préférer la musique à la délinquance malgré ce conditionnement.

La pochette la montre en avant du reste de la Mafia Underground, habillée comme ses partenaires et affichant une allure comparable à la leur.

Postérité Selon Sylvain Bertot, ce disque demeure le grand moment de la carrière de Sté Strausz, empreint d'une effronterie et d'une énergie juvéniles. À sa suite de ce disque, Sté Strausz figure sur la bande originale de La Haine ainsi que sur les compilations Génération Rap et Hostile Hip Hop.

Liste des titres

Références

Bibliographie

Catégorie:Album de hip-hop français Catégorie:EP sorti en 1994