Les relations entre la Bretagne et l'Écosse s'inscrivent dans le cadre des relations entre la France et le Royaume-Uni, et sont actives principalement dans les domaines culturels et économiques sous la forme de coopération décentralisée et de paradiplomatie.

Historique Ancien régime

Mariage d'Isabelle d'Écosse et du duc François Ier en 1442.

À l'issue des rébellions jacobites de 1715 et de 1745 qui se soldent par des échecs, des soldats trouvent refuge en Bretagne et s'y installent.

Les écossais sont très peu présents en Bretagne lors de la guerre de Sept Ans. Lors du recensement opéré en 1762 par les autorités françaises, ils sont moins d'une demi-douzaine dans l'ensemble de la province..

Apports économiques en Bretagne au XIXe L'industrialisation qui se développe en Bretagne au XIXe siècle entraine des besoins en compétences et en matériel. L'Écosse, qui a connu , comble une partie de ces besoins. À Landerneau, la Société linière du Finistère fait ainsi venir à partir de 1845 entre 100 et 200 ouvriers écossais pour moderniser et faire fonctionner ses installations dans la ville, dont certains s'installeront définitivement dans la ville... Dans la région de Brest, l'écossais John Morley Burnett-Stears fait construire une usine à gaz Saint-Marc puis à partir de 1841 est consessionnaire de l'éclairage de Brest.

Attrait culturel breton pour l'Écosse dans la seconde moitié du L'Écosse émerge comme une référence pour la production littéraire bretonne à partir du milieu du . Le Barzaz Breiz que publie de La Villemarqué en 1839 est rapidement comparé par George Sand au Ossian de Macpherson. De La Villemarqué établi lui-même un lien entre les deux régions au sein d'un mouvement panceltique plus large. Un auteur originaire de Bretagne comme Jules Verne fait régulièrement figurer des personnages écossais dans ses romans, et y place parfois une partie de l'intrigue (Voyage à reculons en Angleterre et en Écosse, ou dans Les Enfants du capitaine Grant). Citant Walter Scott parmi ses sources d'inspiration, il a aussi voyagé en Écosse. Ernest Renan établit lui des liens entre bretons et écossais au sein d'une grande race celtique qui serait selon lui distincte de la race latine.

Le de 1898 à Belfast est l'un des premier contact notable entre personnalité culturelles bretonnes et écossaises au sein du mouvement panceltique. L'organisation de congrès réguliers va permettre de développer ces relations (notamment lors du congrès panceltique de 1907 qui se tient directement en Écosse, à Glasgow) alors que des liens avec des mouvements gallois et irlandais sont eux déjà actifs.

Premiers échanges culturels dans la première moitié du thumb|Délégation écossaise et bretonnes de l'île de Sein lors du festival interceltique de Riec-sur-Bélon de 1927. Les congrès celtiques reprennent après la première guerre mondiale, mais les bretons sont absents des premières éditions de l'après-guerre, y compris lorsqu'ils sont organisés en Écosse à Édimbourg en 1920 et à Glasgow en 1921. Des représentants écossais sont cependant présents lorsqu'un de ces congrès est organisé à Quimper en 1924.

La création du Consortium breton en 1927 permet le développement de nouveaux contacts entre les deux régions. Outre la dimension culturelle habituelle, des aspects économiques et touristiques sont aussi abordés par cette initiative. Dans le cadre d'un voyage d'étude parcourant les îles britanniques, plusieurs visites en Écosse ont lieu en , dont le Mòd, grand festival écossais inspiré de l'Eisteddfod gallois, et plusieurs sites industriels. Lors d'un festival interceltique organisé à la mi-août à Riec-sur-Belon la même année, une délégation écossaise se déplace. La fête gorseddique de Roscoff de 1934 est elle plus particulièrement consacrée à l'Écosse, ce qui donne lieu dans la presse locale et parmi des participants comme François Jaffrennou à des comparaison entre les situations culturelles des deux aires.

La Great Highland bagpipe connait un phénomène d'acculturation progressive vers la Bretagne. Anatole Le Braz en fait une première description accessible au public breton après en avoir vu à l'Eisteddfod de Cardiff en 1899. Charles Le Goffic en importe peu après quelques exemplaires, et un sonneur breton, Jean Guillerm de Belle-Isle-en-Terre adopte l'instrument et le fait connaitre dans le Trégor. Pendant la Première Guerre mondiale, des sonneurs bretons entrent en contact avec des pipe bands militaires écossais. Le d'infanterie des Highlands et le d'infanterie venant de Vannes et Morlaix se rencontrent en 1915, ce qui donne lieu à l'écriture de deux morceaux pour cornemuse, et .. Après guerre, un sonneur breton comme joue régulièrement de cet instrument lors de fêtes bretonnes. Au sein de la diaspora bretonne à Paris, Hervé Le Menn fait l'acquisition d'un de ces instrument en 1928, puis cherche à produire un groupe de musique bretonne similaire aux pipe bands écossais. Il fonde ainsi la Kenvreuriezh ar Viniaouerien en 1932 dans cette optique.

Seconde Guerre mondiale Lors de la seconde guerre mondiale, la proportion importante des bretons dans les FFL à Londres voit l'émergence d'une association les réunissant, Sao Breiz. Au travers du cadre interceltique, des connections se développent avec l'Écosse pendant le conflit. Le peintre breton Léopold Pascal signe plusieurs œuvres lors de cette période en Écosse, notamment à Greenock. Une délégation des Sao Breiz se rend à Glasgow en pour une fête interceltique, et certains contacts pris lors de cet évènement donnent lieux à des suites après guerre. Une proposition de jumelage entre Glasgow et Saint-Nazaire est alors évoquée par le . Ce dernier est aussi à l'origine du cadeau d'une cornemuse écossaise à la ville de Brest après-guerre.

A contrario chez les nationalistes bretons engagés dans la collaboration avec l'Allemagne nazie, la figure des nationalistes écossais fait figure de repoussoir. Dès 1938, Stur reproche ainsi aux militants du SNP d'être trop démocrates et attachés au cadre britannique. Déjà dans Breiz Atao en 1924 Olier Mordrel reprochait aux écossais d'ignorer les bretons au sein des relations panceltiques.

À l'issue du conflit, une participation de la ville de Glasgow à la Reconstruction de Brest a lieu, au travers de l'intervention du . Du matériel est fourni, et des écoliers brestois passent un trimestre en Écosse. Une rue brestoise est par la suite renommée en Rue de Glasgow au titre de « ville bienfaitrice » ..

Dynamiques culturelles de l'après-guerre Le phénomène d'acculturation de la Great Highland bagpipe s'accélère après la Seconde Guerre mondiale. Lors d'un congrès des Sao Breiz à Morlaix en 1947, le City Glasgow police pipe band est présent, tout comme Polig Monjarret qui s'en inspire très fortement par la suite pour développer une adaptation locale, le bagad. Un camp-école organisé en 1949 pour développer ce dernier type de groupe invite ainsi huit écossais pour aider à la formation musicale. Des sonneurs bretons comme Herri Léon et Donatien Laurent se rendent en Écosse au début des années 1950 pour se former à la musique écossaise, puis adaptent en Bretagne la pédagogie qu'ils ont suivis sur place.

Des fêtes locales deviennent aussi des lieux d'échanges entre musiciens des deux régions, le jeune Alan Stivell découvre lors du festival des cornemuses de Brest en 1955 le répertoire écossais. Le Festival interceltique de Lorient à partir de 1971 invite tous les ans une délégation de musiciens écossais, et dédie trois éditions à la région en 1996, 2007, et 2017.. Des musiciens écossais participent aussi à des projets musicaux bretons, comme la chanteuse écossais Karen Matheson à l'Héritage des Celtes dans les années 1990.

Inspirations politiques thumb|L'ancien premier ministre d'Écosse Alex Salmond du SNP lors d'une conférence au festival interceltique de Lorient en 2017. Un panceltisme politique continue de s'exprimer au sein des différentes composantes du mouvement breton après-guerre. Par ce biais, la situation écossaise continue d'inspirer des militants bretons. La dévolution dont bénéficie l'Écosse à partir des années 1990 accentue cette tendance. Plusieurs partis autonomistes comme l'Union démocratique bretonne ou le Parti breton comparent régulièrement les budgets et les compétences des deux régions pour justifier plusieurs aspects de leurs programmes politiques. Les succès politiques des nationalistes écossais à partir des années 2000 rendent attractifs au sein du mouvement breton les options militantes non-violentes, alors que la violence politique inspirée de l'exemple irlandais y est jusqu'à cette date assez populaire.

Populations Plusieurs artistes écossais séjournent en Bretagne entre la fin du et le début du . L'écrivain Kenneth White s'établit à Trébeurden pendant une quarantaine d'années et utilise la Bretagne comme toile de fond à plusieurs œuvres comme Maison des marées en 2005 ou Mémorial de la terre océane en 2019.. Le peintre Alexander Goudie est lui lié au secteur de Loctudy. Il produit lors de ses séjours de nombreuses toiles de la région, et s'essaie aussi à la faïence et produit plusieurs œuvres d'inspiration bretonne...

Jumelages thumb|Le Premier ministre écossais John Swinney et le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard à la Bute House en . Contrairement aux situations galloise et irlandaise qui ont bénéficié du panceltisme pour développer des jumelages entre communes, peu de municipalités bretonnes et écossaises ont mis en place un jumelage entre elles. Les difficultés de transport entre les deux espaces sont mis en avant comme facteur explicatif. Une association Bretagne-Ecosse est cependant crée en 2000 pour développer toute relation entre les deux espaces.

Des prises de contacts entre la région Bretagne et le Gouvernement écossais ont lieu lorsque Jean-Yves Le Drian est à la tête de la région. Des accords de coopérations sont alors discutés, mais les élections législatives écossaises de 2007 et le changement de majorité qui en résulte mettent le projet en sommeil. Le Brexit qui est mis en œuvre entre 2016 et 2020 relance les projets de collaboration entre les deux régions. Loïg Chesnais-Girard qui préside alors la région Bretagne est missionné en par le Comité européen des régions pour rédiger un rapport sur les conséquences du Brexit sur les régions européennes et les collectivités du Royaume-Uni, dont l'Écosse.. Plusieurs responsables politiques bretons et écossais profitent par ailleurs de l'organisation de la COP 26 à Glasgow en 2021 pour avancer sur le sujet de la coopération entre les deux régions... Au terme d'un « forum celte » en , une « Déclaration de Rennes » est signée entre la Bretagne, l'Écosse et cinq autres régions celtes visant à renforcer la coopération entre elles en vue d'atténuer certains effets du Brexit, notamment sur les aspects académiques ou énergétiques... Un mémorandum d'entente est signé en parallèle à la même date entre Bretagne et Écosse..

Sources Références

Bibliographie .

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