Lucus Asturum est une ville romaine mentionnée comme mansio par l'Anonyme de Ravenne.
Elle était située à l'emplacement de l'actuelle , dans les Asturies et faisait partie du de la province de Tarraconensis et, à partir de Dioclétien, de la province de Gallaecia.
Histoire
Le lieu était le centre névralgique des routes romaines des Asturies et de là une voie menait à la Cantabrie et une autre à Asturica Augusta (Astorga), suivant la .
La région était habitée par la tribu des avant l'arrivée des Romains. Elle fut conquise au siècle par Moussa Ibn Noçaïr, un chef musulman, qui poursuivit sa progression jusqu'à Gijón. Des documents du siècle laissent supposer qu'il s'agissait d'une ville fortifiée, mais cela reste à confirmer.
Les fouilles menées par sur le site de l'ancienne église Santa María témoignent d'une présence romaine au moins aux et siècles. Une inscription votive dédiée aux Lares Viales a été découverte lors de ces fouilles.
Un site funéraire du haut Moyen Âge a également été identifié, associé à une église datant du siècle.
Documentation
Histoire ancienn Lucus Asturum apparaît dans des sources documentaires romaines, de l'Antiquité tardive et du début du Moyen Âge.
Lucus Asturum (Λουκος ′Αστουρων) est citée dans la Géographie ( siècle) de Claude Ptolémée, au livre II, chapitre VI. Elle est nommée parmi les poleis (πόλεις) de l'intérieur des terres des Astures, dans la province Tarraconense d'HispanieÉdition et traduction latine de Karl Wilhelm Ludwig Müller, Firmin Didot, 1883 ; ..
Plus tard, sous le nom de Luco Astorum, elle apparaît dans le manuscrit de l'Anonyme de Ravenne ( siècle), comme une mansio située sur la route reliant Asturica Augusta (Astorga) à Lucus Augusti (Lugo). Sur cette route, la mansio précédente est Memorana, identifiée comme Mamorana dans la paroisse de , où une mosaïque provenant d'une villa romaine a été découverte en 1921.
Moyen-âge Dans les textes médiévaux, le site est mentionné avec son église Santa María. Dans le il est cité trois fois : Dans le premier folio, en guise d'introduction ou d'incipit, la construction d'une église sous le patronage de Sainte Marie est relatée, ainsi que le concile ultérieur de León autorisé par le pape Zéphyrin, qui aurait élevé Lugo au rang de siège épiscopal, avec Vistremundo comme premier évêque ; Dans la donation du roi Alphonse III des Asturies à la cathédrale d'Oviedo ; Dans Ordoño (Liber Testamentorum Eclesiae Ouetensis).
Dans la version pélagienne de la chronique d'Alphonse III ad Sebastianum, le transfert du siège de Lugo à Oviedo à l'époque de Fruela Ier est enregistré : Transcription de Valdés Gallego (1999).
L'ensemble du récit est considéré comme faux, car il contient plusieurs anachronismes : Guntamund aurait été roi des Vandales à partir de 484 en Afrique du Nord et Zéphyrin aurait été pape de 199 à 217. Son auteur, mentionné dans le Livre des Testaments lui-même, est (Pélayo, évêque d'Oviedo), qui, par cette invention, entendait légitimer le siège d'Oviedo cité dans .
Archéologie Les références à l'existence de vestiges archéologiques sont nombreuses dans la bibliographie. , dans ses Antigüedades y cosas memories del Principado de Asturias (1695), signale déjà la présence de traces et de bâtiments dans les champs de la ville de Lugo. Il ajoute également qu'une pierre portant l'inscription « Ceʃar omita Lancea », selon le témoignage d'Ambrosio de MoralesCoronica general de España, volume 4, ., et douze colonnes de marbre et de jade à San Miguel de Lillo pourraient provenir des ruines de la ville de Lugo, une hypothèse que Fermín Canella qualifie d'« inventions » sans fondement connu.
À la suite de Carvallo, il existe des références à des découvertes plus ou moins accidentelles dans l'ouvrage España sagrada, tome XXXVII (1789) de Manuel Risco, Sumario de Antigüedades romanas que hay en España (1832), de Juan Agustín Ceán BermúdezEspaña sagrada: tomo XXXVII, Antiguedades concernientes a la region de los astures Transmontanos desde los tiempos mas remotos hasta el siglo X, Manuel Risco, . et dans le chapitre consacré à Llanera dans Asturias, de Fermín Canella.
Fouilles thumb|Panneau du chancel. Les premières fouilles archéologiques sont entreprises durant l'été 1927 par la Commission provinciale des monuments. Elles se concentrèrent sur une propriété proche de l'ancienne église où son propriétaire avait précédemment découvert des vestiges. Un possible four de fusion et un mur supposé de de large sont découverts. De plus, sur une passerelle enjambant un ruisseau voisin, est découvert la « pierre de Lugo », aujourd'hui disparue, sculptée dans un style similaire à celui de l'idole de Peña Tú.
En 1981, Emilio Olavarri Goicoechea mène des fouilles sur le site de l'église Santa María de Lugo, aujourd'hui démolie. Au cours de cette campagne, des fragments de céramique romaine (terra sigillata) et un panneau de jubé, en quatre parties, sont mis au jour, disposés comme pierre tombale sur un tombeau médiéval. Le panneau en calcaire est sculpté sur sa face avant de deux paires de félins se faisant face, un arbre séparant chaque paire. Chaque paire repose sur une frise horizontale suggérant une étendue d'eau, et l'ensemble du panneau est orné de motifs végétaux sur ses bords droit et supérieur.
Le jubé est exposé au Musée archéologique des Asturies.
En 1989, une campagne de fouilles menée par une équipe d'archéologues dirigée par Carmen Fernández Ochoa permet de découvrir, entre autres objets, les vestiges d'un autel votif dédié aux Lares Viales. La pièce mise au jour est un bloc de grès qui faisait partie des fondations d'un mur de l'église Santa María de Lugo. Ses dimensions approximatives sont de de haut, de large et de profondeur.
La présence de cet autel signifie que Lucus Asturum était un centre routier romain important.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Liens externes
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