Le conservatisme français est la doctrine et l’idéologie politique du conservatisme. Il se repose dans la préservation de la culture, de la hiérarchie sociale et des traditions françaises. Cette orientation accorde une prééminence marquée au nationalisme et s’est trouvée, de manière récurrente, étroitement associée au monarchisme. Apparu sous la forme d’un courant réactionnaire et contre-révolutionnaire durant la Restauration, à la suite de la Révolution française, il demeure depuis lors une doctrine prépondérante dans le paysage politique français.

Histoire

Révolution française Le conservatisme français, dans sa phase initiale, se définit par une triple opposition : la réprobation de la laïcité issue de la Révolution, la défense des prérogatives de l’Église catholique et le rétablissement de la monarchie. À la suite de la première abdication de Napoléon en 1814, la maison de Bourbon recouvre le pouvoir durant la période de la Restauration. Louis XVIII puis Charles X, frères de Louis XVI, accèdent successivement au trône et mettent en place un régime conservateur qui vise à restaurer les principes fondamentaux de l’Ancien Régime, sinon l’intégralité de ses institutions. Les ultra-royalistes, issus principalement de la noblesse, défendent avec fermeté le catholicisme romain comme religion d’État, la monarchie bourbonienne, le maintien de la hiérarchie sociale traditionnelle ainsi qu’un suffrage restreint, s’opposant ainsi à la souveraineté populaire et aux aspirations libérales et démocratiques de la bourgeoisieUltraroyalist. Dictionary of Politics and Government, 2004, p. 250..

Post-revolution À la suite de la révolution de Juillet 1830, Louis-Philippe Ier, issu de la branche orléaniste la plus libérale de la maison de Bourbon, assume la dignité de roi des Français. La France connaît ensuite, de 1852 à 1870, un régime impérial bonapartiste sous Napoléon III. Dans les années 1870, la cause légitimiste des Bourbons paraît sur le point de l’emporter ; elle s’effondre cependant lorsque le prétendant au trône, Henri d'Artois, refuse d’adopter le drapeau tricolore.

Au tournant du XXe siècle émerge l’Action française, formation ultraconservatrice, réactionnaire, nationaliste et monarchiste qui milite pour le rétablissement de la monarchie. Sa doctrine s’organise essentiellement autour des thèses de Charles Maurras, à la suite du ralliement de ce dernier et de la conversion des fondateurs du mouvement au royalismeBiographical notice on Maurras on the Académie française's website . L’organisation défend le retour de la maison de Bourbon sur le trône et, à la suite de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, l’instauration du catholicisme romain comme religion d’État. Ces positions sont autant de ferments d’opposition à la Troisième République, perçue par nombre de ses opposants comme entachée de corruption et d’athéisme.

Guerres mondiales Les tensions entre catholiques conservateurs et laïcs progressistes s’exacerbent durant les années 1890-1910. Ces dissensions s’atténuent toutefois avec l’émergence d’un esprit d’union nationale provoqué par l’entrée dans la Première Guerre mondiale.

Le régime de Vichy, en vigueur de 1940 à 1944 sous l’autorité du maréchal Philippe Pétain, se caractérise par un conservatisme autoritaire empreint d’un antisémitisme virulent, d’un rejet délibéré de l’individualisme, d’une exaltation de la vie familiale et d’une forte interventionnisme étatique dans l’économie. L’idéologie officielle qu’il promeut, sous le nom de Révolution nationale, s’avère en réalité profondément réactionnaire : loin de toute véritable rupture novatrice, son programme s’oppose à la quasi-totalité des acquis et des principes introduits par la Révolution française de 1789.

Après-guerre Le conservatisme est la force politique prééminente en France depuis la Seconde Guerre mondiale, même si l’hétérogénéité des courants qui le composent et leur instabilité chronique compliquent toute tentative de classification rigoureuse. Dans l’après-guerre, les tenants du conservatisme apportent leur soutien aux formations gaullistes, défendent avec constance le principe national et mettent l’accent sur le maintien des traditions, la préservation de l’ordre social ainsi que la reconstruction matérielle et institutionnelle du paysRichard Vinen, "The Parti républicain de la Liberté and the Reconstruction of French Conservatism, 1944–1951", French History (1993) 7#2 pp. 183–204. Particularité notable, le conservatisme français de cette période se structure autour de la figure singulière d’un chef, le général Charles de Gaulle – issu de la noblesse et commandant des Forces françaises libres durant le conflit contre l’Allemagne nazie –, et puise son inspiration moins dans la lignée du conservatisme traditionnel français que dans l’héritage bonapartiste.

Le gaullisme se perpétue en France au sein des Républicains, formation politique issue de l’ancienne Union pour un mouvement populaire. Cette organisation fut naguère dirigée par Nicolas Sarkozy, qui exerça les fonctions de président de la République française de 2007 à 2012 et dont la doctrine est désignée sous le nom de sarkozysme.

Politique contemporaine En 2021, l’essayiste et polémiste français Éric Zemmour crée le parti Reconquête, formation que divers analystes décrivent comme une variante plus radicalement droitière du Rassemblement national présidé par Marine Le Pen.

Références

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