Robert Edward Lee, né le à la plantation de Stratford Hall et mort le à Lexington, est un militaire américain. Diplômé de l'Académie militaire de West Point, il est officier du génie pendant plus de trente ans dans l'armée des États-Unis. Quand éclate la guerre de Sécession, il s'illustre en tant que commandant de l'armée de Virginie du Nord, et obtient brièvement le commandement des armées confédérées à la fin du conflit.
Fils d'Henry , un officier révolutionnaire durant la guerre d'indépendance des États-Unis, Robert Lee participe à la guerre américano-mexicaine et obtient le grade de colonel. Lorsque la Virginie fait sécession de l'Union en , Lee décline l'offre d'un commandement dans l'Union par l'administration Lincoln et choisit de combattre pour son État d'origine. Le , il est nommé parmi les cinq généraux d'armée de la Confédération. Au cours de la première année de la guerre, il sert de conseiller militaire au président confédéré Jefferson Davis. Une fois qu'il prend en 1862 le commandement de l'armée de Virginie du Nord (grande armée confédérée opérant sur le théâtre oriental), il apparaît vite comme un tacticien habile et un excellent commandant sur le champ de bataille, remportant la plupart de ses batailles contre des armées de l'Union numériquement bien supérieures, notamment à la bataille de Chancellorsville (aussi surnommée Lee's perfect battle ). Il devient rapidement une « légende sudiste » et certains le surnomment alors (Le Renard gris).
Les stratégies à long terme de Lee sont plus discutables, et ses deux grandes offensives dans les territoires contrôlés par l'Union finissent en défaites à la bataille d'Antietam et à la bataille de Gettysburg. Ses tactiques agressives, qui entraînent de lourdes pertes à un moment où la Confédération manque d'hommes, font l'objet de critiques au cours des dernières années, tandis qu'à partir de 1864, les campagnes du général de l'Union Ulysses S. Grant mettent à mal la Confédération. Le , Lee est nommé général en chef de l'armée confédérée. Malgré de lourdes pertes infligées à l'ennemi, il est incapable de changer le cours de la guerre. Il se rend à Grant à Appomattox le . affectant sérieusement le moral des sudistes. L'armée de Virginie du Nord rendue, les autres forces confédérées capitulent rapidement après sa reddition.
Au lendemain de la guerre, il devient président du Washington College à Lexington en Virginie, rebaptisé Washington and Lee University après sa mort. Il soutient le programme du président Andrew Johnson prônant la reconstruction et appelle à la réconciliation entre les unionistes et les ex-confédérés. Toutefois, il s'oppose aux propositions des Républicains radicaux qui veulent donner le droit de vote aux esclaves libérés et le retirer aux ex-confédérés.
Après sa mort en 1870, la figure de Robert Lee est érigée en mythe par les théories révisionnistes de la « Cause perdue ». De nombreux hommages lui sont rendus, à travers des monuments commémoratifs ou des noms de lieux, principalement dans le Sud, mais aussi parfois dans le Nord. Au , sa légende dorée est remise en cause, parallèlement à l'essor du mouvement Black Lives Matter, entraînant une importante vague de dé-commémoration et déboulonnage de ses statues.
Biographie
Avant la guerre
Jeunesse et formation
gauche|vignette|La plantation Stratford Hall, lieu de naissance de Robert Lee. Robert E. Lee est né le dans la plantation Stratford Hall dans le comté de Westmoreland, dans le Nord-Est de l'État de Virginie. Il est le cinquième fils du général Henry Lee III (1756-1818), qui fut gouverneur de Virginie, et de sa seconde épouse, (1773-1829) Grace McLean Moses, , , 2002..
La famille Lee est issue de l'une des plus vieilles familles de Virginie. Henry Lee III est un ami et l'un des généraux de George Washington durant la guerre d'indépendancePortrait de Lee dans The Civil War, film documentaire de Ken Burns, épisode 6 La vallée de l'ombre de la mort (1864).. Anne Hill Carter est une descendante de Robert « King » Carter et a grandi sur le domaine de la plantation de Shirley, en Virginie. Henry Lee III a dilapidé la fortune de ses deux épouses successives avant d'abandonner sa famille et de partir aux Antilles. Il meurt alors que son fils Robert n'a que , laissant la famille criblée de dettes. La famille Lee s'installe alors à Alexandria, laissant la plantation, reçue en héritage, au fils aîné de Henry Lee.
Très bon élève à l'académie d'Alexandria, Robert Lee entre en 1825 à l'Académie militaire de West Point. Sergent au bout d'une année de scolarité, il excelle en tactique militaire et en artillerie et obtient rapidement une confortable place de second dans la classe, derrière . Il est décrit par ses camarades - Joseph E. Johnston, entre autres - comme le cadet parfait, à la fois rigoureux, brillant, sympathique, plein d'abnégation et même séduisant. Son attitude était irréprochable, respectueuse tout comme son langage et ses manières sans pour autant le rendre strict. Enfin, il était très attaché à ses devoirs tant personnels qu'officiels.
Avec cinq autres cadets, il se distingue en ne recevant aucun avertissement ("demerite") durant ses quatre années d'instruction. En 1829, il sort deuxième de sa promotion (sur ) « », extrait de R. E. Lee: A Biography (1934) par Douglas Southall Freeman, université de Chicago.Il est de la même promotion que les futurs généraux James Barnes, Benjamin William Brice, Catharinus Putnam Buckingham, Thomas Alfred Davies, William Hoffman, Lewis C. Hunt, Ormsby MacNight Mitchell, Thomas H. Neill et Albert Gallatin Blanchard, Theophilus Hunter Holmes, Joseph Eggleston Johnston. Les huit premiers ont combattu dans les rangs de l'Union et les trois derniers dans ceux de la Confédération. avec , toujours derrière Mason, .
Carrière militaire dans l'armée des États-Unis
Officier du génie (1829-1855) Diplômé de West Point, Robert Lee entreprend une carrière d'officier du génie () avec le grade de second lieutenant. Il est d'abord affecté sept mois à Fort Pulaski en Géorgie puis est transféré à Fort Monroe, dans la péninsule de Virginie, où il participe activement à la construction de Fort Calhoun. C'est durant son affectation à Fort Monroe qu'il se marie, en 1831.
De 1834 à 1837, Lee est adjoint au sein du bureau de l'ingénieur en chef à Washington (district de Columbia). Il est promu au grade de premier lieutenant en 1836. En 1837, il supervise les travaux du Génie du port de Saint-Louis (Missouri) et des ouvrages d'art sur le Mississippi et le Missouri. En 1838, il est promu capitaine et, en 1842, est affecté comme ingénieur en chef au Fort Hamilton.
La guerre du Mexique (1846-1848) Le capitaine Robert Lee participe à la guerre du Mexique (1846-1848) au cours de laquelle il contribue à plusieurs victoires américaines en sachant exploiter le terrain en tant qu'officier d'état-major. Aide de camp de Winfield Scott lors de la marche de Veracruz à Mexico, Lee participe aux batailles de Contreras, de Churubusco et de Chapultepec où il est d'ailleurs blessé. Il est cité trois fois pour acte de bravoure Il est distingué à titre honorifique au rang de colonel. Pendant ce conflit, il croisera le capitaine Ulysses S. Grant, futur chef des forces nordistes.
Après la guerre du Mexique, il passe trois ans à Fort Carroll à Baltimore (Maryland). Il refuse notamment à cette époque une offre du secrétaire à la Guerre, Jefferson Davis, de commander une attaque sur l'île espagnole de Cuba.
En , Lee devient superintendant de l'Académie militaire de West Point. Il y passe trois ans durant alors que son fils Custis Lee y est cadet. Il sortira premier de sa promotion en 1854.
Officier de cavalerie (1855-1860) En 1855, Lee est promu lieutenant-colonel du nouveau de cavalerie. Il quitte alors le corps du génie, où il avait servi durant , et prend son commandement à Camp Cooper au Texas. Il y protège notamment les pionniers des attaques des Apaches et des Comanches. Il vit alors loin de sa famille alors que son épouse est durablement souffrante.
L'héritage de la plantation Arlington vignette|La plantation Arlington.
En 1857, Robert Lee devient l'exécuteur testamentaire de son beau-père, , et l'héritier de sa plantation Arlington et de , tous destinés à être émancipés dans les cinq ans suivant la mort de leur ancien propriétaire selon le testament de celui-ci.
Pour gérer la plantation, Lee ne souhaite pas quitter l'armée et décide d'engager un contremaître. Toutefois, n'ayant pu trouver la personne idoine, il se résout à prendre un congé de deux ans pour diriger la plantation.
Harpers Ferry (1859) vignette|Les marines attaquant l'arsenal tenu par John Brown lors de son raid à Harper's Ferry en 1859.
En , l'anti-esclavagiste John Brown et vingt-et-un de ses hommes tentent de prendre d'assaut l'arsenal de la ville de Harpers Ferry dans l'Ouest de la Virginie. À la tête d'une compagnie de marines et de soldats détachés de la milice du Maryland et de Virginie, Lee est chargé d'arrêter les hommes du commando de Brown, retranchés dans l'arsenal avec des otages.. Après le refus de Brown de déposer les armes et de se rendre, Lee ordonne l'assaut contre les insurgés. Brown et les survivants de son commando sont rapidement capturés puis pendus.
La crise des sécessions (1860-1861) En 1860, Robert Lee, aristocrate chrétien et conservateur continue de servir l'armée des États-Unis mais en , le Texas, où Lee est cantonné, fait sécession. Le général David E. Twiggs, commandant général de l'armée fédérale au Texas, se met lui-même au service des sécessionnistes et remet le commandement de l'armée fédérale ( dont Lee) à la souveraineté texane.
Robert Lee est politiquement hostile à la sécession qu'il considère comme une trahison des pères fondateurs. Il revient alors à Washington où, sur proposition du général Winfield Scott, commandant-général de l'armée de l'Union, le nouveau président, Abraham Lincoln, le nomme colonel du premier régiment de cavalerie le . Trois semaines après sa promotion, Lincoln lui offre un commandement avec le rang de général.
Le , le gouvernement Lincoln lui propose discrètement le commandement de l'armée devant ramener le Sud dans le droit chemin mais celui-ci, attachée à son État natal, la Virginie, répondit : « Je vois la sécession comme de l'anarchie… Mais comment puis-je me résoudre à tirer l'épée contre mon État natal, ma famille, mes amis ? »
Quand celui-ci s'apprête à rejoindre les États confédérés d'Amérique après le début de la bataille de Fort Sumter le , Robert Lee refuse sa promotion dans l'armée de l'Union, donne sa démission le et retourne en Virginie où, le , il prend le commandement des forces armées de Virginie.
S Robert Lee rejoint les États confédérés d'Amérique au nom de la loyauté à son État natal., il considère également le projet d'abolition de l'esclavage comme une ingérence inacceptable du Nord dans les affaires intérieures du Sud, et comme un casus belli. Cette institution, avec laquelle Lee a un rapport ambigu, est un aspect prééminent du système social de la Confédération. Aussi, conscient de l'importance de la préservation de l'esclavage, il l'adopte comme objectif de guerre confédéré.
Guerre de Sécession vignette|Affiche confédérée montrant les généraux Stonewall Jackson, Pierre Gustave Toutant de Beauregard et Robert Lee.
Début de la guerre Robert Lee est d'abord le commandant des forces armées de Virginie avant que ne se forme l'armée des États confédérés dont il devient l'un des cinq premiers généraux.
Lee prend alors le commandement de l'armée confédérée de Virginie-Occidentale et connait son baptême du feu à la bataille de Cheat Mountain, où il est battu. Cela n'est pas sans conséquence pour sa réputation. Il gagna alors les surnoms de "" ou "".
Il organise ensuite les défenses de la côte orientale de Caroline et de Géorgie où il constate l'inexistence de la marine confédérée.