Grégoire Ibéritzès ou Grégoras Ibéritzès (en grec : Γρηγορᾶς Ἰβηρίτζης) est un aristocrate byzantin et un haut responsable militaire du début du .
Biographie
Le nom de famille de Grégoras pourrait indiquer une origine ibérienne. L'Empire byzantin cherche alors régulièrement à intégrer des représentants des élites nobiliaires du Caucase, par exemple par la collation de titres et autres dignités. Il est possible que Grégoras soit une illustration de ce phénomène. Il est apparenté par mariage à la puissante famille des Doukas, à laquelle sa carrière est étroitement liée. Il est presque certainement le beau-père de Constantin Doukas, fils du général Andronic Doukas.
Lorsque ce dernier se révolte au cours de l'hiver 906-907, peut-être à la suite des intrigues du puissant eunuque Samonas, Grégoras, qui occupe alors la fonction militaire suprême de domestique des Scholes, est envoyé par l'empereur Léon VI le Sage (886-912) pour affronter ou faire prisonnier les Doukas, réfugiés dans la forteresse de Kabala, près d'Iconium. Andronic sollicite toutefois l'aide des Arabes et, au printemps 907, une armée commandée par Roustan ibn Baradu, gouverneur abbasside de Tarse, vient à son secours. Selon Tabari, Andronic parvient à capturer Grégoras, à vaincre ses troupes et à s'enfuir dans le califat abbasside.
À une date ultérieure, mais au plus tard sous le règne d'Alexandre (912-913), frère et successeur de Léon VI, Grégoras Ibéritzès accède à la dignité palatine suprême de magistros. Il pourrait par conséquent être identifié au magistros anonyme qui, à la fin de l'année 912, transmet des lettres de l'empereur et du patriarche Nicolas Ier Mystikos au pape Anastase III.
Après la mort d'Alexandre, le 6 juin 913, Constantin Doukas tente de s'emparer du trône. Il entre à Constantinople et passe la nuit dans la demeure de Grégoras, où il prépare son action avec ses partisans. La tentative d'usurpation échoue lorsque Constantin trouve la mort dans les affrontements qui se déroulent au Grand Palais. Grégoras et Léon Choirosphaktès cherchent alors refuge dans Sainte-Sophie. Ils en sont expulsés de force, reçoivent la tonsure monastique et sont envoyés au monastère du Stoudion.
La demeure de Grégoras, située sur l'acropole de l'antique Byzance, passe apparemment par la suite à Jean Toubakès. Nicolas Adontz a proposé d’identifier à Ibéritzès un certain Grégoras dont une ancienne propriété est mentionnée dans le De administrando imperio, ce qui pourrait témoigner de la confiscation de ses biens après 913, mais cette identification demeure incertaine.
Au , Michel Psellos fait référence à un certain Jean Ibéritzès, protospathaire en 1049 et petit-fils du protospathaire Stéphane Ibéritzès. Rodolphe Guilland a émis l'hypothèse qu'il s'agisse de descendants de Grégoras.
Notes et références
Sources
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