est un peintre japonais de la fin de l'époque d'Edo.

Formé à l'école Kanō puis à l'école Tosa, il consacre sa carrière à l'étude et à la copie des rouleaux peints des époques de Heian et de Kamakura. Ce retour aux sources classiques fait de lui le fondateur du courant dit , littéralement « yamato-e restauré », qui sera poursuivi par ses élèves Ukita Ikkei et Watanabe Kiyoshi, puis par Reizei Tamechika.

Éléments biographiques

Noms Son nom personnel est (敏) et son prénom social . Il utilise également plusieurs autres noms d'artiste, parmi lesquels Chiō (痴翁), Tokuchū (得中), Kafukyūshi (過不及子), Kaison (晦存) et Kyūmei (求明).

Formation Tanaka Totsugen naît en 1767 (an 4 de l'ère Meiwa). Le Kantei benran le donne originaire de Nagoya, dans la province d'Owari, mais cette indication n'est pas tenue pour certaine par toutes les sources. .

Enfant, il est placé dans un temple de l'école Nichiren, puis étudie le bouddhisme Tendai à l'Enryaku-ji, sur le mont Hiei. Il apprend la peinture auprès d'Ishida Yūtei (1721-1786), maître de l'école Kanō surtout connu pour avoir formé Maruyama Ōkyo. À la mort de celui-ci, il quitte les ordres et entre dans l'atelier de Tosa Mitsusada (1738-1806), dépositaire de la tradition du yamato-e.

Carrière Son talent est reconnu tôt : en 1788 (an 8 de l'ère Tenmei), à vingt-deux ans, il reçoit le titre honorifique de , distinction ecclésiastique accordée aux artistes.

En 1790 (an 2 de l'ère Kansei), il participe au chantier de décoration du nouveau palais impérial de Kyoto aux côtés de Mitsusada, de Kanō Michinobu et de Ganku, et y exécute des peintures de portes en cèdre ().

Après la mort de Mitsusada en 1806, il demeure attaché à l'école Tosa et seconde l'héritier de son maître, Tosa Mitsuzane. Établi à Kyoto durant sa jeunesse, il fait de Nagoya sa base principale vers 1809 tout en effectuant de fréquents allers-retours entre les deux villes, avant de se réinstaller définitivement à Kyoto en 1818.

En 1817, il organise avec le soutien de Hayashi Ryōeki, médecin du domaine d'Owari, une exposition-vente de deux cents rouleaux. L'opération vise notamment à financer son séjour à Kyoto et les soins d'une affection oculaire dont il souffre alors.

Mort Sa maladie des yeux s'aggrave jusqu'à la cécité. Il meurt le (21 jour du de l'an 6 de l'ère Bunsei), à cinquante-sept ans. La tradition rapporte qu'il mit fin à ses jours après avoir perdu la vue, dans un geste dont les sources anciennes décrivent la violence ; ce récit, largement repris, ne repose toutefois pas sur une documentation contemporaine des faits.

Œuvre

Le renouveau du yamato-e Profondément versé dans le — l'étude des usages, costumes et cérémonials de la cour ancienne —, Totsugen juge trop formaliste la manière de l'école Tosa de son temps et prône un retour direct au yamato-e de l'époque de Heian. Il ne fonde pas d'école au sens institutionnel, mais son travail est reconnu rétrospectivement comme l'acte inaugural du courant fukko yamato-e.

Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large : l'incendie répété des bâtiments anciens et l'intérêt renouvelé des milieux aristocratiques de Kyoto pour les traditions de cour avaient suscité, autour de Matsudaira Sadanobu, une politique de copie systématique des œuvres anciennes.

Copies et travaux d'après l'antique Il réalise de nombreuses copies minutieuses de rouleaux classiques, parmi lesquels le , le et le , ainsi que des peintures murales et de portes du pavillon du Phénix du Byōdō-in.

Production personnelle Son œuvre propre comprend des sujets de cour traités dans la manière ancienne, mais aussi des pièces intégrant les procédés de l'école Rinpa, comme Uchū renro-zu (« Lotus et hérons sous la pluie »).

Son travail le plus commenté est le (« Paravent aux cent fleurs et cent herbes »), conservé au musée d'art Tokugawa de Nagoya. Commande d'une famille de mécènes d'Owari, la famille Okaya, l'œuvre entre dans les collections du musée en 1965 avec un ensemble de quatre-vingt-huit pièces léguées par Okaya Sōsuke ; elle témoigne d'une observation naturaliste qui excède le seul programme archaïsant.

Postérité Ses élèves directs sont Ukita Ikkei (1795-1859) et Watanabe Kiyoshi (1778-1861). Reizei Tamechika (1823-1864), né l'année de sa mort, se réclamera de son enseignement sans l'avoir connu. Ces trois noms forment le noyau du courant fukko yamato-e, dont l'influence se prolonge jusqu'aux peintres nihonga du début du .

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Yamato-e École Tosa Peinture japonaise

Liens externes

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