Les Ålandais () sont les habitants d'Åland, région autonome et démilitarisée de la Finlande située à l'extrémité sud du golfe de Botnie. Forte d'environ personnes, cette population est très majoritairement de langue suédoise et dispose d'une citoyenneté régionale propre, d'un parlement et d'institutions distinctes de celles du reste du pays. Les Ålandais se perçoivent d'abord comme ålandais, avant de se dire nordiques ou finlandais.

Qui est ålandais ? La citoyenneté régionale ålandaise () est accordée de plein droit à l'enfant de moins de 18 ans qui possède la nationalité finlandaise, réside dans la région et dont l'un des parents la détient. Elle est également accordée sur demande aux citoyens finlandais installés à Åland qui y ont résidé sans interruption pendant au moins cinq ans et qui possèdent une connaissance satisfaisante du suédois...

Cette citoyenneté ouvre des droits que les autres résidents n'ont pas : seuls ceux qui la détiennent peuvent voter et se porter candidats aux élections du parlement d'Åland et des conseils municipaux, et seuls ils échappent aux restrictions qui encadrent l'acquisition de biens immobiliers dans l'archipel ; l'exercice d'une activité économique peut être limité pour ceux qui ne l'ont pas.

Elle emporte aussi une dispense de service militaire. La loi sur l'autonomie prévoit que son détenteur serve, au lieu de la conscription, dans le pilotage et la signalisation maritime ou dans une autre administration civile ; un tel service n'ayant jamais été organisé, les intéressés sont dispensés de toute obligation militaire. La dispense ne vaut pas pour ceux qui se sont installés dans la région après l'âge de douze ans.

Fin 2023, personnes possédaient la citoyenneté ålandaise..

Population À la fin de 2023, des habitants de la région, soit 61,5 %, y étaient nés. Cette proportion recule régulièrement : elle était de 74,1 % en 1990. Parmi les autres résidents, étaient nés en Finlande continentale (18,0 %), en Suède (10,5 %) et dans d'autres pays (10,0 %)..

La population comptait fin 2023 femmes et hommes. Les deux tiers des habitants (66,7 %) appartenaient à l'Église évangélique-luthérienne et 32,0 % à aucune communauté religieuse ; là encore le changement est rapide, puisque 94,8 % de la population était luthérienne en 1990.

Origines Les premiers habitants atteignirent Åland il y a environ ans, vraisemblablement depuis l'archipel d'Åboland à l'est ; la traversée, en grande partie en haute mer, représentait alors une centaine de kilomètres et se faisait sans doute en pirogues monoxyles.. Le plus ancien site connu, Långbergsöda à Saltvik, relève de la céramique au peigne ancienne (vers 4000-3300 av. J.-C.) ; vers 3300-2800 av. J.-C., le courant s'inversa avec l'arrivée de populations de la céramique perforée venues de Suède.

L'époque viking est la plus riche en vestiges : les découvertes des années 600 à 1000 sont les plus nombreuses de toute la Finlande, et plus de monnaies arabes attestent des contacts vikings aux . Les trouvailles cessent ensuite complètement vers l'an 1000. Le christianisme s'implanta au , à la faveur d'une nouvelle colonisation venue de Suède dont les toponymes gardent de nombreuses traces.

Langue Åland est, en vertu de la loi sur l'autonomie, unilingue suédophone : le suédois est la langue de l'administration d'État, régionale et municipale, ainsi que la langue d'enseignement des établissements financés sur fonds publics. Les citoyens finlandais conservent le droit d'employer le finnois dans leur propre cause devant les tribunaux et les autorités de l'État présents dans la région. Fin 2023, habitants, soit un peu plus de 85 % de la population, avaient le suédois pour langue maternelle et le finnois..

Les parlers ålandais passent pour les dialectes les plus modernisés de Finlande. On en distingue deux groupes : ceux de l'île principale, très nivelés, et ceux des paroisses de l'archipel, restés riches. Parmi leurs traits figurent l'allongement des syllabes brèves, un ö ouvert dans des mots comme brööd (« pain ») et mjööl (« farine »), le passage de y à i dans bii (« village »), ainsi qu'un système à deux genres au lieu des trois de l'ancienne langue..

Identité

La demande de rattachement à la Suède (1917-1921) vignette|Julius Sundblom et Carl Björkman de retour à Mariehamn en 1920, à leur sortie de la détention finlandaise où ils étaient soupçonnés de haute trahison. En août 1917, les délégués des communes réunis à Finström souhaitèrent une « réunification » avec la Suède et l'indépendance à l'égard de la Finlande. Une consultation organisée en décembre 1917 prit la forme d'une adresse au roi et au peuple suédois, signée par hommes et femmes de plus de 21 ans et remise à Gustave V le 3 février 1918.. Le mouvement séparatiste, qui finit par rassembler la quasi-totalité de la population ålandaise, eut pour figures de proue Julius Sundblom, Carl Björkman et Johannes Eriksson, contre lesquels le gouvernement finlandais délivra des mandats d'arrêt.. La Société des Nations trancha le 24 juin 1921 en faveur de la Finlande, qui conserva l'archipel à condition de garantir le maintien de son caractère suédophone et sa neutralité militaire (voir Crise des îles Åland).

Le sentiment d'être ålandais Une enquête menée au printemps 1999 par le bureau de la statistique d'Åland auprès de 820 adultes tirés au sort, à laquelle 427 personnes ont répondu (52,1 %), a mesuré la force des différentes identités sur une échelle de 0 à 4. L'identité ålandaise arrive nettement en tête avec une moyenne de 3,4, devant celles de Nordique (2,4), de Finlandais (2,1), de Finlandais suédophone (1,7), d'Européen (1,5), puis de Suédois et de Finnois (0,7 chacune). Plus de 68 % des répondants déclaraient se sentir ålandais dans une très large mesure et 7 % pas du tout, alors que 65 à 67 % d'entre eux ne se reconnaissaient aucune appartenance suédoise ou finnoise..

L'enquête montrait que l'identité ålandaise variait en sens inverse de l'identité finlandaise : plus une personne se sentait ålandaise, moins elle se disait finlandaise ou finlandaise suédophone. Les natifs de la région lui accordaient une note nettement plus élevée que les nouveaux venus, et il fallait plus de vingt ans de résidence pour que ces derniers s'approchent de la moyenne. Parmi quinze facteurs proposés, c'est la langue suédoise qui pesait le plus dans cette identité (3,4), devant la citoyenneté régionale (3,2), le milieu naturel (3,2) et l'autonomie (3,1), la pratique religieuse venant en dernier (1,2).

Question du statut Le parti Futur d'Åland décrit les Ålandais comme un groupe culturel et linguistique distinct, une « nation ålandaise », et inscrit à son programme le développement de l'autonomie jusqu'à faire d'Åland un État indépendant.. Des sondages rapportés en 2002 indiquaient toutefois que 70 % des Ålandais voteraient pour le maintien de la région au sein de la Finlande..

Ålandais hors d'Åland La citoyenneté régionale est liée à la résidence : celui qui quitte durablement l'archipel la perd au bout de cinq ans, à moins d'y revenir s'installer avant ce terme.. Fin 2023, des détenteurs résidaient néanmoins hors de la région.

Le départ des natifs est continu. En 2023, 734 personnes ont quitté Åland, dont près de 300 y étaient nées, tandis que sur les 917 arrivées, environ 200 étaient des natifs de retour. Du seul fait des migrations, le nombre d'habitants nés dans l'archipel a diminué de 80 personnes au cours de l'année, alors que celui des habitants nés ailleurs augmentait de 270..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Åland Citoyenneté ålandaise Suédois en Finlande Crise des îles Åland

Catégorie:Groupe ethnique en Finlande Catégorie:Groupe ethnique en Europe Catégorie:Åland