Sylvain Bouley est un planétologue français, professeur des universités à l’Université Paris-Saclay travaillant au laboratoire GEOPS – Géosciences Paris-SaclaySite du laboratoire: . Spécialiste des surfaces planétaires (principalement celle de Mars), des cratères d’impact et de l’impactisme, il a été membre junior de l’Institut Universitaire de France (IUF) et est très engagé dans la diffusion des connaissancesAnnonce de la nomination à l’IUF: en particulier dans le cadre de la Société astronomique de France dont il a été le président, et avec une forte implication en Afrique. Depuis 2020 il tient la chronique mensuelle Ciel d’Afrique sur RFIPodcast de la chronique: .

Biographie

Astronome amateur depuis l’enfance dans le cade de l’Uranoscope d’Île-de-France., il se réoriente vers les sciences de la Terre et de l’Univers après une formation initiale en ingénierie (conception de télescopes). Il obtient en 2006 un Master en Géosciences/Géophysique de l’ENS Paris puis effectue un doctorat en planétologie au sein du laboratoire IDES dans l’équipe Géomorphologie Planétaire. Le , il défend sa thèse de doctorat en géologie martienne et planétologie (Université Paris-Sud / Paris-Saclay) intitulée « Morphologie et datation des vallées fluviales anciennes sur Mars » sous la direction de Nicolas Mangold et Véronique Ansan. En 2017, il défend son Habilitation à diriger des recherches (HDR) intitulée Flux d’impact présent et passé, application à la géologie planétaire.

Après un postdoctorat à l’Institut de physique du globe de Paris (2009-2010) puis à l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphémérides (IMCCE) de l’Observatoire de Paris (2010-2012), il est recruté en 2012 à l’Université Paris-Sud en tant que maître de conférences (section 39) au sein de l’UMR IDES. Il est nommé professeur des universités (section 35) au sein de l’UMR GEOPS en 2020.

Il enseigne principalement la planétologie, les sciences de la Terre et la géologie planétaire et prend diverses responsabilités dans le cadre de son université. En 2004, il devient vice-président Recherche du Département des Sciences de la Terre de l’UFR des Sciences de l’Université Paris-Saclay puis directeur adjoint du laboratoire GEOPS depuis septembre 2025..

En 2020, il est nommé membre junior de l’Institut Universitaire de France et s’investit activement dans le développement de la science participative et la diffusion des connaissance, en particulier dans le cadre de la Société astronomique de France dont il assure la présidence de 2021 à 2025.

Recherche

Ses travaux combinent géologie planétaire, géomorphologie et étude des processus d’impact. Ils visent à retracer l’histoire géologique des corps du Système solaire et à améliorer les méthodes de datation par comptage de cratères et combinent géomorphologie, géodynamique, télédétection, minéralogie, tectonique et volcanisme.

Il se concentre actuellement sur l’étude de l’histoire géologique primitive de Mars et l’étude du flux interplanétaire sur Terre.

Mars Son axe de recherche principal vise à retracer l’histoire primitive de Mars en comprenant les effets de la formation des bassins d’impact et des édifices volcaniques sur la croûte et la surface martienne afin de mieux comprendre l’origine de la dichotomie, de la formation de la croûte et de l’évolution du paléoclimat martien.

En 2016, son étude du dôme de Tharsis avec David Baratoux a transformé la vision de l’évolution précoce de la planète rouge. Il montre en effet que ce gigantesque dôme volcanique s’est formé tardivement, provoquant un basculement vrai de Mars (réorientation de la croûte et du manteau) il y a 3 à d’années . Il s’intéresse ensuite à la formation de ce dôme et démontre que la tectonique associée à son développement a joué un rôle majeur dans la distribution des vallées fluviales et que le volcan Olympus Mons situé sur le dôme de Tharsis était une île volcanique géante entourée d’un océan d’eau liquide à la fin du Noachien Hildenbrand et al., A giant volcanic island in an early Martian Ocean? Earth and Planetary Science Letters, 619, article id. 118302 (2023)..

Il met en évidence un bloc crustal baptisé Terra Cimmeria/Sirenum dans les terrains de l’hémisphère sud. Il défend l’hypothèse selon laquelle cette structure homogène de croûte d'une épaisseur dépassant est analogue d’une croûte terrestre différenciée, correspondant probablement à la partie la plus ancienne de la croûte martienne. Cela le mène à rechercher la région martienne dont pourrait provenir de la météorite Black Beauty (NWA 7034), plus ancienne roche d’origine martienne connue, c'est-à-dire à identifier parmi les cratères d’impact martiens les plus récents celui qui est susceptible d’avoir éjecté un fragment de croûte vers la Terre. Il démontre ainsi que la météorite est issue du cratère Karratha, situé en bordure de la région de Terra Cimmeria-Sirenum. Il démontre ensuite que cette météorite constituée de quartz est la preuve de la formation de roches granitiques et d’une croûte évoluée durant les 100 premiers millions d’années de l’histoire de la planète Mars Malarewicz et al., Evidence for pre-Noachian granitic rocks on Mars from quartz in meteorite NWA 7533, Nature Geoscience 18, pp. 207–212 (2025)..

Flux interplanétaire sur Terre

Dans le cadre du programme FRIPON, il a démontré que la distribution des météores est bimodale, avec une population cométaire et une population de la ceinture principale.

Sciences participatives

Depuis 2014, il s’implique dans la mise en place et le fonctionnement du réseau de détection de météoroïdes FRIPON (Fireball Recovery and InterPlanetary Network) en tant que co-responsable ainsi que dans le programme de science participative Vigie-Ciel qui a pour objectif de mieux comprendre l’origine des météores et météorites. Ces deux projets, qui fonctionnent en phase, souhaitent raviver la fascination qu’exercent sur beaucoup d’entre nous tant les étoiles filantes que des pierres tombées du ciel. Le réseau d’observation FRIPON a permis de détecter 19000 bolides, a lancé une vingtaine d’alertes de chute de météorite en France et a participé à la découverte de 6 météorites (2 en France, 2 en Italie, une en Allemagne et une en Angleterre).

C’est dans ce cadre que Sylvain Bouley participe à la découverte de la météorite de Saint-Pierre-le-Viger associée à l’astéroïde 2023 CX1, tombée le et retrouvée le 15 février. lors d’une battue coordonnée par FRIPON/Vigie-Ciel. C’est probablement le plus grand succès de FRIPON/Vigie-ciel. Cette météorite est la troisième dans l’histoire à avoir été détectée dans l’espace avant son entrée atmosphérique. Cela lui permet de montrer qu’une fragmentation catastrophique à quelques 28 km d’altitude peut concentrer l’essentiel de l’énergie et produire une onde de choc plus dangereuse pour le sol, impliquant des ajustements des stratégies de défense planétaireEgal, A, et al., Catastrophic disruption of asteroid 2023 CX1 and implications for planetary defense, Nature Astronomy 9, pp. 1624–1637 (2025). .

Prix et distinctions

2023 : Nommé par le président Macky Sall Officier de l’Ordre national du Lion du Sénégal..

2020 : Membre junior de l’Institut Universitaire de France.

Hommages

2020 : L'astéroïde (275786) Bouley a été nommé en son honneur, reconnaissant son engagement scientifique et de vulgarisation au sein de la Société Astronomique de France.

Société astronomique de France

Après avoir rejoint la Société astronomique de France, il en devient président de 2021 à 2025. Il succède à Patrick Barradeau et est remplacé par Roland Lehoucq dont il est actuellement le vice-président. Il impulse de nombreux projets afin de dynamiser et rajeunir la société grâce à plusieurs initiatives :

Mise en place de la commission éducationPage éducation de la SAF: . S’adressant à tous les publics (jeunes, médiateurs, amateurs, publics empêchés, loisirs, éducation nationale, enseignement supérieur), elle centralise de nombreuses actions à caractère éducatif (animations, ateliers, observations, conférences, cours, expositions, projets participatifs, élaboration de contenus, rencontres chercheurs-citoyens, etc…).

Organisation de la Journée des métiers de l’astronomiePage de la Journée des métiers de SAF: . Destiné aux collégiens, lycéens et étudiants, elle se tient en ligne en direct sur la chaîne Youtube de la Société astronomique de France. Les intervenants (ingénieur, chercheur, doctorant, vulgarisateur scientifique, journaliste,…) présentent les nombreuses facettes des métiers liés à l’astronomie.

Soutien à l’organisation de stages de 3ème en collaboration avec l’Observatoire de ParisStage de collège sur le site de l’Observatoire de Paris .

Organisation de webinaires destinés aux jeunes chercheurs en collaboration avec la SF2A (Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique) et l’INSU (Institut National des Sciences de l’Univers) du CNRS.

Création du prix de la médiation scientifique Camille Flammarion..

Création de la Commission Jeunes (CJS). Projet phare destinée aux 11-25 ans, elle propose des activités sur Discord (exposés, échanges, invitations d’experts) pour attirer et former une nouvelle générationCommission Jeunes de la SAF: .

Projet Younivers et pour la chaine youtube astr-ados. Concours vidéo internationalPour les lauréats depuis la création: pour les jeunes.

L’Astronomie Afrique. Lancement et direction de publication de ce webmagazine trimestriel gratuit dédié au public francophone africainSite du magazine: .

Diffusion des connaissances et popularisation de l’astronomie Il s’investit activement dans la diffusion des connaissances, à travers de nombreuses conférences en particulier au Festival d’astronomie de Fleurance dont il est un des participants réguliers. Il avoue avoir été fortement inspiré par Camille FlammarionVoir l’émission du 02/06/2025 sur RFI , Comment Camille Flammarion nous a appris à regarder le ciel? . et a même écrit une conférenceConférence du au Festival d'astronomie de Fleurance: dans laquelle il se glisse dans sa peau et son costume pour parler de ce que l’on savait de Mars à la fin du XIXe siècle.

Il a initié plusieurs événements afin de rendre l’astronomie plus populaire, en l’amenant dans les rues comme avec On the Moon Again et sur les réseaux comme avec le Marathon lunaire.

Il intervient régulièrement sur les ondes pour traiter des questions autour de la Lune, Mars, les astéroïdes et météorites, lors de la Nuit des étoiles ou la popularisation de l’Astronomie.

On the Moon Again

Afin de célébrer le 50ème anniversaire du premier pas d’un humain sur la Lune, il imagine en 2019 un évènement mondial et collaboratif. On the Moon AgainVoir le site de l’événement: . propose au grand public de se réapproprier notre satellite de manière ludique avec une recette simple: inviter les possesseurs de télescopes à sortir dans la rue pour faire observer notre satellite au grand public. Organisé avec Jean-Philippe Uzan, Élodie Chabrol, David Baratoux, Brigitte Zanda et Luc Labenne, il obtient un large soutien., en particulier de plusieurs Prix Nobel (Michel Mayor, John Mather, Arno Penzias, Adam Riess, George Smoot, Joseph Taylor), d’astronautes (Jean-Francois Clervoy , Claudie Haigneré, Michel Tognini) et de nombreux astrophysiciens (dont Nabila Aghanim, Steven Balbus, Françoise Combes, Claire Moutou, Martin Rees , Hubert Reeves, Simon White).

L’opération est un succès mondial, suivie par 77 pays et plus de 1335 sites d’observation dans le monde pour sa première éditionVoir le site de l’édition 2019: .. Sylvain Bouley coordonne depuis lors cet événement devenu annuel et qui a permis à plusieurs centaines de milliers de personnes dans près de 80 pays de découvrir la Lune dans un télescope.