vignette|gauche|upright|Ambassade du Burkina Faso à Washington. L'expression burkinabè aux Etats-Unis désigne les personnes nées au Burkina Faso ou d'origine burkinabè qui vivent aux États-Unis. Cette communauté s’est formée dans le cadre de mouvements migratoires liés au rôle historique du Burkina Faso comme pays d’émigration de main-d’œuvre en Afrique de l'Ouest, puis à la diversification des destinations migratoires vers d’autres continents. La majeure partie de la migration burkinabè est longtemps restée concentrée en Afrique. Des flux migratoires plus modestes vers vers l'Amérique du Nord (Canada et États-Unis), se sont toutefois développés à partir de la fin du et du début du . Ils sont principalement liés aux études supérieures, aux possibilités d’emploi et au regroupement familial. Ces migrants établis aux États-Unis entretiennent généralement des liens avec le Burkina Faso par l’intermédiaire d’associations communautaires, d’activités culturelles et de réseaux de transferts de fonds.

Histoire vignette|300x300px| Masque de crocodile mâle du peuple Nuna du sud de Boromo, début du , exposé au Chazen Museum of Art de Madison Les migrations en provenance du Burkina Faso actuel s'inscrivent dans des formes de mobilité anciennes, façonnés par les systèmes coloniaux de recrutement de main-d’œuvre puis par l’essor des migrations intercontinentales. Durant la période coloniale française, le territoire de la Haute-Volta est devenu une importante région de départ de travailleurs migrants. Les autorités coloniales comptaient sur sa population pour le recrutement de main-d'œuvre, dirigeant les travailleurs principalement vers les zones agricoles de la Côte de l'Or (actuel Ghana), puis vers la Côte d'Ivoire. Ces déplacements ont donné naissance à d’importants réseaux migratoires régionaux, qui ont constitué l’essentiel des mobilités depuis la Haute-Volta durant la première moitié du .

Ces systèmes migratoires coloniaux étant essentiellement intra-africains, les migrations vers les pays d’outre-mer sont restées limitées durant cette période. Les migrations intercontinentales se sont surtout développées après l'indépendance en 1960, lorsque les ralentissements économiques, la diminution des opportunités régionales et l'élévation du niveau d’instruction ont encouragé les migrants à chercher des destinations hors d'Afrique. Les chercheurs notent que les destinations migratoires se sont progressivement déplacées « de l’intérieur vers l’extérieur du continent », avec des flux croissants vers l'Europe et l'Amérique du Nord soutenus par l’éducation, les transports et les réseaux de la diaspora.

À partir de la fin du , les migrations burkinabè se sont diversifiées au-delà des corridors traditionnels d'Afrique de l'Ouest. Un nombre plus restreint de migrants s’est dirigé vers l’Amérique du Nord, notamment les États-Unis, principalement en tant qu'étudiants, professionnels qualifiés ou dans le cadre du regroupement familial. Ces mouvements reflétaient une dynamique migratoire africaine plus large dans laquelle l'enseignement supérieur à l'étranger, la demande de main-d'œuvre dans les pays d’accueil et les effets de réseau ont contribué à la formation de nouvelles communautés de la diaspora.

Au , la migration vers l'Amérique du Nord est restée relativement faible, mais elles sont de plus en plus liées aux parcours éducatifs. De nombreux Burkinabè arrivent d’abord aux États-Unis en tant qu’étudiants, puis cherchent à y travailler et à s’y établir durablement. La maîtrise de l’anglais facilite leur parcours universitaire et leur insertion professionnelle. Les communautés burkinabè établies aux États-Unis entretiennent des liens avec le Burkina Faso par les transferts de fonds, les réseaux professionnels et les associations communautaires. Cette évolution marque le passage de migrations de travail principalement régionales à des mobilités intercontinentales davantage liées aux études, aux perspectives professionnelles et au développement des réseaux de diaspora. vignette|Commerces ouest-africains dans la Rue à Harlem. Certains migrants burkinabè aux États-Unis se sont installés au sein de communautés ouest-africaines francophones déjà constituées, notamment dans le quartier nommé « » de Harlem. Ce quartier s'est développé comme un centre pour les migrants francophones du Sénégal et des pays voisins, dont le Burkina Faso. Les liens linguistiques et culturels communs ont facilité l’accès au logement, à l’emploi et aux réseaux d’entraide pour les nouveaux arrivants.

Organisations socioculturelles Les communautés burkinabè aux États-Unis ont créé des organisations socioculturelles et professionnelles consacrées à l’entraide, à la préservation de la culture burkinabè et au maintien de liens avec le Burkina Faso. Il s’agit de réseaux étudiants, d’associations de la diaspora et de groupes communautaires locaux qui organisent des événements culturels, des programmes de mentorat et des activités de collecte de fonds.

Le Réseau des étudiants burkinabè (RE Burkina), fondé en 2017, regroupe des étudiants originaires du Burkina Faso poursuivant leurs études aux États-Unis. Il propose un accompagnement universitaire et des activités favorisant les échanges entre étudiants. L’ Union de la diaspora burkinabè des États-Unis (UDB-USA) est une organisation à but non lucratif qui œuvre au renforcement de la solidarité entre les membres de la diaspora et à leur intégration socioprofessionnelle. De leur côté, des initiatives communautaires telles que BurkinaBe In Action (BBIA) promeuvent la sensibilisation culturelle et le réseautage professionnel.

En plus des initiatives nationales, des associations locales sont présentes dans des villes telles que Washington, DC, New York, New Jersey et Houston. Elles organisent des activités culturelles et apportent un soutien aux nouveaux arrivants. Ces organisations contribuent à maintenir les liens entre la diaspora et le Burkina Faso par les activités communautaires, les transferts de fonds et les projets de développement menés en lien avec le pays.

En 2023, la diaspora burkinabè aux États-Unis a apporté un soutien financier à des initiatives au Burkina Faso dans le cadre de campagnes de collecte de fonds coordonnées. Une campagne lancée en fin 2022 a permis de réunir plus de 82 000 dollars américains, soit environ 48,6 millions de francs CFA. Les fonds ont été versés au Trésor public burkinabè afin de soutenir les efforts engagés au niveau national. La campagne a réuni des associations de la diaspora, des communautés religieuses, des ONG et des contributeurs individuels. Elle illustre le rôle des organisations burkinabè aux États-Unis dans les transferts de fonds et la mise en œuvre d’actions collectives en faveur du Burkina Faso. Personnalités notables

Marie-Ange Somdah (née en 1959), poétesse et écrivaine Georgie Badiel (née en 1985), mannequin Ousseni Bouda (né en 2000), footballeur

Voir aussi Liste des ambassadeurs du Burkina Faso aux États-Unis L'immigration africaine aux États-Unis Diaspora burkinabè Relations entre le Burkina Faso et les États-Unis Diaspora africaine

Références

Catégorie:Diaspora africaine