La gare de Saint-Germain-des-Prés est une ancienne gare ferroviaire française de la ligne de Thiviers à Saint-Aulaire, située sur le territoire de la commune de Saint-Germain-des-Prés, dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine.
Elle est mise en service en 1898 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), lors de l'ouverture de la ligne de Thiviers à Saint-Aulaire, qui constitue alors une partie de la liaison ferroviaire entre Angoulême et Brive. Le service des voyageurs cesse en 1940. Le trafic des marchandises subsiste sur la section de Corgnac-sur-l'Isle à Excideuil jusqu'en 1986.
La ligne est ensuite déclassée sur cette section. L'ancien bâtiment voyageurs, toujours existant, est devenu une propriété privée. Une partie de l'ancienne voie ferrée est aujourd'hui utilisée par le vélorail du Périgord Vert.
Situation ferroviaire
Établie à d'altitude, la gare de Saint-Germain-des-Prés est située dans le quart nord-est du département de la Dordogne, sur l'ancienne ligne de Thiviers à Saint-Aulaire, sur la section comprise entre Corgnac-sur-l'Isle et Excideuil.
L'inventaire ferroviaire Massif Central Ferroviaire situe l'ancien bâtiment voyageurs au point kilométrique (PK) 476,668Massif Central Ferroviaire, « Saint Germain des Prés », inventaire des gares de passage, fiche relative à la commune de Saint-Germain-des-Prés, photographie du 31 août 2005, consulté le 27 août 2026.. Une autre base consacrée aux anciennes lignes françaises, Lignes oubliées, donne le PK 476,753Lignes oubliées, « Ligne de Thiviers à Saint-Aulaire », historique et relevé kilométrique de la ligne, consulté le 27 août 2026..
La gare se trouve entre celles de Corgnac-sur-l'Isle et d'Excideuil. À faible distance en direction de Corgnac, la ligne franchit la vallée du Ravillou sur le viaduc de Saint-Germain-des-Prés, situé au PK 476,080. En direction d'Excideuil, elle rejoint le tunnel d'Excideuil, répertorié au PK 479,000Massif Central Ferroviaire, « Corgnac-sur-l'Isle – Excideuil (Dordogne) », inventaire de la section ferroviaire, consulté le 27 août 2026..
La section Corgnac-sur-l'Isle–Excideuil, longue d'environ , était à voie unique, à écartement normal, non électrifiée, avec une déclivité maximale atteignant .
Histoire
Genèse de la ligne
La création de la voie ferrée desservant Saint-Germain-des-Prés s'inscrit dans le développement du réseau ferroviaire français de la seconde moitié du et dans le plan Freycinet.
La loi du 17 juillet 1879, dite loi Freycinet, classe parmi les lignes d'intérêt général à construire un itinéraire reliant la région de Nontron à celle de Sarlat, avec des raccordements permettant notamment de constituer une transversale entre Angoulême et Brive.
La ligne de Thiviers à Saint-Aulaire est déclarée d'utilité publique par la loi du « Loi qui déclare d'utilité publique l'établissement du chemin de fer de Thiviers à Saint-Aulaire », 28 juillet 1881, publiée au Journal officiel du et au Bulletin des lois de la République française,, ..
Une convention conclue le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans attribue définitivement la ligne à cette compagnie. Cette convention est approuvée par une loi du « Loi qui approuve la convention passée le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans », , publiée au Journal officiel du et au Bulletin des lois, , ..
La ligne constitue la partie orientale d'une liaison ferroviaire transversale reliant Angoulême à Brive par Thiviers, Excideuil et Saint-Aulaire. Elle complète à Thiviers la ligne venant de la région d'Angoulême.
Ouverture de la gare
La ligne de Thiviers à Saint-Aulaire est ouverte à l'exploitation par la Compagnie du Paris-Orléans le . La gare de Saint-Germain-des-Prés entre en service dans le cadre de cette ouverture.
Elle dessert alors cette commune rurale du nord-est de la Dordogne et s'insère dans le parcours des trains reliant notamment Thiviers, Excideuil et Saint-Aulaire, eux-mêmes intégrés à la relation ferroviaire Angoulême–Brive.
Les cartes postales éditées au début du témoignent de l'activité de la station. L'une d'elles, intitulée Saint-Germain-des-Prés (Dordogne) – La gare et le train, représente le bâtiment voyageurs, son quai, un train à vapeur à l'arrêt et plusieurs voyageursCarte postale ancienne « Saint-Germain-des-Prés (Dordogne) – La gare et le train », reproduite dans la collection documentaire CPArama, consultée le 27 août 2026..
D'autres cartes postales anciennes représentent le viaduc voisin, parfois lors du passage d'un train, dont une vue portant la légende Passage de l'Express. Ces documents constituent des témoignages iconographiques de l'exploitation de la ligne au début du .
De la Compagnie du Paris-Orléans à la SNCF
Lors de la création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), le , les installations de l'ancien réseau du Paris-Orléans sont intégrées au nouveau réseau national.
Le , le service régulier des voyageurs cesse sur la section Corgnac-sur-l'Isle – Excideuil, précédant de peu la fermeture au trafic voyageurs le pour l'intégralité de la ligne de Thiviers à Saint-AulaireJosé Banaudo, Trains Oubliés - Volume 3 : Le P.O. - Le Midi, éditions du Cabri, 1982 , ..
La disparition des trains de voyageurs ne provoque pas l'abandon immédiat de la voie. Le trafic des marchandises est maintenu pendant plusieurs décennies sur la section desservant Saint-Germain-des-Prés.
Fermeture au trafic des marchandises et déclassement
La section de Corgnac-sur-l'Isle à Excideuil est fermée au trafic des marchandises le .
La portion occidentale entre Thiviers et Corgnac demeure utilisée quelques années supplémentaires, avant la disparition complète du trafic commercial sur cette partie de l'ancienne ligne.
La section comprise entre les PK 464,570 et 482,618, de Thiviers à Excideuil et comprenant donc la gare de Saint-Germain-des-Prés, est officiellement déclassée le Décret du portant retranchement et déclassement de sections de lignes dépendant du réseau ferré national, publié au Journal officiel de la République française du , ..
Ce déclassement met fin à la vocation ferroviaire classique de la plateforme, mais une partie de la voie est conservée et connaîtra ultérieurement une reconversion touristique.
Bâtiment voyageurs
L'ancien bâtiment voyageurs de Saint-Germain-des-Prés est toujours conservé.
L'inventaire réalisé par Massif Central Ferroviaire le documente notamment par une photographie prise le . La légende précise alors que « l'ancien BV » est « devenu propriété privée ».
Le bâtiment est implanté le long de l'ancienne plateforme ferroviaire et conserve la volumétrie générale visible sur les cartes postales anciennes représentant la gare durant son exploitation.
Contrairement à une partie de la voie ferrée, reconvertie pour un usage touristique, le bâtiment voyageurs ne constitue plus une installation ferroviaire ouverte au public.
Ouvrages ferroviaires voisins
La gare de Saint-Germain-des-Prés est située dans une portion de la ligne caractérisée par plusieurs ouvrages d'art importants.
Viaduc de Saint-Germain-des-Prés
vignette|Le viaduc de Saint-Germain-des-Prés, sur l'ancienne ligne de Thiviers à Saint-Aulaire.
À proximité immédiate de la gare, en direction de Corgnac-sur-l'Isle, la ligne franchit la vallée du Ravillou par le viaduc de Saint-Germain-des-Prés.
Situé au PK 476,080, l'ouvrage mesure environ de longueur. Il est constitué de neuf arches de Massif Central Ferroviaire, « Viaduc de Saint Germain des Prés », inventaire des ouvrages d'art ferroviaires, consulté le ..
Sa construction s'étend de 1890 à 1892, plusieurs années avant l'ouverture commerciale de la ligne. L'ouvrage est établi pour une seule voie et se trouve sur une section présentant une rampe pouvant atteindre .
Une arche du viaduc est endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être réparée.
Le viaduc est conservé après la fermeture de la ligne et fait aujourd'hui partie du parcours utilisé par le vélorail du Périgord Vert.
Tunnel d'Excideuil
En poursuivant vers Excideuil, la voie rejoint l'ancien tunnel d'Excideuil, également connu localement comme l'. L'ouvrage est répertorié aux environs du PK 479,000.
Le tunnel présente aujourd'hui un intérêt écologique important en raison de la présence de plusieurs espèces de chauves-souris. Il est inclus dans le site Natura 2000 « Tunnel d'Excideuil », partagé entre les communes de Clermont-d'Excideuil et Saint-Germain-des-Prés.
Le site constitue notamment un lieu d'hibernation ou de reproduction pour plusieurs espèces protégées, dont le Grand Murin, et est identifié à la fois comme zone spéciale de conservation du réseau Natura 2000 et comme zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristiqueDocuments officiels relatifs au site Natura 2000 FR7200807 « Tunnel d'Excideuil » et à la ZNIEFF « Ancien tunnel de la Gravetine », services de l'État en Dordogne et documents de planification du Périgord Vert, consultés le ..
La présence des chiroptères a conduit à limiter l'utilisation touristique de cette partie de l'ancienne voie ferrée.
Reconversion en vélorail
Après la fermeture et le déclassement de la ligne, une partie des rails est conservée dans le cadre d'un projet de tourisme ferroviaire.
Le vélorail du Périgord Vert commence son activité en 2004 à partir de l'ancienne gare de Corgnac-sur-l'Isle. Le premier parcours relie Corgnac au secteur de Chatignolles avec une dizaine de vélorailsCommune d'Eyzerac, « Le Vélo Rail du Périgord Vert », Reflets d'Eyzerac, bulletin municipal, 2017..
En 2006, le parcours est prolongé de Corgnac jusqu'à Saint-Germain-des-Prés. Cette extension permet notamment de parcourir la section comprenant le viaduc de Saint-Germain-des-Prés.
Un prolongement vers Excideuil intervient ensuite en 2009. L'utilisation du tunnel est cependant interrompue en 2010 en raison de la protection de la colonie de chauves-souris qui l'occupe.
En 2013, l'association exploitant le vélorail acquiert auprès de Réseau ferré de France environ d'ancienne voie ferrée entre le secteur d'Excideuil et celui de Thiviers.
Le parcours touristique actuel dessert le secteur de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Andrieux depuis Corgnac-sur-l'Isle et emprunte le viaduc. Les anciennes gares rencontrées le long du parcours sont des propriétés privéesFédération des vélos-rails de France, fiche « Vélorail du Périgord Vert », consultée le ..
Cette reconversion a permis le maintien physique d'une partie de l'infrastructure ferroviaire, plusieurs décennies après la disparition des circulations commerciales.
Mémoire de la gare
L'ancienne vocation ferroviaire du secteur subsiste dans la toponymie locale.
Dans le cadre de la normalisation des adresses de la commune, le conseil municipal de Saint-Germain-des-Prés approuve le la création ou l'officialisation de plusieurs noms de voies, parmi lesquels le Conseil municipal de Saint-Germain-des-Prés, compte rendu de la séance du , dénomination des voies dans le cadre de l'adressage communal...
La commune rappelle également dans sa présentation historique le passage de l'ancienne relation ferroviaire Angoulême–Brive, ainsi que la présence du viaduc, du tunnel et la reconversion d'une partie de la ligne en vélorailCommune de Saint-Germain-des-Prés, « Présentation de la commune », site officiel municipal, consulté le ..
Iconographie
Plusieurs documents photographiques permettent de suivre l'évolution du site : des cartes postales anciennes représentent la gare en exploitation avec son bâtiment voyageurs, son quai et des trains à vapeur ; plusieurs cartes postales montrent le viaduc de Saint-Germain-des-Prés, dont une vue intitulée « Passage de l'Express » ; une carte postale de l'éditeur Combier documente encore le viaduc au milieu du ;