La Société textile de Kisangani (Sotexki) est une société textile publique congolaise basée à Kisangani, dans la province de la Tshopo en république démocratique du Congo. Inaugurée le 24 novembre 1974 par le Maréchal Mobutu Sese Seko, elle a été pendant 15 ans la plus grande usine textile du Zaïre et le premier employeur industriel du nord-est du pays, surnommée « la Gécamines de la Grande Orientale ».

Historique Origines Une première filature existe dès 1963 à Kisangani (200 employés, /an). Elle ferme après la rébellion Simba de 1964. Pour relancer la Grande Orientale et valoriser le coton du Bas-Uélé, l'État zaïrois crée la Sotexki en 1971.

Âge d'or (1974-1988) Au démarrage : travailleurs, 1,5 million de mètres. Grâce à la politique d'authenticité et à l'interdiction d'importation de pagnes, elle atteint en 1988 son record absolu : travailleurs pour 17,8 millions de mètres linéaires. Elle habille tout le pays.

Déclin (1991-2015) 1991-1993 : pillages de Kisangani, vols, contrefaçon des dessins par des importateurs chinois et hollandais. 1996-2003 : guerres, coupure totale entre Kisangani et Kinshasa, plus de mazout ni de pièces. L'outil de production, après plus de 40 ans, est devenu vétuste et obsolète avec un faible rendement qui ne permet plus de supporter les charges d'exploitation.

En avril 2015, Radio Okapi annonce l'arrêt total. En 2021, production : avec 350 travailleurs.

Organisation et actionnariat Société d'économie mixte. Capital : 40% État congolais, 60% Texico SA. En juin 2025, une fausse rumeur sur les réseaux sociaux prétend que l'entreprise a été cédée à Joseph Kabila. Le ministre de l'Industrie dément formellement et précise que l'État va monter à 85% du capital.

Tutelle : Ministère de l'Industrie et Fonds de Promotion de l'Industrie (FPI).

Site industriel et production Site de 14 hectares au PK4 Route Buta. Trois ateliers : filature, tissage (métiers Picanol belges), impression. Centrale thermique propre de 2,5 MW qui consomme de mazout/jour.

Approvisionnement : coton de Buta (Bas-Uélé), Mambasa et Bunia (Ituri). Capacité théorique 12 M mètres/an. Production réelle 2021 : .

Produits emblématiques Pagne Maman Wagenia : avec les échafaudages et nasses des pêcheurs des Chutes de Wagenia. Pagne Tshopo Amani : colombe et carte de la Tshopo. Pagne Université de Kisangani : pour les cérémonies académiques. Uniformes FARDC, Police et scolaires.

Ces motifs sont copiés depuis 1995 par les usines d'outre-mer, cause principale de la faillite.

Cité Sotexki et rôle social

Comme la Gécamines, la Sotexki avait sa cité ouvrière à Makiso avec école primaire Sotexki, dispensaire, terrain de football et économat. À son apogée, vivaient indirectement de l'usine. Sa fermeture a provoqué l'exode des techniciens vers l'Angola et le Congo-Brazzaville.

Plan de relance 2022-2026

Plan stratégique de 17,5 millions USD adopté au Conseil des ministres du 9 septembre 2022.

Tranche 1 : 7,669 M$ déjà décaissés et audités pour réhabilitation. Tranche 2 : 5,6 M$ par le FPI pour machines neuves. Tranche 3 : solde Trésor Public pour atteindre 108 M mètres/an et produire du bazin riche.

Le député Theoveul Lotika élu de Kisangani plaide en avril 2026 pour une relance urgente. L'objectif est de réduire les importations de pagnes qui coûtent 20 M$ par an à la République démocratique du Congo.

Dans la culture populaire La Sotexki est citée dans la chanson rumba Kisangani Boyoma de l'orchestre Tropicana et dans les discours politiques comme symbole de la désindustrialisation. Le pagne Sotexki reste une dot de mariage traditionnelle chez les Topoke et Lokele.

Voir aussi

Références

Bibliographie Mandefu Yahisule, Kisangani : Identité et mémoire, L'Harmattan, 2010. Ministère de l'Industrie RDC, Plan Directeur d'Industrialisation 2021-2040, 2021.

Liens externes

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