The Golden Vision est un téléfilm britannique de type docufiction, réalisé par Ken Loach et diffusé pour la première fois le sur BBC1, dans le cadre de la série d'anthologie The Wednesday Play.. Écrit par Neville Smith et Gordon Honeycombe et produit par Tony Garnett, il mêle une intrigue jouée par des acteurs et des amateurs à des séquences documentaires consacrées à l'Everton FC, à ses joueurs et à ses supporters..
Le titre reprend le surnom de l'attaquant écossais Alex Young, l'une des principales figures d'Everton dans les années 1960. Le surnom « The Golden Vision » lui est attribué par l'ancien international nord-irlandais Danny Blanchflower.. Young apparaît dans le téléfilm sous sa propre identité et constitue le principal point de rencontre entre les séquences consacrées aux joueurs et celles qui décrivent la ferveur des supporters.
Synopsis
Le téléfilm suit plusieurs hommes issus des milieux populaires de Liverpool, supporters passionnés d'Everton. Leur vie familiale, leur travail et leurs obligations sociales sont constamment organisés autour du calendrier du club. Les rencontres de championnat, les déplacements et les discussions sur les joueurs prennent une place telle que naissances, mariages ou autres événements familiaux risquent de passer au second plan.
Une partie importante du récit accompagne les supporters lors d'un déplacement à Highbury, où Everton affronte l'Arsenal FC. Dans le même temps, l'un d'eux doit choisir entre suivre son équipe et retourner auprès de son épouse sur le point d'accoucher..
Ces scènes de fiction alternent avec des images de matchs, d'entraînement et de la vie interne du club, ainsi qu'avec des entretiens avec des joueurs d'Everton. La construction ne se limite donc pas à représenter les supporters : elle met en parallèle leur idéalisation du football avec les doutes et la pression ressentis par les professionnels eux-mêmes..
Production
Genèse et écriture
Neville Smith, acteur et auteur originaire de Liverpool, est lui-même supporter d'Everton. Selon les souvenirs de Ken Loach recueillis par l'Everton FC Heritage Society, Smith évoque régulièrement le club et Goodison Park auprès du réalisateur avant que les deux hommes n'envisagent une œuvre consacrée à la place d'Everton dans la vie de ses supporters..
Le projet est conçu dès l'origine comme une œuvre hybride, composée pour moitié environ de fiction consacrée aux supporters et pour moitié d'éléments documentaires portant sur le club et ses joueurs. Une première idée de téléfilm sur le football avait auparavant été envisagée par Tony Garnett avec Danny Blanchflower, avant le retrait de ce dernier. Smith développe ensuite le scénario, tandis que le journaliste et présentateur Gordon Honeycombe demeure crédité comme coauteur.
Le téléfilm est commandé pour The Wednesday Play, case de fiction de la BBC connue dans les années 1960 pour ses drames contemporains et sociaux. Pour Loach et Garnett, The Golden Vision s'inscrit dans la continuité de leur collaboration sur Cathy Come Home et In Two Minds, avant The Big Flame..
Tournage et distribution
Le tournage est réalisé en décors naturels pendant environ trois semaines. La production utilise notamment de véritables habitations de Norris Green, des lieux fréquentés par les supporters et les installations d'Everton. Le club autorise l'équipe à filmer à Goodison Park, dans les vestiaires et auprès de plusieurs joueurs.
Loach et son équipe recherchent une distribution ancrée dans la culture locale. Des acteurs professionnels sont associés à des comédiens de clubs ouvriers de Liverpool, à des amateurs et à de véritables supporters. Parmi eux figurent Bill Dean, Ken Jones, Joey Kaye et Johnny Gee. D'autres participants sont recrutés dans des clubs sociaux locaux ou parmi des employés de l'entreprise Littlewoods.
Cette méthode correspond au réalisme que Loach développe alors dans ses œuvres télévisées. Les archives du British Film Institute conservent notamment un carnet de travail du réalisateur daté de 1967-1968, à l'époque de The Golden Vision, dans lequel il réfléchit à une direction d'acteurs destinée à donner aux scènes l'impression de se produire pour la première fois..
Dimension documentaire
Les séquences documentaires donnent accès à l'environnement du club et à plusieurs de ses principales figures. Alex Young y occupe une place centrale, tandis que le capitaine Brian Labone, le gardien Gordon West, le défenseur Ray Wilson et l'entraîneur Harry Catterick apparaissent également dans la partie consacrée au football professionnel..
Loach ne présente pas ces joueurs uniquement comme des idoles. Les entretiens portent également sur la pression du résultat et sur la difficulté, pour les professionnels, de conserver le plaisir de jouer. Le contraste avec la dévotion presque absolue des supporters constitue l'un des principaux ressorts de l'œuvre.
Le téléfilm comprend également des images de rencontres d'Everton contre Manchester City, Arsenal et Sheffield United, insérées entre les scènes de fiction.
Fiche technique
Titre original : The Golden Vision Réalisation : Ken Loach Scénario : Neville Smith et Gordon Honeycombe Production : Tony Garnett Photographie : Tony Imi Montage : Roy Watts Décors : Malcolm Middleton Société de production : BBC Pays de production : Langue originale : anglais Genre : docufiction, comédie dramatique Durée : 74 minutes. Première diffusion : : , sur BBC1
Distribution
Bill Dean : John Coyne Neville Smith : Vincent « Vince » Coyne Ken Jones : Joe Horrigan Joey Kaye : Brian Croft Johnny Gee : Syd Paisley Flora Manger : Annie Coyne Angela Small : Celia Horrigan Vera Gillan : Sylvia Croft Patricia Bush : Muriel Coyne Ian Doran : Johnny Coyne.
Plusieurs membres de l'Everton FC apparaissent sous leur propre identité dans les séquences documentaires, parmi lesquels Alex Young, Brian Labone, Gordon West, Ray Wilson et Harry Catterick.
Diffusion et réception
The Golden Vision est diffusé sur BBC1 le 17 avril 1968 dans The Wednesday Play. Le programme suscite dès le lendemain des réactions contrastées à Liverpool. Le député de Bootle Simon Mahon critique vivement la représentation des habitants de la région et annonce vouloir saisir le Postmaster General. À l'inverse, le président d'Everton Jack Sharp juge le programme divertissant et estime que sa partie documentaire donne au public un aperçu du fonctionnement du club.
Les réactions de personnalités d'Everton sont elles aussi partagées. Alex Young considère que le téléfilm s'adresse surtout aux connaisseurs du football et du club, tandis que Brian Labone estime que les supporters les plus excessifs représentés à l'écran ne sont pas représentatifs de l'ensemble du public. L'ancien buteur Dixie Dean se montre également réservé sur le portrait proposé des supporters.
Avec le temps, l'œuvre acquiert une réputation plus favorable comme témoignage sur la culture du football britannique des années 1960. En 2010, The Guardian l'intègre à une sélection de six documentaires consacrés au football et souligne son mélange inhabituel de séquences dramatiques et documentaires. Le British Film Institute l'inclut ensuite dans une sélection de dix grands films sur le football ainsi que dans une sélection de dix films marquants tournés ou situés à Liverpool.
Analyse et postérité
Le film est régulièrement étudié comme une étape de l'évolution du style de Ken Loach. BFI Screenonline rapproche The Golden Vision et The Big Flame de la maturation du naturalisme du réalisateur, qui trouve ensuite une expression majeure dans Kes. L'association de comédiens locaux, d'amateurs, de personnes jouant leur propre rôle et de scènes tournées dans des lieux réels contribue à effacer la frontière entre fiction et documentaire.
Le football y est présenté à la fois comme espace d'évasion, élément structurant de la vie collective et source d'identité. La ferveur des personnages ne concerne pas seulement les résultats sportifs : elle relie les générations, les familles, les lieux de sociabilité et la ville au club. Le BFI rapproche ainsi The Golden Vision de Looking for Eric, autre film de Loach consacré plusieurs décennies plus tard aux rapports entre vie quotidienne, supporters et idéalisation d'un footballeur.
L'œuvre constitue également un document important dans la mémoire culturelle d'Everton. Son titre a contribué à fixer durablement l'association entre Alex Young et son surnom de « Golden Vision » ; après la mort du joueur en 2017, la BBC et The Guardian rappellent tous deux le téléfilm comme l'un des témoignages les plus connus de la fascination exercée par Young sur les supporters du club..
Bibliographie
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Notes et références
Voir aussi
Everton Football Club Alex Young Supporter de football Cathy Come Home Ken Loach
Liens externes
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