Kesta Stypiotès (), parfois nommé Stypeiotès (Στυπειώτης) ou Stoupiotès (Στουπιώτης), est un général byzantin du , mort au combat le 14 septembre 883. Nommé domestique des Scholes sous le règne de Basile Ier le Macédonien, il commande une importante expédition contre les musulmans de Tarse, au cours de laquelle l'armée byzantine subit une lourde défaite et où il trouve la mort.

Biographie

Origines et nomination

Les origines de Kesta sont inconnues. Son nom a toutefois conduit à proposer une origine slave ou bulgare. Le nom « Stypiotès » pourrait constituer une indication géographique et désigner une origine à Stypion, l'actuelle Štip en Macédoine du Nord. Cette identification repose néanmoins essentiellement sur des considérations onomastiques et demeure hypothétique.

Les sources byzantines le désignent sous différentes formes. Théophane Continué emploie « Styppiôtès » (Στυππιώτης), Jean Skylitzès « Stypeiôtès » (Στυπειώτης) et la Chronique du Logothète « Stoupiôtès » (Στουπιώτης). Les sources arabes dépendant d'al-Tabari l'appellent à tort André (Andriyās), vraisemblablement par confusion avec son prédécesseur comme domestique des Scholes, André le Scythe.

Kesta porte la dignité de patrice et succède à André comme domestique des Scholes, ce qui fait de lui le principal commandant de l'armée impériale. Selon la tradition byzantine, André est destitué après avoir été accusé de ne pas avoir suffisamment exploité une victoire remportée contre les musulmans de Tarse.

La Chronique du Logothète donne cependant une autre explication à cette disgrâce, qu'elle rattache au conflit opposant Basile Ier à son fils, le futur Léon VI le Sage. Théodore Santabarenos, adversaire de Léon, aurait accusé André auprès de l'empereur de soutenir son fils et d'avoir participé à son prétendu complot. André aurait alors été remplacé par Kesta. La réalité de cette intervention de Santabarenos n'est toutefois pas établie et dépend de l'acceptation du récit de la chronique.

Campagne contre Tarse et mort

Après sa nomination, Kesta prend la tête d'une importante expédition dirigée contre l'émirat frontalier de Tarse. L'armée byzantine s'avance jusqu'à Chrysoboullon, où elle est surprise de nuit par les forces du gouverneur de Tarse, Yāzamān al-Khādim.

La bataille, datée précisément par al-Tabari du 14 septembre 883, se solde par une lourde défaite byzantine. Les sources arabes donnent des chiffres considérables : l'armée de Kesta aurait compté et, selon al-ʿAẓīmī, d'entre eux auraient été tués. Ces effectifs, caractéristiques des estimations très élevées transmises par les sources médiévales, ne peuvent être considérés comme certains.

Kesta est lui-même tué au cours de la bataille. Selon al-Tabari, quatre autres patrikioi l'assistent lors de l'affrontement. Les stratèges des thèmes de Cappadoce et des Anatoliques figurent également parmi les morts, tandis qu'un autre commandant byzantin, grièvement blessé, réussit à s'enfuir, 62.. Des prisonniers capturés à cette occasion pourraient avoir été libérés lors d'un échange organisé par Yāzamān en février 884, mais ce rapprochement reste hypothétique.

La défaite entraîne vraisemblablement le retour d'André le Scythe à la tête des Scholes. Si la chronologie donnée par la Chronique du Logothète reliant la nomination de Kesta à la disgrâce de Léon VI est exacte, la rupture entre celui-ci et Basile Ier doit donc être placée avant la campagne de Kesta, probablement dès l'été 883.

Postérité de la défaite

La défaite de Kesta reste présente dans la mémoire byzantine près d'un siècle plus tard. À l'occasion de la conquête de Tarse par Nicéphore II Phocas en 965, Jean Skylitzès rapporte que l'empereur remet à Sainte-Sophie plusieurs croix précieuses qui avaient été perdues lors de la destruction de l'armée de Stypiotès.

Ce récit trouve un parallèle dans les sources arabes : al-Tabari rapporte qu'après sa victoire de 883, Yāzamān s'empare de sept croix d'or et d'argent appartenant aux Byzantins, parmi lesquelles figure une grande croix ornée de pierres précieuses. La concordance des traditions byzantine et arabe sur ce point confirme l'importance du butin capturé à l'occasion de la défaite.

Notes et références

Bibliographie

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Catégorie:Domestique des Scholes Catégorie:Personnalité de l'Empire byzantin du IXe siècle Catégorie:Personnalité des guerres arabo-byzantines Catégorie:Décès en 883