La bataille de Bosra fut un affrontement prolongé et finalement indécis, livré au printemps de l'année 1147 durant la deuxième croisade, entre une armée croisée commandée par le roi et les forces turques de Damas dirigées par Mu'in ad-Din Unur, ce dernier étant soutenu par le contingent de Nur ad-Din venu de Mossoul et d'Alep.

Irrité par son suzerain de Damas, l'émir de Bosra et de Salkhad invita les croisés à occuper ces deux places fortes. Toutefois, avant que l'armée latine ne puisse prendre possession de Bosra, l'épouse de l'émir permit à une garnison damascène d'entrer dans la ville. Les croisés, dont le plan avait échoué, furent contraints de battre en retraite au cours d'une marche éprouvante en territoire ennemi. Les Turcs harcelèrent sans relâche la colonne en repli, sans toutefois parvenir à lui infliger une défaite.

Contexte Au printemps 1147, , émir de Bosra et de Salkhad, entra en conflit avec son supérieur direct, Mu'in ad-Din Unur, maître de Damas. Froissé, Altuntash s'allia aux croisés et accepta de leur livrer ses deux villes. Celles-ci étaient situées à environ au sud-est de Damas et distantes de l'une de l'autre. Bien que la prise de Bosra et de Salkhad impliquât la rupture d'un traité avec Damas et exposât au risque d'une résistance tant de l'armée damascène que de Nur ad-Din, le roi marcha avec son armée vers Bosra.

Bataille Peu après le début de la marche des croisés, l'armée damascène se présenta en force pour contrer leur progression. De nombreux soldats latins étaient impatients d'en découdre, mais la prudence l'emporta. Postant des gardes supplémentaires pour parer à une attaque surprise, l'armée établit son camp et y passa la nuit. Après un conseil de guerre le lendemain, et ses officiers décidèrent de poursuivre l'expédition vers Bosra à marche forcée. L'armée se déplaça en formation habituelle face à une armée d'archers à cheval turcs. Des dispositions furent prises pour contrer les attaques sur l'avant-garde, les flancs et l'arrière. Les fantassins croisés marchaient en formation serrée, les archers à pied prêts à riposter aux archers à cheval turcs et les lanciers prêts à repousser une attaque directe. .

Pendant quatre jours, les croisés progressèrent vers leur objectif, subissant sans relâche des tirs de flèches et des attaques de harcèlement. En outre, les soldats étaient tourmentés par la soif sous la chaleur estivale. À leur arrivée à Bosra, ils parvinrent à se procurer de l'eau et d'autres vivres. Toutefois, leurs espoirs furent anéantis lorsqu'ils découvrirent que l'épouse d'Altuntash avait introduit une garnison damascène dans la citadelle de la ville. Ne voulant pas risquer un siège à proximité d'une armée ennemie, choisit de battre en retraite.

Lors de leur marche de retour, les croisés souffrirent encore davantage de la chaleur, de la poussière et du harcèlement incessant des Turcs. Un jour, ces derniers mirent le feu aux broussailles sèches en amont du vent par rapport à l'armée en retraite, aggravant ainsi la détresse des troupes. Les croisés emportaient leurs morts et leurs blessés avec eux afin que leurs ennemis ne soient pas enhardis par leurs pertes. . Il était interdit de quitter les rangs sans autorisation mais une exception était prévue pour un chevalier à porter secours à un soldat sur le point d'être tué par un musulman.

Alors que les croisés approchaient de leurs propres territoires, les Turcs redoublèrent leurs attaques contre l'arrière-garde, tentant de l'isoler du reste de la troupe. Au moment critique, un Turc s'élança sans autorisation et tua un adversaire en combat singulier. Cet exploit consterna tellement les Damascènes et galvanisa les Francs que . En fin de compte, les Turcs ne parvinrent pas à empêcher l'armée des croisés de retraverser le Jourdain et de regagner en toute sécurité le royaume de Jérusalem. Ce combat en mouvement dura douze jours.

Conséquences La tentative de de s'emparer de Bosra et de Salkhad fut un échec stratégique et, peu après, Mu'in ad-Din Unur prit le contrôle de ces deux villes. La deuxième croisade se poursuivit, les opérations suivantes impliquant les croisés furent la seconde bataille de Dorylée fin 1147, le siège de Damas en 1148 et la bataille d'Inab en 1149.

Bibliographie . .

Références

Catégorie:Bataille du XIIe siècle Catégorie:1147 Catégorie:Période intermédiaire post 1re croisade