Germaine Guillé ( - ) est une syndicaliste française qui occupe différents postes de direction à la Confédération générale du travail (CGT), à la Fédération syndicale mondiale (FSM) et au Mouvement de la paix. Au sein de ces organisations, elle fait évoluer les conditions de travail des femmes. Elle participe aux négociations de paix au cours de la guerre froide.
Biographie Germaine Guillé naît à Saint-Bris-le-Vineux le de l'union de Lucrèce Jussot, couturière, et Auguste Pinon, vigneron.
Elle passe son certificat d'études puis déménage à Auxerre pour suivre des cours de sténodactylographie et travailler dans un cabinet de notaire. En 1927, elle se marie à Paris avec Paulin Guillé. En 1932, ils s'installent à Montmartre et ont deux enfants : Jeanine et Claude, qui meurt à l'âge de 22 ans.
En 1962, elle rejoint le Parti communiste suite aux attentats de l'Organisation de l'armée secrète à Paris. En 1965, elle tombe malade, et prend sa retraite en 1974.
Elle meurt le à Saint-Bris-le-Vineux.
La CGT Germaine Guillé est employée de bureau pour différentes entreprises parisiennes, et devient fromagère suite à la Seconde Guerre mondiale. Par l'entremise d'un livreur, elle devient secrétaire des Fermiers réunis et participe, en à la création d'un syndicat CGT dans l'entreprise.
Pendant la fin des années 1940 elle évolue au sein du milieu syndical jusqu'à devenir une des six secrétaires permanentes de la Fédération de l'alimentation, et trésorière adjointe en 1950. L'année suivante, elle est élue au bureau confédéral de la CGT en tant que non-communiste. Sa candidature est soutenue par Gaston Monmousseau.
Les femmes et les enfants : 1951-1957 Au bureau confédéral, elle est d'abord en charge des questions sociales relatives aux femmes et aux enfants. Sur ce poste, avec l'appui de plusieurs personnalités universitaires (dont Gustave Monod), Germaine Guillé organise une conférence nationale à la Sorbonne en pour venir en aide aux enfants. Une charte de l'enfance est adoptée et utilisée pour s'implanter dans les départements français. Une délégation intervient auprès du président Vincent Auriol pour défendre la charte. Une nouvelle conférence nationale pour l'enfance a lieu en 1955.
En 1952, elle organise la conférence internationale de l'enfance de Vienne. En 1953, le gouvernement refuse d'acheminer la collecte de la CGT (qui s'élève à plusieurs millions de francs) en soutien aux Hollandais victimes d'inondations. Germaine Guillé utilise alors les fonds pour organiser le séjour en France de 200 enfants.
Entre 1952 et 1955, elle co-dirige, avec Olga Tournade, La Revue des travailleuses. Son nom figure dans l'ours d'Antoinette jusqu'en 1970 mais elle ne dirige pas la publication.
En 1957, elle est envoyée par la CGT, aux côtés de Madeleine Colin, auprès des syndicats libres hongrois pour témoigner de l'actualité syndicale française.
Les relations internationales : 1957-1969 En 1957, elle prend en charge les relations internationales du bureau confédéral, un poste traditionnellement dévolu à un non-communiste. Elle y est précédée par Alain Le Léap et remplacée par René Duhamel.
Au nom de la CGT, Germaine Guillé entretient des relations avec l'URSS, la RDA, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Yougoslavie, l'Algérie et l'Indochine. Ses conseils diplomatiques permettent l'amitié entre la CGT et la Fédération générale du travail de Belgique.
En 1959, elle participe au comité des 110 personnalités pour la paix en Algérie organisé par le pasteur Voge à la salle Pleyel.
Elle quitte le bureau confédéral en 1969, pour des raisons de santé. De 1969 à 1974, elle représente la CGT au Conseil économique et social.
Autres engagements syndicaux La FSM Durant l'année 1955, elle organise la Conférence mondiale des travailleuses de Budapest mis en place par la Fédération syndicale mondiale. Elle est chargée, avec Louis Saillant et Madeleine Colin, d'associer les territoires d'outre-mer et l'Afrique à l'événement. À cause de la méconnaissance des conditions de travail des femmes dans ces régions, le travail de Germaine Guillé consiste d'abord à récolter des informations sur le statut des travailleuses et des syndicats, qu'elle diffuse ensuite à ses collègues de la FSM. Elle laisse derrière elle une correspondance importante avec les premières femmes syndicalistes d'Afrique comme Fatou Diarra et Émilie Ngo-Toum.
En , elle présente à la Conférence le rapport principal pour l'application effective de l'égalité salariale. Il est possible que la Conférence mondiale des travailleuses inspire la mise en place des conférences féminines en France par Germaine Guillé et Madeleine Colin.
En 1957, elle intègre le comité exécutif de la FSM et prend en charge les questions internationales. En 1961, elle participe à la conférence syndicale internationale pour la paix avec l'Allemagne.
En 1964, elle participe à la deuxième édition de la Conférence mondiale des travailleuses qui a lieu à Bucarest.
Le Mouvement de la paix En 1955, elle est élue au conseil national du Mouvement de la paix et participe à l'assemblée mondiale de la paix à Helsinki. En 1958, elle est élue membre du conseil mondial du Mouvement. En 1962, elle intervient au colloque national sur le désarmement général à Stockholm, puis est déléguée au congrès mondial pour le désarmement et la paix à Moscou.
En 1965, elle est présente au congrès mondial pour la paix à Helsinki. En 1967, elle assiste à la tribune des états généraux pour la paix au Vietnam.
Engagement contre la guerre froide Avec le Mouvement de la paix, la Fédération syndicale mondiale et la CGT elle milite pour le désarmement nucléaire de la France. Elle représente la CGT dans le comité temporaire contre la force de frappe et pour le désarmement général qui organise la manifestation parisienne du .
Elle s'oppose fermement à l'intervention américaine au Vietnam.
Notes et références
Articles connexes Teresa Noce Marcelle Dehareng
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