Hani Ramadan (en arabe هاني رمضان , en translittération DMG Hānī Ramaḍān), né le à Genève, est un intellectuel et prédicateur suisse de confession musulmane sunnite originaire d'Égypte.

Avec son frère Tariq Ramadan, il est l'un des fils de Saïd Ramadan et le petit-fils d'Hassan el-Banna, le fondateur en Égypte en 1928 des Frères musulmans.

Docteur ès lettres de l'université de Genève, il a enseigné de 1981 à 2003 avant d'être démis de ses fonctions à la suite de la publication d'un article dans lequel il défend le principe de la lapidation des hommes et des femmes adultères. Bien que la décision de licenciement ait été annulée par une commission de recours, il ne réintégrera pas son poste.

Directeur du centre islamique de Genève, Hani Ramadan est l'auteur de plusieurs livres et articles de presse concernant l'islam et sa doctrine, dont certains ont déclenché d'importantes polémiques.

Il est interdit de séjour sur le territoire français depuis .

Biographie

Hani Ramadan est né le à Genève. Il a suivi toute sa scolarité dans les écoles du canton de Genève.

Entré à l'université de Genève, il obtient successivement trois licences ès lettres: la première en littérature française moderne en (avec un mémoire sur Rimbaud), la deuxième en philosophie en 1983, et la troisième en arabe et islamologie en 1984. En 1990 il reçoit le titre de docteur ès lettres de cette même université, avec une thèse intitulée Une critique de l'argument ontologique dans la tradition cartésienne, sous la direction du futur cardinal Georges Cottier.

En 1981, il enseigne le français au cycle d'orientation de La Golette, dans la région de Genève, à des élèves âgés de 12 à 15 ans.

En 1983, il obtient la nationalité suisse par naturalisation.

Depuis les années 1980, Hani Ramadan tient des conférences au sujet de l'islam. Il publie également des livres sur l'islam, participe à des colloques, des forums et des rencontres interreligieuses.

En 1991, il publie le livre La femme en Islam où il décrit le rôle de la femme conformément à ses convictions religieuses.

En 1995, il reprend la place de son père décédé, en tant que directeur du centre islamique de Genève. Outre la gestion administrative de l'institution, Hani Ramadan exerce des activités d'imam, il y prononce des sermons et dirige des prières. Ses sermons sont publiés sur le site web de l'institution. Il exerce cette fonction à temps plein.

Début 2003, Hani Ramadan est licencié de son poste d'enseignant. Son employeur, le canton de Genève, estime que ses opinions affichées publiquement, ses écrits et son activité d'imam sont incompatibles avec les valeurs de laïcité ainsi que de neutralités politique et religieuse. Hani Ramadan fait recours contre cette décision et obtient gain de cause après une procédure qui dure deux ans. Son employeur se voit dans l'obligation de le réintégrer au collège de La Golette et lui verser deux années d'arriérées de salaire, il n'occupera cependant plus une place d'enseignant.

En 2004, il est la cible d'une enquête par les services de renseignements suisses, l’ « opération Memphis » qui fera un scandale révélé par Claude Covassi mais dont il ressort sans être inquiété.

En 2006, il est recruté par le centre de formation Shâtibî (librairie Tawhid) de Lyon, fondé en 1986 par l'Union des jeunes musulmans (UJM), comme responsable de travaux dirigés.

Il est marié et père de 3 enfants.

Licenciement de son poste d'enseignant

Hani Ramadan a été enseignant de français entre 1981 et 2002 au Cycle d’orientation de la Golette, situé à Meyrin dans la banlieue genevoise. Son ouvrage La Femme en Islam, dans lequel il explique la différence de statut des hommes et des femmes dans cette religion, parait en 1991 ; le contenu en est jugé discriminatoire par des collègues, en particulier femmes. En 1998, à la suite d'une présentation du livre dans le journal l'Hebdo, un grand hebdomadaire suisse romand, une pétition mettant en question la compatibilité de ses déclarations avec le devoir de réserve des enseignants, signée par une cinquantaine de collègues, est soumise à la présidente de la direction des écoles. Hani Ramadan estime que ses propos ont été déformés. Par ailleurs, ses élèves organisent une pétition en sa faveur et aucune suite n’est donnée, à l’exception d’un rappel au devoir de réserve. En 2000, une nouvelle polémique démarre dans les médias, à la suite d’un appel au djihad qu’il lance à l’occasion d'une manifestation qu’il codirige contre l’occupation israélienne. Hani Ramadan affirme que le djihad qu’il prône n’est en aucun cas violent, et que la presse a encore une fois trahi ses propos. Son employeur estime pour sa part qu’il a enfreint son devoir de réserve, mais ne juge pas nécessaire de donner suite.

Le , dans un article du journal le Monde intitulé « La Charia incomprise », Hani Ramadan défend la notion de droit islamique dont . Il fait référence à la lapidation en la présentant comme une mesure dissuasive pratiquement impossible à appliquer dans la réalité et facilement contournable mais légitimeCaroline Hayek, « Tariq Ramadan, le crépuscule d’une idole », lorientlejour.com, 3 novembre 2017.. . Il établit un parallèle avec le SIDA dont souffrent , en particulier les homosexuels, les personnes pratiquant l'adultère ou consommant de la drogue : ce sont des punitions imposées par Dieu à une humanité pécheresse, qu'il convient d'accepter, mais en montrant de la compassion pour la victimeLa Charia incomprise, Hani Ramadan.

Le Département de l'instruction publique (DIP) de Genève estime, sur avis du Conseil d’État, qu’il a enfreint l’obligation de réserve et de neutralité exigées des fonctionnaires et le démet de ses fonctionsDébat sur l'affaire, Tribune de Genève, 14.10.2002. Néanmoins, l’enquête ayant relevé qu’il « s’abstient de faire état de ses convictions religieuses directement devant ses élèves », la Commission de recours de l’instruction publique (CRIP) considère qu'il a exercé sa liberté d’expression en toute légalité, puisque dans un cadre sans lien direct avec sa fonction. Elle annule la décision de licenciement lors de deux jugements consécutifs, en 2004 et en 2005. Le gouvernement du canton de Genève, qui a refusé de tenir compte de la décision du Tribunal administratif en 2004, se voit en 2005 dans l’obligation de le réintégrer et de lui verser son salaire, y compris les sommes dues durant sa période de licenciement. Néanmoins, il n'est pas réaffecté à un poste d’enseignantLe Monde, 23.12.03.

Cible des services de renseignements suisses En 2004, la police genévoise enquête sur des liens éventuels entre le Centre islamique de Genève et l'islamisme radical« Affaire Claude Covassi: l’ex-informateur genevois est mort », Tribune de Genève, 10 février 2013.. À cette fin, les services secrets helvétiques parviennent à y infiltrer un agentLuc Hilly, « Suisse : les services secrets piégés par leur taupe », Libération, 3 juin 2006..

En 2006, celui-ci se dénonce, dégouté après sa conversion à l'islam, et accuse le Département fédéral de justice et police d’avoir voulu compromettre illégalement Hani Ramadan, directeur du centre. Il se réfugie au Caire d'où il accorde des entretiens à la presse et affirme avoir créé de

À la suite du scandale, la commission de gestion du parlement auditionne l'ex-espion à deux reprisesValérie Duby, « Les mémoires de «La taupe» bientôt publiées », 20minutes, 29 mars 2007. et après enquête réfute ses allégations. Toutefois, des « tuyaux » Cet ex-indic n'apporte aucune preuve et il est qualifié de falsificateur de talent. Il se rapproche ensuite de Thierry Meyssan« La "taupe" du centre islamique », La Tribune de Genève.. Hani Ramadan n'est en définitive pas inquiété dans l'affaire.

Thèses et polémiques

Sur l'Islam En 2002, Hani Ramadan publie dans le quotidien français Le Monde un article intitulé « La charia incomprise »Ian Hamel, Fornication et adultère ont créé le coronavirus, selon le frère de Tariq Ramadan, lepoint.fr, 22 mars 2020. Cet article provoque de très nombreuses et vives réactions dans la presse. Dans cet article, rédigé à la suite du tollé qu'ont soulevé les lapidations de deux femmes nigérianes en 2002, il explique qu'en Islam, la lapidation "a surtout une valeur dissuasive", que ses règles sont telles qu'elle est "pratiquement irréalisable à moins que le musulman choisisse d'avouer sa faute" et que "le Prophète lui-même faisait tout pour en repousser l'application". Il parle également du sida, qu'il suggère être une punition divine à l'encontre de comportements .

En , il crée la polémique pour des propos qu'il aurait tenus dans une école suisse sur les femmes : Dans un droit de réponse, Ramadan affirme que ses propos auraient cependant été déformés et explique qu'il utilise depuis longtemps cette « parabole », déjà publiée dans Le Temps en 2001Hani Ramadan, « Ce qu’Hani Ramadan dit de la femme », Le Temps, 22 juin 2016. :

Sur l'actualité ou complotistes Dans un texte intitulé « Vol d'organes palestiniens ? » du ., Hani Ramadan reprend un article du site internet d'Al-Manar, la chaîne de télévision du mouvement politique libanais Hezbollah, accusant l'État d'Israël de confisquer les cadavres des Palestiniens afin de faire commerce de leurs organes.

Hani Ramadan considère que la « Bernard Kouchner et la logique sioniste », haniramadan.blog.tdg.ch.. Il estime également que la politique israélienne vise à « Fait divers : trois Palestiniens tués à Gaza, trois autres grièvement blessés », haniramadan.blog.tdg.ch, 27 septembre 2009.. Enfin il pense que l'Europe est « Visages de l’imposture : l’Europe infiltrée par Tsahal », haniramadan.blog.tdg.ch, 23 octobre 2009..

Le site Conspiracy Watch rapporte que cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015 en France il explique sur son blogue que . Le lendemain il passe au questionnement rhétorique et s'efforce de suggérer, selon le site, que toute l'affaire serait une manipulation« Hani Ramadan sur les attentats : "Commençons par surveiller le Mossad" », Conspiracy Watch, 21 novembre 2015..

En , il s'indigne dans la Tribune de Genève du fait que les trois Américains qui ont maîtrisé le forcené dans la tentative d'attentat du Thalys, soient présentés comme des « héros » et qu'ils aient pu recevoir la Légion d'honneur., pendant que des gens subissent des drames quotidiens dans la guerre civile syrienne, et présente l'événement comme Son article initial ayant fait l'objet de critiques, Ramadan y répond par une tribune libre publiée dans Le TempsVous avez dit «théorie du complot» ?, Hani Ramadan, Le Temps, 2 septembre 2015.. Il y expose sa conviction qu'il existe bien depuis plus de trente ans un complot sioniste mis en place par Organisation sioniste mondiale (OSM) qui aurait pour objectif de porter préjudice au peuple syrien« Complotisme : Hani Ramadan persiste, signe… et s’enfonce », non signé, conspiracywatch.info, 2 septembre 2015., et cite l’extrait d’un article de la revue Kivounim, publiée par l’organisation sioniste mondiale, dans lequel on peut lire notamment que « l’éclatement de la Syrie et de l’Irak […] doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël ». Il s’agirait selon lui « d’un document historique irréfutable, qui met à jour une stratégie ».

Le Canard Enchaîné le qualifie de et relève ses propos du sur Twitter à la suite de l'attentat de Barcelone :

Accusations d'antisémitisme