Antonio Ghislieri, en religion Michele Ghislieri, né le à Bosco Marengo dans le Piémont et mort le à Rome, est le et donc pape de l’Église catholique, de 1566 à 1572., sous le nom de (en latin , en italien ).
Prêtre dominicain au service de la curie romaine et créé cardinal en 1557, il est surtout connu pour avoir fait appliquer dans l'Église catholique les réformes décidées par le concile de Trente. Canonisé en 1712, il est liturgiquement commémoré le .
Jeunesse et débuts Né dans une famille de paysans aisés, Antonio Ghislieri entre chez les dominicains à l'âge de 14 ans et est ordonné prêtre en 1528.Il reçoit le nom de frère Michel (Michele). Il enseigne la philosophie et la théologie pendant 16 ans au sein de son ordre religieux, et devient maître des novices.
En 1546, il entre au Saint-Office. Son activité à Côme et Bergame attire l'attention du cardinal Carafa, qui le nomme commissaire général de l'Inquisition à Rome en 1551. En 1555, le cardinal Carafa est élu pape et prend le nom de Paul IV.
En 1556, nomme le frère Michel évêque de et inquisiteur de la foi dans le Duché de Milan, alors possession espagnole.
En 1557, il est créé cardinal au titre de Santa Maria sopra Minerva créé à cette occasion par et est fait grand inquisiteur en 1558 par le même pape.
En 1559, il est transféré au diocèse de Mondovi. Il y mène une intense activité pastorale. Il lutte contre le duc Emmanuel-Philibert Ier, de Savoie, pour maintenir les privilèges de l'Église et protège l'Ordre des Barnabites, de fondation récente (1553).
Au Sacré Collège, il s'oppose vigoureusement, en vain, au successeur de , mort en 1559, le pape , qui entend y admettre le fils du grand-duc de Toscane, Ferdinand de Médicis, âgé d'à peine treize ans, ainsi qu'à l'empereur , qui, influencé par les idées luthériennes, veut autoriser le mariage des prêtres. Il tombe en disgrâce.
Pendant la troisième séance du concile de Trente (1562-1563), il reste fidèle au clan Carafa.
Pape thumb|left|. À la mort de , il est élu pape le à l'âge de 61 ans et couronné le 19. Le conclave a duré dix-huit jours.
L'austérité de vie du nouveau pape, religieux dominicainLe caractère austère du pape est visible même sur ses portraits officiels. contraste avec le tempérament jouisseur de plusieurs de ses prédécesseurs notamment , , , et . Refusant de porter de luxueuses étoffes, il tient à conserver son habit blanc de Dominicain (qu'adopteront ses successeurs).
Dès son élection, il s'emploie à réduire le luxe et la dissipation à la cour pontificale. Sa première cible est la collection de statues gréco-romaines du Belvédère, qu'il considère comme des idoles. Les statues sont cachées au public et les plus sensuelles transférées au Capitole.
Il décrète des peines qui « sanctionnaient la profanation du dimanche et des jours de fête, punissaient le concubinage ou le blasphème. Dès la première année de son pontificat, il posa la première pierre du Palais de l'Inquisition qui remplacerait celui que le peuple avait démoli au lendemain de la mort de ».
En 1566, fait réviser le procès institué par son prédécesseur, le pape , contre la famille de , la famille Carafa, dont plusieurs membres avaient été exécutés, les autres exilés ou frappés d'interdit. La sentence, estimée injuste, fut cassée et les Carafa furent réintégrés dans leurs titres et honneurs. Enfin, créa cardinal Antonio Carafa, l'un des neveux bannis de , en 1568.
De salute gregis Le , publie la Bulle De salute gregis Dominici interdisant formellement et pour toujours les courses de taureaux, et décrétant la peine d'excommunication immédiate contre tout catholique qui les autorise et y participe, ordonnant également le refus d'une sépulture religieuse aux catholiques qui pourraient mourir des suites d'une participation à quelque spectacle taurin que ce soit. Face aux réticences de , son successeur le Pape revient sur cette décision en 1575.
Extrait de De salute gregis Dominici, bulle de du Texte complet en français..
Réformes Il entreprend également de réformer la Curie romaine. Il modifie la daterie, chargée de la concession des bénéfices ecclésiastiques, et la Pénitencerie apostolique. En 1569, il met fin à la controverse sur la primauté de construction des deux basiliques du Latran et du Vatican en accordant ce titre à l'église du Latran.
Pour favoriser l'unité du monde catholique, il étend à toute l'Église latine l'usage d'un rite liturgique unique par la bulle Quo primum (1570). C'est la réforme voulue par le concile de Trente achevé en 1563Son nom reste attaché au « rite liturgique romain » qui sera celui de l'Église catholique jusqu'au concile Vatican II. Encore pratiqué aujourd'hui, il est connu comme étant la forme tridentine du rite romain.. Par cette décision, il ne crée pas un nouveau rite ; il rend obligatoire la célébration des sacrements selon le rite en usage à Rome depuis fort longtemps .. Auparavant, dans la même ligne réformatrice du concile de Trente, avait fait rédiger le Catéchisme romain et le bréviaire (1568). La messe tridentine est promulguée en 1570. Ces documents majeurs feront autorité jusqu'aux réformes liturgiques de en 1965. Il crée également en 1571 la congrégation de l'Index, dont la mission est de veiller à l'orthodoxie et au niveau moral des publications. Il réaffirme la primauté du pape face au pouvoir civil par la bulle In Cœna Domini.
Décidé à en finir avec l'anglicanisme, il excommunie en 1570 par la bulle Regnans in ExcelsisDécision sans effet concret qui renforce même la cohésion nationale autour de la souveraine.. Il surveille de près la politique religieuse des princes européens catholiques, notamment , proche des protestants et disposé à leur faire des concessions. Il met en garde la reine de France, Catherine de Médicis, contre l'entourage huguenot de son fils et soutient le duc d'Albe dans sa répression dans les Pays-Bas espagnols.
Il publie une Constitution contre les Juifs et les expulse de ses États, sauf de Rome, d'Ancône et du Comtat Venaissin par la bulle Hebraeorum gens..
À l'extérieur, s'efforce d'unir la Chrétienté contre les Turcs. La première année de son règne, il proclame un jubilé pour implorer de Dieu la victoire. Dans cette même optique, il soutint l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et les chrétiens de Hongrie. Cette entreprise va lui sourire : la Sainte Ligue qu'il a formée avec l'Espagne et la république de Venise remporte le la victoire navale de Lépante. Si la victoire peut être imputée à la supériorité technique écrasante de la flotte de Don Juan d'Autriche sur celle des Turcs, le pape l'attribue également à la dévotion au rosaire : ainsi la tradition catholique attribue la victoire de Lépante à la Vierge Marie, d'autant que le pape , connu pour sa piété mariale, avait appelé à un rosaire universel pour obtenir la victoire et qu'il en eut surnaturellement connaissance avant que la nouvelle ne fut parvenue à Rome. L'anniversaire de la bataille fut inscrit sous le nom de Notre Dame du Rosaire dans le calendrier liturgique romain ; par conséquent, il dédie le premier dimanche du mois d'octobre à la fête du rosaire, et ajoute « secours des chrétiens » à la litanie de Notre-Dame de Lorette. La victoire est fêtée dans les rues de Rome à la manière d'un triomphe antique.
Décès et canonisation vignette|Le Pape et les saintsThomas d'Aquin et Pierre martyrSebastiano Ricci, 1732-1733Église Sainte-Marie-du-Rosaire, Venise
meurt le de la maladie de la pierre.. Ses réformes ont engagé définitivement l'Église catholique sur la voie d'un redressement moral et de l'expansion missionnaire.
Un de ses plus proches collaborateurs, le cardinal Ugo Boncompagni est élu à sa succession et prend le nom de Grégoire XIII.
Le pape est béatifié par en 1672, le jour du centième anniversaire de sa mort, et canonisé par le . Sa commémoration liturgique est fixée au d’après le Martyrologe romain..
Succession apostolique Pie V a ordonné les évêques suivants. : Évêque Adriano Beretti, O.P. (1566) Cardinal Giovanni Francesco Gambara (1566) Cardinal Innico d'Avalos d'Aragona, O.S.Iacobi (1566) Cardinal Guglielmo Sirleto (1566)
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Histoire de la papauté L'université Saint-Pie-V à Rome porte son nom. Liste des cardinaux créés par L'Affaire Bernini (The Bernini Bust), un roman policier d'Iain Pears paru en 1992, évoquant un buste sculpté du pape par Le Bernin.
Bibliographie Charles Hirschauer, La politique de St en France (1566-1572). Choix de pièces des archives vaticanes précédé d'une étude sur les relations de Rome et de la France à la veille de la saint Barthélemy, Paris, Fontemoing & Cie, 1922. Nicole Lemaître, Saint , Fayard, Paris, 1994 . Philippe Verdin, Saint , le pape intempestif, Le Cerf, 2018, 218 p. Robin Anderson, St , TAN Books and Publishers, Inc., 1973-1978.
Liens externes
Message pour le centenaire de la naissance de saint (1 mai 2004) | - Vatican Saint - Infos sur le saint du jour - Vatican News Saint : le pape oublié qui avait pourtant nettoyé les écuries d’Augias du Vatican | Atlantico.fr Saint ou comment on réussit la réforme dans l’Église - Aleteia Messe de «saint », messe de - la-croix.com
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