Malmedy []. (en francique MalemderZesummegestallt vum Henri Leyder-Lëtzebuerger Marienkalender 1997-iwwerschaft 3/2011. ; en wallon Måmdey, prononcé [] ; en allemand Malmedy), parfois orthographié Malmédy, est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège.
C'est une commune francophone à facilités pour ses habitants germanophones (5 % de ses citoyens sont d'expression germanophone). Elle fait partie des communes des Cantons de l'Est définitivement rattachés à la Belgique le Itinéraire de la mémoire - Brochure de la Commune - directrice de publication Sandra DE TAEYE.. en exécution du traité de Versailles.
Malmedy est située au confluent de la Warche et de la Warchenne.
Étymologie Les premières formes attestées pour Malmedy sont Malmunderio (c. 648, 670, c. 681, 692), Malmundario (c. 650, 670) et Malmundarium (652/653). À noter ces formes du ne sont connues que dans un cartulaire du , mais rien ne porte à mettre en doute ces graphies.
Malmundarium restent par la suite les formes latines les plus courantes, « officielles, pourrait-on dire » (J. Vannérus).
L'explication populaire fait venir ce nom de l'expression a malo mundarum signifiait « [lieu] lavé/libéré du mal », les moines ayant purifié l'endroit en s'y installant.
De nombreuses théories plus développées ont été émises , mais les dernières recherches reviennent toujours à l'origine latine mal(um) (mauvais) -arium (suffixe), mais en donnant un sens différent : lieu nettoyé non pas du malin, du diable, mais lieu défriché.
Le terme a évolué pour donner Mâm'dî en wallon de la région, Malmedy en français.
En 1984, le collège communal a entériné la forme Malmedy comme unique et officielle au détriment de la forme Malmédy, longtemps en concurrence et parfois encore retrouvée dans d'autres régions de Belgique francophone. L'accent aurait été placé par des milieux intellectuels à la fin du par résistance aux tentatives d'acculturation germanique. Un arrêté royal de 1988 a officialisé l'orthographie sans accentArrêté royal du 24 juin 1988, Moniteur belge 6 juillet 1988, p. 9.839.
Géographie
Situation et géographie de la commune La commune de Malmedy qui s'étire du nord au sud depuis les Hautes Fagnes dans les environs immédiats de la Baraque Michel jusqu'aux forêts du sud de la localité de Pont est traversée par quatre cours d'eau principaux. Au nord, la Hoëgne naissante. Au centre, la Warche et la Warchenne qui se rejoignent à Malmedy. Au sud, l'Amblève qui arrose Ligneuville.
Aléas sismiques Dans les provinces de Liège, du Limbourg et du Hainaut, l'activité sismique est plus élevée que dans le reste du pays. Malmedy fait partie des communes qui se trouvent en zone 2, soit la zone la plus exposée aux tremblements de terre en Belgique (voir la carte de zonation sismique dans Plumier et Degée 2003Plumier et Degée 2003).
Le séisme de 1692 Le risque sismique et sa prévention en région wallonne, qui a touché la région de Verviers, est peut-être responsable des glissements de terrainimage glissement de terrain observés dans la vallée de la Warche à l'Est de Bévercé (au sud de la confluence avec le ruisseau de Trô Maret). Ces trois glissements de terrain affectant le Poudingue de Malmedy ont été découverts en , lors des levés de terrain liés à la révision de la carte géologiquehandle.net.
Une zone tectoniquement active (une ou plusieurs failles failles actives), qui borde les glissements de Bévercé, s'étend de Battice-Verviers-Hockai à Malmedy.
Sections et villages de la commune Trois sections (anciennes communes avant la fusion des communes de 1977) forment la commune actuelle : Bellevaux-Ligneuville occupe le sud de la commune actuelle, Bévercé le nord et Malmedy le centre.
Sections de commune # Nom Superf.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Malmédy 6,44 6.532 1.015 63049A 2 Bévercé 66,87 4.599 69 63049B 3 Bellevaux-Ligneuville 27,06 1.859 69 63049C
Villages et hameaux Ces trois sections comptent une trentaine de petits villages et hameaux :
section de Malmedy : Cligneval, Falize, Otaimont et Xhurdebise ; section de Bellevaux-Ligneuville : Bellevaux, Chevofosse, Cligneval, Lamonriville, Lasnenville, Ligneuville, Planche, Pont, Reculémont, Ronxhy et Warche ; section de Bévercé : Géromont, Arimont, Baugnez, Bernister, Boussire, Burnenville, Chôdes, Floriheid, G'doumont, Gohimont, Hédomont, Longfaye, Meiz, Mont, Préaiz, Winbomont et Xhoffraix.
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,21994101,11995102,61996103,11997104,11998105,31999106,22000107,02001108,12002109,42003109,82004111,22005111,82006113,52007114,02008114,62009115,22010116,72011117,32012118,42013118,22014118,42015118,92016119,22017120,02018121,52019122,32020122,82021122,72022123,42023123,82024124,32025124,72026124,5
Langues La ville de Malmedy est une ville majoritairement francophone, la quasi-totalité de sa population a le français comme langue maternelle.
Mais du fait de sa position géographique et de son histoire, Malmedy accorde beaucoup d'importance à la langue allemande, même si peu de personnes ont effectivement l'allemand comme langue maternelle.
Le wallon est la langue historique de la ville, cependant peu de personnes ne le parlent aujourd'hui. Il s'agit, la plupart du temps, de personnes âgées ayant la maitrise de cette langue. Le wallon reste cependant présent dans les chansons folkloriques du Cwarmê (Carnaval).
Histoire Principauté de Stavelot-Malmedy vignette|redresse=1.2|gauche|Monument aux victimes tuées à Malmedy lors de la guerre (1940-1945) et ancien monastère (). vignette|220px|redresse|gauche|La cathédrale Saints-Pierre-Paul-et-Quirin (1777). En ce qui concerne sa naissance et sa jeunesse, l'histoire de Malmedy se confond en grande partie avec celle de son abbaye.
La ville est fondée vers 648 par saint Remacle, originaire d'Aquitaine et prieur de l'abbaye de Solignac. Malmedy se développa dès c. 648 autour du cloître bénédictin érigé par saint Remacle. Ce monastère est associé à celui de Stavelot, que Remacle fonde à la même époque. On parle souvent de « monastère double », bien qu'il s'agisse de deux monastères d'hommes (Bède le Vénérable, dans un cas comme celui-ci, préfère parler de « monastères jumeaux pour hommes »).
Au , la population de Malmedy s'était accrue au point qu'il fallut une église paroissiale, Saint-Géréon, c'était en 1007. Jusqu'alors, on s'était contenté d'une absidiole de l'abbaye, la chapelle Saint-Laurent, et encore la Saint-Martin (« Evêuyes »).
Entre sa fondation et 1794, l'histoire de Malmedy se confond avec celle de la Principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy dont elle constitue un des deux pôles.
Pendant , Malmedy et Stavelot formèrent la Principauté de Stavelot-Malmedy à la tête de laquelle se succédèrent 77 princes-abbés du Saint-Empire et comtes de Logne. Cependant, dès le , des rivalités opposèrent les deux villes, l'abbaye de Malmedy supportant mal la suprématie que lui imposait celle de Stavelot.
Dès le , Malmedy voit plusieurs industries se développer sur son sol : draperie, tannerie et industrie de poudre à canon.
Au , Malmedy et Stavelot sont les centres de tanneries les plus importants d'Europe. À cette époque, d'autres industries sont aussi renommées à Malmedy : fabrique de coton, fabrique de jeux d'échecs, de dominos, de pains d'épice et surtout la papeterie qui fera la fortune de Malmedy. Malgré son statut de neutralité et la protection des princes-abbés, Malmedy fut envahie au moins cinquante fois par des troupes de passage, dont les déprédations eurent des conséquences désastreuses pour la population… La ville fut totalement incendiée en 1689 sur l'ordre de Nicolas de Catinat, général de Louis XIV.
Période française (1795-1815)
En 1795, après la propagation de la Révolution française et les conquêtes territoriales de la France, la Principauté de Stavelot-Malmedy disparut et ses territoires furent réunis à la France. Malmedy devint alors sous-préfecture du département de l'Ourte, chef-lieu du communal de l'Ourte, siège d'un Tribunal de première instance et étendit sa juridiction, notamment sur les villes de Verviers et Spa.
Elle conservera ce statut jusqu'à la fin de la période napoléonienne.
Période prussienne (1815-1919)
Aux termes du traité de Vienne en 1815, le canton de Malmedy, comme celui de Saint-Vith qui relevait du même arrondissement, est rattaché à la Prusse. Cette situation va durer 104 ans.
Durant les cinquante premières années, la situation particulière de Malmedy, ville romane (wallonne, en fait) dans une Prusse germanophone, ne pose pas trop de problèmes. Les habitants sont libres d’utiliser le français à leur guise, y compris dans les délibérations du conseil communal. Au cours d’une visite à la ville en 1853, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV affirmera même être fier de posséder, aux marches de son royaume, « un petit pays où l’on parle français ».
En revanche, les choses vont progressivement changer avec l'arrivée au pouvoir du chancelier Bismarck et plus encore avec la guerre franco-prussienne de 1870 et le Kulturkampf qui va bientôt lui succéder. Aux yeux de l’administration prussienne, Malmedy souffre du double désavantage d’être à la fois francophone et en majorité catholique.
À partir de ce moment, elle va subir une tentative de germanisation forcée, l’enseignement du français étant interdit dans les écoles au profit de celui de l'allemand. Par ailleurs, interdiction fut faite aux communes du canton de Malmedy de subventionner les cultes, les curés se voyant interdire de prêcher en français (interdiction que certains contourneront en prêchant en wallon).
Certains irréductibles iront jusqu’à créer en 1897 le « Club Wallon » avec l'abbé Nicolas Pietkin, qui existe encore de nos jours mais, dans l’ensemble, la majorité de la population, axée sur les problèmes du quotidien allait peu à peu s’adapter à la situation, même si au sein des maisons, le wallon restait pour beaucoup la langue utilisée de préférence. Nicolas Pietkin faisait ses sermons en wallon.
Les Malmédiens firent la Première Guerre mondiale sous l'uniforme allemand, comme le reste des habitants des cantons de l’Est.
Première période belge (1919-1940)
Le Traité de Versailles signé le entre l'Allemagne et les Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale intègre à la Belgique les cantons d'Eupen et de Malmedy, ainsi que la Vennbahn.
Le , Malmedy devient une ville belge en application de ce même traité de Versailles. Elle obtient ainsi le même statut que sa ville sœur de Stavelot.
Le traité prévoyait que les populations concernées devaient se prononcer sur le rattachement à la Belgique par référendum. Celui-ci fut organisé de façon contestable, les opposants étant priés d’aller signer sur une liste ouverte à leur administration communale. Sur l’ensemble des électeurs concernés sur l’ensemble des cantons de l’Est, seuls 271 oseront aussi ouvertement manifester leur désapprobation.