RTL Télévision ou RTL Televisioun en luxembourgeoisRTL Hei Elei Kuck Elei - panneau incident technique (1983)-YouTube est une chaîne de télévision généraliste commerciale privée luxembourgeoise, à vocation internationale, succédant à la chaîne historique Télé Luxembourg en et émettant en direction des téléspectateurs belges, jusqu'au , avant de laisser sa fréquence à RTL-TVI puis jusqu'en , à destination des téléspectateurs luxembourgeois et français, lorsqu'elle est renommée RTL TV.
Histoire de la chaîne L'âge d'or RTL Télé Luxembourg prend le nom RTL Télévision en , marquant ainsi la suprématie de la marque RTL.
Durant la décennie 1980, RTL Télévision est à son apogée. Sous l’impulsion du nouveau directeur des programmes, Jean Stock, une ribambelle d’émissions et d’animateurs font alors le succès de la chaîne privée : Le Train des jouets, Léo contre tous, Citron Grenadine, Tête à Tête, Stop Star, , , Atoukado pour les émissions, Valérie Sarn, Michèle Etzel, Sophie Hecquet, Jean-Claude Thieltgen, Philippe Soreil, Philippe Goffin, Claude Rappé, Anouchka Sikorsky, Marylène Bergmann, Jean-Luc Bertrand et Georges Lang pour les animateurs, Dallas, Dynastie, Falcon Crest et Hôtel pour les séries. Les émissions s’enchaînent, l’équipe s’agrandit et la chaîne est numéro 1 en popularité parmi les Lorrains, les Belges et les Luxembourgeois.
Le développement international vignette|gauche|130px|C'est depuis cet émetteur, situé à Dudelange au Luxembourg, que ce programme est retransmis Jean-Charles De Keyser, jeune journaliste correspondant à Bruxelles de RTL et RTL Télévision, lance l'idée auprès de Jacques Navadic de former une rédaction belge à Luxembourg pour étoffer le JTL de l'actualité du plat pays. L'idée est retenue par le directeur de la chaîne qui va s'appuyer sur les circonstances nées des suites de l'accident de Dudelange pour la concrétiser et renforcer ainsi l'attractivité de RTL Télévision en Belgique. En effet, en compensation de la destruction partielle de l'émetteur de Dudelange par un avion de chasse belge en , le gouvernement belge octroie le à la CLT un faisceau hertzien entre Bruxelles et Luxembourg, à des fins de liaison technique et non d'émission, loué pour 200 millions de francs belges par an. RTL Télévision installe alors un studio de télévision à Bruxelles dans un ancien hôtel particulier au 67 avenue Franklin-Roosevelt, la Villa Empain, relié par le faisceau hertzien à la régie finale de la Villa Louvigny qui diffuse les programmes de RTL Télévision vers la Belgique, afin de produire un programme spécifique pour son public belge et attirer encore davantage les annonceurs de ce pays.
Totalement reconstruit et remplacé par un pylône autoporteurExtrait de l'almanach RTL de 1983 consacré à la reconstruction de l'émetteur de Dudelange, l'émetteur de Dudelange est remis en service en 1983 et diffuse à nouveau RTL Télévision sur le canal de diffusion à forte puissance VHF E-07, ainsi que sur les deux canaux UHF directionnels, le canal 21 au standard SÉCAM pour la Lorraine et le sud du Luxembourg, et le canal 27 au standard PAL pour la Belgique et le nord-ouest du Luxembourg, qui permettent ainsi à RTL Télévision de se doter de deux programmes en avant-soirée, le programme habituel sur les canaux 7 et 21 pour le Luxembourg et la France, et le programme spécifiquement belge sur le canal 27 servant de relais pour les têtes de réseaux des câblos-opérateurs belges. À partir du , le canal belge de RTL Télévision propose chaque soir à un JTL totalement belge, entièrement réalisé à Bruxelles et présenté par Jean-Charles De Keyser, Eddy De Wilde et Bibiane Godfroid. Le canal à destination de la Lorraine ayant, lui, son JTL à réalisé à Luxembourg et présenté par Robert Diligent, Marian Lacombe, Patrick Charles, entre autres.
frame|Logo présent à l'antenne pour l'identification du nouveau canal 21|left Enhardie par son expérience réussie en Belgique, la direction de la CLT met en place un projet visant à profiter de l'occasion de la reconstruction de l'émetteur de Dudelange pour réorienter vers l'Allemagne de l'Ouest toute proche le canal de diffusion à forte puissance VHF E-07 afin d'y diffuser une chaîne de télévision commerciale de langue allemande susceptible de profiter du marché publicitaire allemand tout en contournant les restrictions de diffusion de la RFA. RTL Télévision doit maintenant convaincre les téléspectateurs lorrains qui la reçoivent par le canal 7 d'abandonner ce mode de réception historique pour s'équiper d'antennes UHF spécifiquement conçues pour capter le canal 21 de l'émetteur de Dudelange. Pour ce faire, la chaîne met à l'antenne un jeu offrant à ses téléspectateurs de gagner leur nouvelle antenne canal 21 et son installationJeu Canal 21 présenté par Sophie Hecquet, CLT/RTL Télévision, 1983 sur Dailymotion et lance une large campagne promotionnelle à l'écran et par voie d'affichage. Au prix de la perte de ses téléspectateurs alsaciens, lorrains du sud et champenois, RTL Télévision cesse sa diffusion sur le canal 7 le , sur lequel naît RTL Plus le , nouvelle chaîne de télévision généraliste destinée au marché allemand, pour laquelle une partie des ressources financières et techniques de RTL Télévision sont mises à contribution. La zone de réception du se limite désormais à la seule région Lorraine.
En 1984, RTL Télévision instaure le dédoublement de son antenne par un décrochage pour la Belgique sur le canal 27 de à distinct du programme du canal 21 pour la Lorraine. Tout comme le JTL qu'elle encadre, la nouvelle émission Tête à Tête, qui occupe cette plage horaire, connaît ainsi deux versions simultanées avec des candidats et des présentateurs spécifiques à chacun des deux canaux, Anouschka Sikorsky et Claude Rappé en 1984 puis Frédérique Ries et Philippe Soreil en 1985 sur le canal belge, et le duo Marylène Bergmann et Jean-Luc Bertrand pour le canal lorrain. Avec l’élargissement considérable de son audience en Belgique par la personnalisation de ses programmes et l'accès exclusif à la publicité télévisée dans ce paysJingle Publicité de RTL Télévision pour la Belgique, CLT/RTL Télévision, 1987 sur GenTV.be, RTL Télévision est enfin devenue profitable.
Opérateur prospère diffusant ses programmes dans quatre pays avec une large audience et des ressources publicitaires considérables, RTL Télévision peut fêter en grande pompe ses 30 ans le au travers d'une émission spéciale intitulée RTL sur son 30 et un, présentée par Marylène Bergmann et Jean-Luc Bertrand, et réalisée en direct du grand auditorium de la Villa Louvigny. Tous les animateurs de la chaîne sont présentsExtrait de l'émission anniversaire RTL sur son 30 et un avec tous les animateurs et la responsable des variétés Valérie Sarn, CLT/RTL Télévision, 23 janvier 1985 sur Dailymotion. Pour l'occasion, les téléspectateurs ont voté les semaines précédentes pour élire dans diverses catégories les programmes ou animateurs qu'ils souhaitent voir récompenser d'un Lion Ailé d'Or, emblème de la chaîne. Concernant les séries télévisées, c'est Dynastie qui remporte le trophée devant sa rivale DallasExtrait de l'émission anniversaire RTL sur son 30 et un avec les doubleurs français de Dallas et Dynastie, CLT/RTL Télévision, 23 janvier 1985 sur Dailymotion. La soirée se termine par la remise du Lion Ailé d'Or à Jacques Navadic, qui, après avoir largement contribué pendant dix ans au succès des programmes de la chaîne, vient d'en prendre la présidenceFin de l'émission anniversaire RTL sur son 30 et un avec l'hommage à Jacques Navadic, CLT/RTL Télévision, 23 janvier 1985 sur YouTube.
Après la Belgique et l'Allemagne, la CLT ambitionne de s'attaquer au marché audiovisuel français qui commence à se libéraliser avec l'ouverture à la télévision commerciale privée en 1985. Son projet consiste à diffuser RTL Télévision sur l'un des nouveaux réseaux hertziens français, puisque le câble et le satellite, encore embryonnaires en France, ne sont pas des vecteurs viables de développement pour la chaîne. Ce projet se heurte très rapidement aux intérêts politiques et économiques nationaux qui ne souhaitent pas voir s'installer une télévision conçue et réalisée depuis le Luxembourg ou de tout autre pays étranger. Ceci amène la CLT à devoir s'associer au projet audiovisuel d'un acteur français, la Lyonnaise des Eaux, pour créer le une nouvelle chaîne de télévision, entièrement fabriquée en France à Paris. Le projet portera le nom de RTL6 avant qu'on suggère que même le nom de RTL serait mal perçu par les instances politiques, finalement c'est la dénomination Métropole Télévision 6, abrégée M6, qui sera retenue. La participation opérationnelle active de la CLT dans M6 créé une hémorragie majeure dans les équipes de RTL Télévision à la Villa Louvigny avec la mise à contribution de nombreux techniciens, journalistes et animateurs de la chaîne qui partent à Paris pour participer au lancement du nouveau canal, à commencer par Jean Stock qui quitte la direction des programmes de RTL Télévision pour prendre celle de M6 et tenter de lui appliquer les mêmes recettes.
Au même moment, RTL Télévision figure parmi les quatre premières chaînes de télévision disponibles sur le câble qui commence timidement son implantation en France à Cergy-Pontoise le .
Le lent déclin Le vendredi à , Marylène Bergmann fait sa toute dernière apparition de speakerine devant le public belge, juste avant la fermeture définitive de l'antenne de RTL Télévision en BelgiqueAnnonce par Marylène Bergmann de la fin des programmes de RTL Télévision pour la Belgique et du lancement le lendemain de RTL-TVI, CLT/RTL Télévision, 11 septembre 1987 sur YouTube, qui laisse la place le lendemain à la nouvelle chaîne belge de la CLT, RTL-TVI, dont l'intégralité des programmes est désormais produit à Bruxelles. Des visages bien connus de RTL Télévision font alors le choix de quitter définitivement la Villa Louvigny pour la Villa Empain à Bruxelles : Michèle Etzel, Frédérique Ries, Anouchka Sikorsky, Claude Rappé, Philippe Soreil, Baudouin Cartuyvels ou encore Philippe Malherbe. Brigitte Mahaux est quant à elle virée après trois ans de bons et loyaux services à Luxembourg.
Privée de son public belge, qui représente la majorité de son audience et de ses ressources publicitaires, et ne s’adressant donc plus qu’aux Luxembourgeois francophones et aux Lorrains, l’audience de RTL Télévision s’essouffle et la chaîne éprouve de grandes difficultés à se positionner face à ses nouvelles concurrentes privées françaises, La Cinq, M6 et TF1, d'autant qu'une partie de ses animateurs l'ont quitté. Le besoin de renouveau se fait sentir, et Jean-Claude Thieltgen, qui vient de reprendre la direction des programmes, essaye de redynamiser l'antenne par petites touches dès l'été 1987 avec d'abord une modification du logo et de l'habillage (apparition de la montgolfière RTL), puis le recrutement de nouveaux animateurs et journalistes en remplacement de leurs prédécesseurs partis sur M6 et RTL-TVI. Thierry Guillaume, Véronique Buson, Lara Julien et Katia Schmitt débutent à l'animation, pendant que les journalistes Agnès Duperrin et Martin Igier tout juste sortis de l’École supérieure de journalisme de Lille, reprennent la présentation du journal télévisé de RTL Télévision, dont la rédaction est confiée à Geneviève Guicheney venue de FR3. Au soir de Noël 1987, Robert Diligent présente son dernier journal télévisé aux côtés d'Agnès Duperrin.