François Harlay de Champvallon, dit aussi François III de Harlay, né à Paris le et mort au château de Conflans, à Charenton-le-Pont, le , est un prélat français.
Biographie Deuxième fils d'Achille de Harlay, marquis de Bréval, et de sa première épouse, Oudette de Vaudétar., il est nommé abbé commendataire de Jumièges dès . Député de Normandie à l’assemblée du clergé, il est consacré archevêque de Rouen en , à l'âge de vingt-cinq ans, à cause du renoncement au siège de son oncle François II de Harlay.
Commandeur des ordres du roi, il préside l’assemblée du clergé en . En , il prononce l'oraison funèbre de la reine-mère Anne d'Autriche.
En , il est nommé archevêque de Paris et obtient le premier que le titre de duc et pair de Saint-Cloud soit attaché à ce siège (lettres patentes d'. Sur l'archevêque, voir Saint-Simon, Mémoires (Gallimard, la Pléiade), to IV, p 324-328, ou (Chéruel /Bonnot) to 1, p 289-290., qui ne seront enregistrées au parlement que le )..
En , il est préféré à Bossuet (pour , dit le cardinal de Bausset) pour remplacer à l’Académie française Hardouin de Péréfixe de Beaumont, son prédécesseur à l’archevêché de Paris, mais il perd la feuille des bénéfices au profit de François d'Aix de La Chaise, jésuite et confesseur du roi.
Dans l'affaire de la régale, il soutient la cause royale contre Camille de Neufville de Villeroy, primat des Gaules, qui a pris le parti de Rome. Il lutte contre les jansénistes de Port-Royal et il est l'un des inspirateurs de la politique anti-protestante de Louis XIV. Harlay de Champvallon érige les Sœurs de l'Enfant-Jésus (dites « Dames de Saint-Maur »), fondées par le bienheureux Nicolas Barré, en congrégation diocésaine.
Il célèbre le mariage secret de et de Madame de Maintenon (), dont il fut l'un des trois témoins, mais il en aurait interdit la publication, s'attirant ainsi la "haine" de la nouvelle épouse (selon Saint-Simon). Il prend une part active à la révocation de l’édit de Nantes (1685), mais son crédit ne cesse de diminuer. « Le clergé lui résista, le monde l'abandonna (...). Il ne trouva de ressource qu'à s'enfermer avec sa bonne amie la duchesse de Lesdiguières qu'il voyait tous les jours de sa vie, ou chez elle ou à Conflans, dont il avait fait un jardin délicieux (...) » (St Simon).
Témoignages de ses contemporains Fénelon le haïssait et explique dans un projet de lettre anonyme adressée à : Saint-Simon au contraire l'estime beaucoup et affirme qu'il a toujours été soutenu par l'autorité royale (sauf dans ses dernières années). Pierre-Joseph Thoulier d'Olivet : Selon Sainte-Beuve, c’était . Parce qu'il est épileptique, il meurt brusquement sans les sacrements. C'est pourquoi madame de Coulanges écrit à madame de Sévigné : C'est le père jésuite Honoré de Gaillard (-), ancien précepteur de Turenne, qui prononcera l'oraison funèbre (comme il avait prononcé celle d' Henri-Jules de Bourbon-Condé). Ce fut le père Gaillard (S.J.) qui s'en chargea. Voltaire considère qu’il est et qu’il aurait refusé la sépulture à MolièreQuand il n'était encore que l’Abbé de Champvalon, Harlay entendit en confession un témoin d'un complot contre la vie de Mazarin, pendant la Fronde. Sans s’embarrasser du secret de la confession, il alla tout répéter au cardinal. Il passait pour l'amant de Madame de Lesdiguières. Quant à la citation, se référer à la Vie de Molière, donnée au public par Mr. de Voltaire.
Succession apostolique François Harlay de Champvallon a ordonné les évêques suivants. : Évêque Bernard Coignet de Marmiesse (1656) Évêque Louis Fouquet (1659) Évêque Ignace Cotolendi, M.E.P. (1660) Évêque François de Clermont-Tonnerre (1661) Évêque François de Nesmond (1662) Évêque Charles-François de Loménie de Brienne (1668) Évêque Gabriel-Philippe de Froullay de Tessé (1669) Évêque Sébastien de Guémadeuc (1671) Archevêque Michel Amelot de Gournay (1671) Évêque Cosme Roger, O.Cist. (1672) Évêque Paul-Philippe de Chaumont Quitry (1672) Évêque Jules Mascaron, C.O.I. (1672) Évêque Jean de Forcoal (1672) Évêque Jean-Louis de Fromentières (1673) Évêque Antoine-Benoît de Clermont-Tonnerre (1676) Archevêque Hardouin Fortin de la Hoguette (1676) Évêque Henri-Félix de Tassy (1676) Évêque Louis de Lascaris d'Urfé (1677) Évêque Jacques de Fieux (1677) Évêque Nicolas Ladvocat-Billiard (1677) Évêque Guillaume de Meschatin (1677) Archevêque Armand-Anne-Tristan de La Baume de Suze (1677) Évêque Jean-Jacques d'Obeilh (1677) Évêque Guillaume de La Brunetière du Plessis-Gesté (1677) Évêque François-Placide de Baudry de Piancourt, O.S.B. (1678) Archevêque Charles Le Goux de la Berchère (1678) Évêque Michel Poncet de la Rivière (1678) Évêque François Le Tellier (1678) Évêque André Colbert (1678) Évêque Pierre du Laurens, O.S.B. (1679) Cardinal Louis-Antoine de Noailles (1679) Évêque François-Ignace de Baglion du Saillant, C.O. (1679) Évêque Gabriel de Saint-Estève (1680) Évêque Humbert Ancelin (1681) Évêque Henri-Guillaume Le Jay (1681) Évêque Hippolyte de Béthune (1681) Évêque Louis-Marcel de Coëtlogon-Méjusseaume (1681) Évêque Pierre-Daniel Huet (1692) Évêque Paul Godet des Marais (1692) Archevêque Mathieu Ysoré d'Hervault (1694)
Armoiries Parti de trois traits et coupé d'un : au 1, d'or, à une fasce échiquetée d'argent et de gueules de trois tires (de La Marck) ; au 2, d'azur, à un écusson d'argent bordé d'or, acc. de huit croisettes d'or en orle, 3, 2 et 3 (de Brézé) ; au 3, d'argent, à trois fasces de gueules (de Croÿ) ; au 4, d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or, au bâton de gueules posé en barre (de Bourbon) ; au 5, d'azur, à un lion d'argent, le champ semé de croisettes du même (de Sarrebruck) ; au 6, palé d'or et de gueules de six pièces (d'Amboise) ; au 7, écartelé d'un fuselé en bande d'argent et d'azur (de Bavière), et de sable, à un lion d'or (Palatinat) ; au 8, d'azur, à six besants d'argent posés 3, 2 et 1; au chef d'or (de Poitiers-Valentinois). Sur le tout d'argent, à deux pals de sable (de Harlay).
Notes et références
Annexes Bibliographie Louis Le Gendre, Éloge de François de Harlay, archevêque de Paris, 1695 Pierre Féret, La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres. Époque moderne, Alphonse Picard et fils, Paris, 1906, tome 4, , (lire en ligne)
Articles connexes
Abbaye de Jumièges ; Abbaye de Saint-Maur ; Armorial des Pairies de France sous l'Ancien Régime ; Bénéfice ecclésiastique ; Chanoinesses régulières hospitalières de la miséricorde de Jésus ; Château de Conflans ; Château de Gaillon ; Chronologie du droit au Québec (17e siècle) ; Costume ecclésiastique ; Dames de Saint-Maur ; Duc de Saint-Cloud ; Duc et pair ; Excommunication des acteurs ; Jansénisme ; Liste des abbés de Saint-Victor de Paris ; Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; Liste des membres de l'Académie française par date d'élection ; Liste des membres de l'Académie française par fauteuil ; Politique anti-protestante de Louis XIV ; Port-Royal des Champs ; Quartier du Faubourg-du-Roule ; Soutane ; Église Saint-Paul de Rouen ;
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