thumb|Des Glaneuses (1857), huile sur toile, , Paris, musée d'Orsay. Jean-François Millet (prononcé [mi'lɛ], Mi-lè), né le au hameau de Gruchy et mort le à Barbizon, est un artiste-peintre réaliste, pastelliste, graveur et dessinateur français du , l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il est célèbre notamment pour ses scènes champêtres et paysannes.
Biographie Jean-François Millet est le fils de Jean Louis Nicolas Millet (originaire de Saint-Germain-le-Gaillard) et d'Aimée Henriette Adélaïde Henry. Il est né le né à Gruchy, hameau de Gréville sur la pointe de la Hague. Aîné d'une famille nombreuse de paysans aisés du Cotentin, berger dans son enfance et plus tard laboureur, il est élevé dans un milieu éclairé. Notamment grâce à son oncle, abbé lettréJean-François Millet, un peintre de la Hague, Documentaire avec Lucien Lepoittevin., il lit la Bible, mais aussi Montaigne, La Fontaine, Homère et Virgile, Shakespeare, Milton, Chateaubriand et Victor HugoGeneviève Lacambe, Henri Soldani et Bertrand Tillier, L'ABCdaire de Millet, Flammarion, 1998.. Son frère cadet, Jean-Baptiste, né en 1830, devient également artiste.
Formation
Il travaille à la ferme familiale jusqu'en 1833, puis, doué en dessin, il est envoyé à CherbourgCherbourg-Octeville en 2000, puis commune déléguée dans Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016. par son père en 1834, grâce à des relations dans la bourgeoisie locale, pour apprendre le métier de peintre auprès de Paul Dumouchel, portraitiste de l'école de David. Deux ans plus tard, il étudie avec Langlois, un autre peintre de Cherbourg et également élève de Gros Jon Thompson, How to Read a Modern Painting: Lessons from the Modern Masters (trad. Comment lire un tableau moderne : Leçons des maîtres modernes), Harry N. Abrams, 2006, page 28.. À cette époque, s'ouvre le musée Thomas-Henry, et Millet s'y exerce en copiant les toiles de maîtres et s'initie aux maîtres hollandais et espagnols.
Le conseil municipal de Cherbourg et le conseil général de la Manche lui octroient ensuite une pension pour qu'il puisse continuer son apprentissage à Paris. Il s'y installe en 1837 et étudie à l'École des beaux-arts à partir du Geneviève Lacambe, Henri Soldani et Bertrand Tillier, L'ABCdaire de Millet, Flammarion, 1998. dans l'atelier du peintre Paul Delaroche. Cependant, faute de pouvoir s'adapter à l'apprentissage en classe, il se rend souvent au Louvre pour y copier les œuvres.
Deux ans plus tard, il est sur 20 au premier essai pour le prix de Rome. Il perd alors sa bourse et doit quitter les Beaux-Arts.
Début de carrière Il revient à Cherbourg où il vit de la vente de quelques portraits de proches et de bourgeois, ainsi que de peintures érotiques. Son œuvre Portrait de Madame Lefranc est sélectionnée pour la première fois au Salon de 1840 et lui permet de débuter une carrière de peintre. Il a alors 26 ans.. C'est vers cette même année qu'il réalise des portraits de la famille Doré, dont le Portrait d'Augustine Fournerie..
Il se marie en 1841 avec Pauline Ono, fille de tailleur, mais elle meurt plus tard d'une tuberculose. Son portrait de l'ancien maire de Cherbourg, le colonel Javain, est refusé par le conseil municipal. Il réalise en 1841 le Portrait de Louise-Antoinette Feuardent, laquelle vient d'épouser son ami de toujours Félix-Bienaimé Feuardent, commis à la bibliothèque de Cherbourg..
À la mort de sa femme, il quitte Cherbourg pour s'installer au Havre, en quête d'une nouvelle clientèle. Il n'y séjournera qu'une année. Il y peint en 1845 le Portrait de Charles-André Langevin, chef des services douaniers du port et amateur d'art..
À Cherbourg, il rencontre Catherine Lemaire, ancienne servante, dont il fait le portrait en 1845 et qu'il épouse en 1853Portrait présumé de Catherine Lemaire, épouse de l'artiste sur artcurial.com.Portrait de Madame Millet (Catherine Lemaire), seconde épouse de l’artiste sur arthive.com : Jean-François Millet. Dessins et illustrations, 1849, 55.9 × 42.9 cm.. Elle lui donnera neuf enfants.
Carrière parisienne
Il expose au Salon à partir de 1840, mais il se détourne du modèle officiel à la mode et subit l’influence d’Honoré Daumier.
Entre 1845 et 1849, dans son atelier de la rue de Rochechouart à Paris et à Barbizon pendant quelque temps encore, il peint à la "manière fleurie", bon nombre de tableaux à sujet mythologique ou représentant des enfants mignards et des femmes nues. Mais ces "poèmes de la chair", selon l'expression de Moreau-Nélaton, se poursuivront jusqu'en 1851. Ce genre de tableaux étaient écoulés par l'intermédiaire de Narcisse Diaz chez les marchands Durand-Ruel, Schroth et Deforge. Ils permettaient à Millet de subsister modestement, mais lui avaient valu la réputation d'être un "spécialiste de la gorge et du fessier" (Moreau-Nélaton, 1921, p. 76)..
Tout au long des années 1840, le nombre de paysans sans abri augmenta considérablement en France, atteignant une crise lors de la récession de 1847 et contribuant à la chute du roi Louis-Philippe lors de la révolution de 1848. C'est dans ce contexte que Millet réalise en 1846 le tableau A l'abri de l'orage conservé au Metropolitan Museum de New York..
En 1847, son Œdipe détaché de l'arbre par un berger conservé au Musée des beaux-arts du Canada, attire l'œil des critiques parisiensOedipe détaché de l'arbre sur beaux-arts.ca, 1847, une des rares scènes mythologiques peintes par Millet..
Le Travail paysan Au Salon de 1848, il expose Le Vanneur, qu'Alexandre Ledru-Rollin lui achète pour cinq cents francs. C'est la première œuvre inspirée par le travail paysan. De nombreux commentateurs perçoivent un angle politique dans ce tableau, ou du moins une sympathie de l'artiste envers les travailleurs agricoles..
Il développe cette veine à partir de 1849 en s'installant à Barbizon avec Charles Jacque pour s’appliquer à peindre beaucoup de scènes rurales souvent poétiques. Là naissent Les Botteleurs de foin (1850), Des Glaneuses (1857), L'Angélus (1859), La Tondeuse de moutons (1861) et La Bergère (1864), des peintures qu'il classe dans l'influence du courant réaliste, glorifiant l'esthétique de la paysannerie. Un rapide retour dans la Hague en 1854, à la suite du décès de sa mère, lui inspire Le Hameau Cousin, La Maison au puits, Le Puits de Gruchy, une première version du Bout du village.
Dans les années 1850, il travaille également sur de nombreuses scènes d'intérieur d'humbles habitations paysannes, dans lesquelles il représente des figures féminines sereines et solitaires, consacrées à l'éducation des enfants ou aux travaux ménagers..
En 1860, il s'inspire de l'œuvre Madame Bovary de Gustave Flaubert pour sa peinture La Leçon de coutureJean-François Millet, une influence majeure dans tous les arts sur commedesfrancais.com. Le Semeur de l’art moderne..
Paysages et pré-impressionnisme
Peu à peu, il délaisse les seules scènes de travail paysan pour s'intéresser davantage aux ambiances, aux paysages. Alors que les Prussiens envahissent la France, Millet revient avec sa famille à Cherbourg, en 1870 durant un an et demi, avant de retourner à Barbizon. À cette époque, il travaille davantage les jeux de lumière, la pénombre et le clair-obscur, signant un travail annonciateur de l'impressionnisme, à travers les tableaux de L'Église de Gréville, Le Prieuré de Vauville ou du Bateau de pêche, ou même, avec Le Rocher du Castel, proche des recherches de Paul Cézanne.
Il meurt à Barbizon en Seine-et-Marne, le Archives départementales de Seine-et-Marne, commune de Chailly-en-Bière, acte de décès n°5, vue 46 / 319., et est enterré dans le cimetière communal qui, à l'époque, était à Chailly-en-Bière, Barbizon n'étant qu'un hameau de cette commune jusqu'en 1903.
Sa maison à Barbizon est au de la Grande Rue, il l'occupa de 1849 à 1875. Elle est devenue un musée en 1923Musée Millet : Maison et atelier de Jean-François Millet sur musee-millet.com, 27 grande rue, 77630 Barbizon, France..
Élèves Jean-Baptiste Millet (1830-1906), son frère Robert Mols (1848-1903)
Œuvre
thumb|L'Angélus (1857-1859), huile sur toile, , Paris, musée d'Orsay.
Ses tableaux, comme Des glaneuses (1857), dépeignant les plus pauvres des femmes de la campagne se penchant pour glaner les restes d'un champ moissonné, sont une présentation forte de la classe paysanne qui résonne encore à ce jour (Des glaneuses sont conservées à Paris au musée d'Orsay).
Son Angélus (1858) a été très largement reproduit sur différents objets et supports et copié ou réinterprété par d'autres artistes des . Salvador Dalí en particulier a été fasciné par ce travail, lui consacrant tout un livre, El Mito Tragico De El Angelus De Millet« Le Mythe tragique de l’Angélus de Millet ».. Des variations de ce tableau de Millet apparaissent dans plusieurs de ses propres peintures.
Millet est un peintre réaliste qui a eu une grande influence sur des impressionnistes comme Claude Monet et Camille Pissarro, ainsi que sur Vincent van Gogh, qui a interprété certaines de ses scènes rurales. Son œuvre a également influencé l'autrichien Albin Egger-Lienz.
Sa maison natale, au village de Gruchy dans la commune de Gréville-Hague, a été reconstruite à l’identique et meublée comme une maison paysanne du . On y peut découvrir de nombreuses copies de ses tableaux.
thumb|upright|Autoportrait (1841), huile sur toile, , Cherbourg-en-Cotentin, musée Thomas-Henry.
Les plus grandes collections d'œuvres de Millet sont à Paris au musée d'Orsay, au musée des beaux-arts de Boston, au musée Thomas-Henry de Cherbourg-en-Cotentin et au Metropolitan Museum of Art de New York.
Portrait de Pauline Ono (1841), musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin Sarcophage antique, Musée d'art classique de Mougins. Intérieur de cuisine Normande (1842), musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne Femme nue couchée (1844), musée d'Orsay, Paris Portrait d'homme anonyme (1845), huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Reims, Reims Portrait de Charles-André Langevin (1845), huile sur toile, musée d'Art moderne André-Malraux, Le Havre Baigneuse au bord de l'eau (v. 1846 / 1847), huile sur panneau de bois, 27.5 x 19 cm, musée des beaux-arts de Dijon, Dijon Un vanneur (1848), National Gallery, Londres Le Repos des faneurs (1848), musée d'Orsay, Paris Le Semeur (1850), huile sur toile, 101,6 × 82,6 cm, Musée des Beaux-Arts (Boston) Le Départ pour le travail (1851), huile sur toile, collection privée Notre-Dame de Lorette (v. 1851), huile sur toile, 232 x 132.5 cm, musée des beaux-arts de Dijon, Dijon La Récolte des pommes de terre (1855), Walters Art Museum, Baltimore La Précaution maternelle (1855-1857), musée du Louvre, Paris Hameau Cousin à Gréville (1855-1874), musée des Beaux-Arts, Reims Des glaneuses (1857), musée d'Orsay, Paris La Charité (1858), musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin La Petite Bergère (1858), musée d'Orsay, Paris L'Angélus (1859), musée d'Orsay, Paris La Mort et le Bûcheron (1859), Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague La Becquée (1860), 70 x 60 cm, Musée national Zabana d'Oran, Algérie L'Homme à la houe (1860-1862) L'Hiver aux corbeaux (1862), Österreichische Galerie Belvedere, Vienne Les Planteurs de pommes de terre (1862), musée des beaux-arts, Boston Le Bain de la gardeuse d'oies (vers 1863), Walters Art Museum, Baltimore. Bergère avec son troupeau (1863-1864), musée d'Orsay, Paris La Sieste (ou La Méridienne) (1866), musée des beaux-arts, Boston Le Printemps (1868-1873), musée d'Orsay, ParisMusée d'Orsay : Jean-François Millet, Le Printemps La Leçon de tricot (1869), Saint Louis Art Museum, Missouri Meules de foin, automne (1868-1874), Metropolitan Museum of Art, New York L'Église de Gréville (1871-1874), musée d'Orsay, Paris Le Bouquet de marguerites (1871-1874), musée d'Orsay, Paris Chasse des oiseaux avec les feux (1874), Philadelphia Museum of Art Le Retour du troupeau, musée d'Orsay, Paris Nature morte aux navets, Musée national des Beaux-Arts d'Alger, Algérie