Le premier gouvernement Georges Pompidou, dirigé par le Premier ministre Georges Pompidou, est le gouvernement de la République française du au , pendant la présidence de Charles de Gaulle.. Il s'agit du deuxième gouvernement de la Cinquième République.
Le gouvernement est renversé par une motion de censure le qui sera votée par les oppositions et la plupart des députés du CNIP. Le Premier ministre présente alors la démission de son gouvernement qui sera refusée par le Général De Gaulle qui décidera de dissoudre l'Assemblée nationale. Le gouvernement restera donc en place jusqu'aux élections législatives anticipées de novembre. À la suite de la victoire du camp gaulliste, Georges Pompidou sera renommé premier ministre par De Gaulle lui permettant de former un second gouvernement.
Contexte de formation
Contexte politique et économique Le , Michel Debré, qui était premier ministre depuis le début de la présidence de Charles de Gaulle, présente la démission de son gouvernement au président de la république qui l'accepte. Cette démission fut souvent présentée comme le signe d'une forme de désaccord entre Debré et De Gaulle sur la politique d'autodétermination en Algérie (Debré étant plutôt proche des milieux favorables au maintien de l'Algérie Française). Le jour même de la démission du gouvernement, De Gaulle nomme Pompidou premier ministre, celui ci n'étant à l'époque pas vu comme un homme politique d'expérience car n'ayant pas effectué de mandat parlementaire. Cette nomination dans un contexte de résolution de la crise algérienne fut mal perçue par les dirigeants politiques favorables à un retour de la tradition parlementaire du régime républicain.
Choix des ministres L'essentiel des ministres du précédent gouvernement sont maintenus notamment André Malraux, Pierre Pflimlin, Louis Jacquinot, Louis Joxe, Maurice Couve de Murville, Roger Frey, Edgard Pisani ou encore Valéry Giscard d'Estaing. Gaston Palewki est nommé ministre d'Etat chargé de la recherche scientifique, Jean Foyer remplace Bernard Chenot comme Garde des sceaux, Pierre Sudreau remplace Lucien Paye à l'éducation nationale, Michel Maurice-Bokanowski est nommé à l'industrie en remplacement de Jean-Marcel Jeanneney, Jacques Maziol est nommé ministre de la construction, Jacques Marette est nommé ministre des PTT.
Coalition La coalition gouvernementale initiale est la même que le gouvernement Debré à savoir l'UNR-UDT, le CNIP et le MRP. Le MRP se retire de la coalition le à la suite de la conférence de presse du général De Gaulle. La coalition UNR-UDT-CNIP restera en place jusqu'au projet de référendum sur l'élection du président de la république au suffrage universel direct provoquant la rupture du gouvernement avec la plupart des députés CNIP qui voteront la censure du .
Discours de politique générale Le discours de politique générale du nouveau Premier ministre fait mauvaise impression à l'Assemblée nationale. Mal à l'aise, inexpérimenté, redoutant le contact avec les parlementaires, ce haut fonctionnaire novice en politique parlementaire déclame un discours considéré par la presse et les députés comme terne.
Lorsque, trente ans plus tard, Édith Cresson verra pour les mêmes raisons échouer son discours de politique générale, elle déclarera que .
Composition initiale Le Premier ministre est nommé le , les ministres et les secrétaires d'État sont nommés le lendemain.
Premier ministre Image Fonction Nom Parti 80px|Michel Debré Premier ministre Georges Pompidou UNR
Ministres d'État Image Fonction Nom Parti 80px|André Malraux Ministre d'État, chargé des Affaires culturelles André Malraux UNR 80px|Pierre Pflimlin Ministre d'État, chargé de la Coopération Pierre Pflimlin MRP 80px|Louis Jacquinot Ministre d'État, chargé des Départements et territoires d'Outre-mer Louis Jacquinot CNIP 80px|Louis Joxe Ministre d'État, chargé des Affaires algériennes Louis Joxe UNR 80px|Gaston Palewski Ministre d'État, chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatialesGaston Palewski UNR
Ministres Image Fonction Nom Parti80pxGarde des Sceaux, ministre de la JusticeJean FoyerUNR80pxMinistre des Affaires étrangèresMaurice Couve de MurvilleUNR 80px|Roger FreyMinistre de l'IntérieurRoger FreyUNR80pxMinistre des ArméesPierre MessmerUNR 80px|Valéry Giscard d'Estaing Ministre des Finances et des Affaires économiques Valéry Giscard d'Estaing CNIP 80px|Pierre Sudreau Ministre de l'Éducation nationale Pierre Sudreau SE 80px|Robert Buron Ministre des Travaux publics et des Transports Robert Buron MRP 80px Ministre de l'Industrie Michel Maurice-Bokanowski UNR 80px Ministre de l'Agriculture Edgard Pisani DVG 80px Ministre du Travail Paul Bacon MRP 80px Ministre de la Santé publique et de la Population Joseph Fontanet MRP 80px|Jacques Maziol Ministre de la Construction Jacques Maziol UNR 80px|Raymond Triboulet Ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre Raymond Triboulet UNR 80px Ministre des Postes et Télécommunications Jacques Marette UNR
Ministres délégués Image Fonction Ministre de rattachement Nom Parti 80px Ministre délégué pour les Relations avec le Parlement Premier ministre Roger Dusseaulx UNR 80px Ministre délégué pour l'Aménagement du territoire Premier ministre Maurice Schumann MRP
Secrétaires d'État Image Fonction Ministre de rattachement Nom Parti 80px Secrétaire d'État chargé de l'Information Premier ministre Alain Peyrefitte UNR 80px Secrétaire d'État chargé de la Fonction publique Premier ministre Jean de Broglie CNIP 80px Secrétaire d'État aux Affaires étrangères - Georges Gorse DVG 80px Secrétaire d'État aux Rapatriés - Robert Boulin UNR 80px Secrétaire d'État au Commerce intérieur - François Missoffe UNR 80px Secrétaire d'État au Commerce extérieur - Gilbert Grandval UDT 80px Secrétaire d'État aux Travaux publics - Pierre Dumas UNR
Remaniements
Remaniement ministériel du 15 mai 1962
Démission des cinq ministres issus du MRP (Paul Bacon, Robert Buron, Joseph Fontanet, Pierre Pflimlin et Maurice Schumann) après la conférence de presse du général de Gaulle qui fait suite à l'échec du plan Fouchet et au cours de laquelle le Général de Gaulle ironise sur « les apatrides » et « les adeptes du volapük intégré » et, surtout, dénonce la construction européenne et son « fédérateur non-européen » (c'est-à-dire les États-Unis). Ces propos scandalisent le MRP, qui passe dans l'opposition et soutient par la suite Jean Lecanuet contre le Général à l'élection présidentielle de 1965René Rémond, De Gaulle et les forces politiques françaises, in La politique étrangère du général de Gaulle, Graduate Institute Publications, Genève, 1985, 208 p..
Entrent au gouvernement : Ministre de la Santé publique et de la Population : Raymond Marcellin Ministre du Travail : Gilbert Grandval Ministre de la Coopération : Georges Gorse Ministre des Travaux publics et des Transports : Roger Dusseaulx Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement : Pierre Dumas
Remaniement ministériel du 11 septembre 1962
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Information : Christian Fouchet Ministre délégué chargé des Rapatriés : Alain Peyrefitte Secrétaire d'État au Budget : Robert Boulin[sans mention de ministère de tutelle dans la source]
Remaniement ministériel du 15 octobre 1962 Démission de Pierre Sudreau, celui-ci est opposé au projet de référendum sur l'élection du président de la République au suffrage universel. Ministre de l'Éducation nationale par intérim : Louis Joxe
Répartition partisane
Parti Premierministre Ministresd'État Ministres Ministresdélégués Secrétairesd'État Total Répartition le 15 avril 1962 1 5 14 2 7 29 Union pour la nouvelle République 1 3 8 1 4 17 Mouvement républicain populaire 1 3 1 5 Centre national des indépendants et paysans 1 1 1 3 Divers gauche 1 1 2 Sans étiquette 1 1 Union démocratique du travail 1 1
Le vote de censure du 5 octobre 1962 et démission
L’Assemblée nationale ayant voté une motion de censure le , le Premier ministre, en vertu de l’article 50 de la Constitution, remit aussitôt la démission du gouvernement au président de la République. Toutefois, celui-ci la refusa et choisit de dissoudre l’Assemblée nationale le . La démission est acceptée le (Journal officiel du ).
Il faut remarquer que, dans les faits, le gouvernement s’est comporté, pendant la période électorale, comme un cabinet « expédiant les affaires courantes », ainsi qu’en témoigne l’ajout intérimaire du portefeuille de l’Éducation nationale aux compétences de Louis Joxe.
Notes et références
Voir aussi Lien externe
*01 Catégorie:1962 en France Catégorie:Avril 1962