François Maspero, né le dans le et mort le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 dans le ., est un écrivain et traducteur français. Il a également été éditeur (Éditions Maspero), libraire et directeur de revues. Il est considéré comme une « figure de la gauche de gauche » des années 1970François Maspero, éditeur, écrivain et journaliste de gauche, liberation.fr, 13 avril 2015.

Biographie L'adolescence de François Maspero est marquée par l'engagement de sa famille dans la Résistance. Son père, Henri Maspero, sinologue et professeur au Collège de France, est partie prenante de l'un des tout premiers réseaux de résistance, celui du « musée de l'Homme ». Il est arrêté en 1944 et meurt au camp de concentration de Buchenwald. Son frère, Jean Maspero, engagé au sein des étudiants Francs-tireurs et partisans (FTP), est tué au combat en 1944, à l'âge de 19 ans. Sa mère, Hélène Maspero-Clerc est déportée au camp de Ravensbrück mais survit. Elle est autrice d'études sur la Révolution française et du livre Un journaliste contre-révolutionnaire : Jean-Gabriel Peltier.

Son grand-père l'égyptologue Gaston Maspero, fut secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Abandonnant très tôt des études d'ethnologie, François Maspero commence à travailler dans une librairie située rue Monsieur-le-Prince, À l'escalierEntretien publié en 2014 dans la revue Période.. Après y avoir rencontré plusieurs militants révolutionnaires africains tels que Mário de Andrade ou Amílcar CabralIl déclare en 2014 : , il met à profit un héritage de sa grand-mère pour s'installer libraire, en 1955. Il fait d'abord l'acquisition de la librairie parisienne de L'Escalier, située rue Monsieur-le-Prince. En 1955/56, il est membe du PCF. Deux ans plus tard, il décide de déménager dans un local plus spacieux, et reprend une librairie dans le Quartier latin qui s'appelait La Joie de lire , 40 rue Saint-Séverin selon Jean-Yves Mollier« Les tentations de la censure entre l'État et le marché » in Jean-Yves Mollier, Où va le livre ? édition 2007-2008, La Dispute, coll. « États des lieux », 2007, ..

Mais : La librairie finit par fermer en 1974.

Maspero crée en 1959, en pleine guerre d'Algérie, les Éditions Maspero, engagées à gauche. L'équipe de départ est constituée, outre lui-même, par Marie-Thérèse Maugis, puis Jean-Philippe Bernigaud et Fanchita Gonzalez Batlle, rejoints ensuite par Émile Copfermann. Les éditions publient des livres traitant de la torture et des crimes de guerre en Algérie, et se trouvent confrontées à la censure du pouvoir gaulliste. L'historien Jean-Yves Mollier précise que . En 1960, il est signataire du Manifeste des 121 titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie ».

Maspero se consacre à l'édition, en publiant 1.350 ouvrages, jusqu'au début des années 1980. En 1961 il crée, avec l'écrivain Vercors, la revue bimestrielle Partisans qu'il édita jusqu'à 1972, puis en 1978, il fonde la revue L'Alternative, qu'il dirigera jusqu'en 1984, pour donner la parole aux « dissidents » des pays du « socialisme réel ».

En 1982, après une nouvelle période difficile, il décide de passer la main à une nouvelle équipe dirigée par François Gèze. Il démissionne sans indemnités et cède ses parts à ce dernier pour un franc symbolique. À cinquante ans, il quitte ses éditions qui prennent le nom de La Découverte. Il n'aura désormais plus aucune relation avec celles-ci.

À partir de 1984, François Maspero se consacre à l'écriture et publie Le Sourire du chat. Ce roman, qui se déroule de l'été 1944 à l'été 1945, s'appuie largement sur une expérience autobiographique. Le suivant, Le Figuier, couvre la période 1960-1967, évoquant l'ambiance de la guerre d'Algérie et l'engagement dans les mouvements de libération nationale d'Amérique latine.

Il effectue pour Radio-France des reportages tels que « Cet hiver en Chine » en 1986. En 1989, il fait avec la photographe Anaïk Frantz un sur la ligne B du RER parisien, Les Passagers du Roissy-Express. En 1995, Balkans-transit, en compagnie du photographe Klavdij Sluban, résume cinq ans de voyages entre la mer Adriatique et la mer Noire.

Les personnages de ses livres de fiction se retrouvent tous dans son livre Le Vol de la mésange, traversée d'un demi-siècle et interrogation sur le sens du témoignage. Sa chronique de la conquête de l'Algérie, L'Honneur de Saint-Arnaud, est publiée à Paris et à Alger. Autre chronique historique, L'Ombre d'une photographe, Gerda Taro, fait revivre la compagne de Robert Capa morte à 27 ans devant Madrid en 1937.

Les Abeilles et la guêpe est plus directement autobiographique. À son sujet, l'historien Jean-Pierre Vernant écrit dans La Traversée des frontières :

Depuis 1990, François Maspero a rapporté, avec Klavdij Sluban, pour Le Monde, des chroniques de Bosnie (« Les murs de Sarajevo » en 1995, « Retour en Bosnie » en 1998), d'Amérique latine (reportages sur Cuba en 1999, sur les Caraïbes en 2000). On retrouve certains de ces textes, ainsi que ceux sur la Palestine, Gaza, les territoires occupés et Israël, dans Transit & .

En , il publie dans Le Monde un texte de témoignage sur la décennie noire en Algérie..

Il est l'un des organisateurs du tribunal Russell sur la PalestineLes membres du Comité organisateur sont énumérés par Pierre Galand au début de cette vidéo. et membre du comité de parrainage de ce tribunal d'opinion dont les travaux ont commencé le .

Dans le même temps, il traduit plusieurs auteurs en langue française, notamment John Reed, Álvaro Mutis, Jesús Díaz, Joseph Conrad ou Arturo Pérez-Reverte.

Il est retrouvé mort à son domicile du arrondissement le « François Maspero est mort », blogs.mediapart.fr.« L'éditeur François Maspero est mort », lemonde.fr. et est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 3) à Paris, dans le caveau familial.

Prix 2006 : Prix Édouard-Glissant pour l'ensemble de son œuvre

Œuvres Livres Le Sourire du chat, roman, 1984 Le Figuier, roman, 1988 Les Passagers du Roissy-Express, 1990, photographies d'Anaïk Frantz - prix Novembre Paris bout du monde, 1992, texte de l'album de photographies d'Anaïk Frantz L'Honneur de Saint-Arnaud, chronique historique, 1993 Le Temps des Italiens, récit, 1994 La Plage noire, récit, 1995 Balkans-Transit, photographies de Klavdij Sluban, chronique d'un voyage, 1997 - prix Radio France internationale, « Témoins du monde » Che Guevara, introduction aux photographies de René Burri, 1997 Les Abeilles et la Guêpe, 2002 Transit & Cie, récit, La Quinzaine, 2004 Le Vol de la mésange, nouvelles, 2006 L'Ombre d'une photographe. Gerda Taro, biographie, Fiction et Cie, 2006 Des saisons au bord de la mer, roman, Seuil, 2009

Traductions De l'espagnol Eduardo Barrios, L'enfant qui devint fou d'amour, La Fosse aux ours, 1998 Eduardo Belgrano Rawson, Fuegia, Actes Sud, 1997 Jorge Luis Borges, Images, dialogues et souvenirs, Seuil, 1984 Alberto Cardín, Reliques, La Manufacture, 1991 Luis Cebrián, La Russe, Denoël, 1988 Iber Conteris, Dix pour cent de votre vie, Actes Sud, 1992 Álvaro Cunqueiro, Galiciens, Corbeaux et Parapluies, Actes Sud, 1992 Jesús Díaz, Sibérienne, Gallimard, 2003 Les Quatre Fugues de Manuel, Gallimard, 2006 Domitila, Si on me donne la parole, Éditions François Maspero, 1977 Juan Goytisolo, Carnet de Sarajevo, La Nuée bleue, 1994 J. Lezama Lima, Nuit insulaire, Jardins invisibles, revue Caravanes, 1991 César López, Le Carré circulaire, Maurice Nadeau, 1988 Ana María Matute, Les Enfants idiots, Sarbacane, 2004 Eduardo Mendoza L'Année du déluge, Seuil, 1993 Sans nouvelles de Gurb, Seuil, 1994 Une comédie légère, Seuil, 1998 L'Artiste des dames, Seuil, 2002 Le Dernier Voyage d'Horatio Deux, Seuil, 2004 Mauricio ou les Élections sentimentales, Seuil, 2004 Les Aventures miraculeuses de Pomponius Flatus, Seuil, 2008 Alvaro Mutis Le Dernier Visage, Grasset, 1991 Écoute-moi, Amirbar, Grasset, 1992 Les Éléments du désastre, Grasset, 1993. Rééditions sous le titre Ainsi parlait Maqroll el Gaviero, Gallimard, 2008 Abdul-Bashur, le rêveur de navires, Grasset, 1994 Le Rendez-Vous de Bergen, Grasset, 1995 Arturo Pérez Reverte, Le Cimetière des bateaux sans nom, Seuil, 2001 L'Or du Roi, Seuil, 2003 Le Gentilhomme au pourpoint jaune, Seuil, 2004 Le Hussard, Seuil, 2005 Le Peintre de batailles, Seuil, 2007 Un jour de colère, Seuil, 2008 Corsaires du Levant, Seuil, 2008 La Patience du franc-tireur, 2014 Ena Lucía Portela, Cent bouteilles sur un mur, Seuil, 2003 Carmen Posadas Petites infamies, Seuil, 2000 Le Bon Serviteur, Seuil, 2005 Raúl Rivero, Signé à la Havane, Reporters sans frontières / La Découverte, 1998 Augusto Roa Bastos, La Veille de l'Amiral, Seuil, 1995 Fils d'homme, Seuil, 1995 Contrevie, 1996 - prix de traduction Amédée Pichot de la ville d'Arles Le Procureur, Seuil, 1997 Fernando Savater, Penser sa vie, Seuil, 2000 Santiago Sebastián, Le Baroque ibéro-américain, Seuil, 1993 Luis Sepúlveda, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Métailié, 1992 Le Monde du bout du monde, Métailié, 1993 Un nom de torero, Métailié, 1994 Antonio Skármeta, Une ardente patienceVoir sur monde-diplomatique.fr., Seuil, 1986 Osvaldo Soriano, L'Oeil de la patrie, Grasset, 1995 L'Heure sans ombres, Grasset, 1998 César Vallejo, Poèmes humains suivis de Suivi de Espagne, écarte de moi ce calice, Seuil, 2011 Manuel Vásquez Montalbán Ou César ou rien, Seuil, 1999 Érec ẟ Énide, Seuil, 2004 Carlos Ruiz Zafón, L'Ombre du vent, Grasset, 2004 Le Jeu de l'ange, Laffont, 2009 Marina, 2011 Le Prisonnier du ciel, 2012

De l'anglais John Reed, La Guerre dans les Balkans, Seuil, 1996 Le Mexique insurgé, François Maspero, 1975, et Seuil, 1996 Joseph Conrad, Typhon, Librio, 2005

De l'italien Eraldo Affinati, Terre de sang, Seuil, 1999 Francesco Biamonti, Attente sur la mer, Seuil, 1996 Les Paroles, la nuit, Seuil, 1999 Renzo Biasion, S'agapo, La Fosse aux ours, 2008 Silvia Bonucci, Retours à Trieste, Seuil, 2007 Rita Charbonnier, La Sœur de Mozart, Seuil, 2006 Paulo Maurensig, La Variante de Lüneburg, Seuil, 1995 Piero Meldini, L'Antidote de la mélancolie, Plon, 2000 Mario Rigoni Stern, Pour Primo Levi, La Fosse aux ours, 2007

Hommages À l'occasion du cinquantenaire de la création des Éditions Maspero est organisée une exposition, « François Maspero et les paysages humains », coréalisée par Bruno Guichard (directeur de la Maison des Passages, Lyon) et Alain Léger (librairie À plus d'un titre, Lyon), et présentée au musée de l'imprimerie de Lyon du au , à la médiathèque André-Malraux à Strasbourg du au Maison des Passages.Sur l’exposition, voir l’article de blog d’Edwy Plenel : ..

Elle fait aussi l'objet d'une publication sous le même intituléFrançois Maspero et les paysages humains, ouvrage collectif sous la direction de Bruno Guichard, Julien Hage et Alain Léger, édité par La fosse aux ours et À plus d'un titre, septembre 2009 ., dont les chapitres vont de à Description critique du livre dans le blog paysages ..

Notes et références

Voir aussi Vocabulaire maspérisation

Films Chris Marker, On vous parle de Paris : Maspero. Les mots ont un sens, 1970 Yves Campagna, Bruno Guichard et Jean-François Raynaud, François Maspero, les chemins de la liberté, Les Films du Zèbre, 2014 (bande annonce) frontière intérieure - lecture du quartier de la Goutte d’Or à travers l’oeuvre de François Maspero, documentaire de Claire Ananos (63’ - 2005 - atopic)

Bibliographie François Maspero et les paysages humains, collectif des éditions À plus d'un titre, La Fosse aux Ours, François Dosse, « François Maspero. La joie de lire. 1932 - », Les Hommes de l'ombre. Portraits d'éditeurs, Paris, Perrin, 2014, Julien Hage, « Feltrinelli, Maspero, Wagenbach : une nouvelle génération d'éditeurs politiques d'extrême gauche en Europe occidentale. 1955-1982 », thèse d'histoire sous la direction de Jean-Yves Mollier, Université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines,