En France, le ministre de la Justice est un membre du gouvernement nommé par le président de la République sur proposition du Premier ministre pour diriger les administrations du ministère de la Justice. Il a autorité sur les magistrats du parquet tandis que ceux du siège sont indépendants.

Détenteur du grand sceau de France, le ministre de la Justice porte également le titre de « garde des Sceaux ».

Le titulaire du poste et actuel garde des Sceaux est Gérald Darmanin, depuis le .

Historique Sous l'Ancien Régime

Historiquement, un sceau authentifiait les actes royaux ou passés au nom du monarque. La justice était rendue (par les Parlements, les baillis, les sénéchaux, etc. selon les systèmes) au nom du souverain. Toute décision de justice portait un sceau l'authentifiant.

La fonction de garde des Sceaux fut créée par , et Guérin, évêque de Senlis, en eut le premier la charge.

Le chancelier de France était l'équivalent du ministre de la justice, et exerçait la fonction de garde des sceaux de France. En 1791, à la fin du règne de , une loi dispose que les titres de chancelier et de garde des sceaux seront réunis en celui de « ministre de la justice, garde du sceau de l'État »La France législative, ministérielle, judiciaire et administrative : sous les quatre dynasties Par Nicolas Viton de Saint-Allais, 1, 1813 - 65..

Jusqu'à la République thumb|170px|Grand Sceau de France (officiel). De nos jours, ce n'est plus le roi mais le peuple français qui est souverain. Toute décision de justice se rend donc (cette formule se trouve souvent sur les décisions de justice, parfois en gras et en majuscules) mais la formule , désignant le titulaire du pouvoir d'authentifier une décision comme prise au nom du souverain, est demeurée. Le garde des Sceaux est dépositaire de tous les sceaux Institut de France, Le grand sceaux de France, Académie des sciences morales et politiques, 2006., ceux des rois et des républiques passés, ainsi que ceux de la République, dont le Grand Sceau de France, qui sert, de nos jours, à sceller certains actes constitutionnels.

Fonctions Son titre de « garde des Sceaux » précède celui de ministre en toutes circonstancesSite officiel du ministère de la Justice, « Chancellerie », « garde des Sceaux » : aux origines des mots, histoire et patrimoine..

Le ministre de la Justice présente devant le Parlement les projets de loi relatifs au droit pénal ou au droit civil, les réformes constitutionnelles, ainsi que le budget des juridictions.

Vis-à-vis de l'administration

Le ministre dirige plusieurs administrations du ministère, qui comprend en particulier la direction des services judiciaires (DSJ), l'administration pénitentiaire (AP), la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et le délégué interministériel à l’aide aux victimes..

Vis-à-vis des magistrats

Le ministre de la Justice conduit la politique pénale déterminée par le Gouvernement. Il veille à la cohérence de son application sur le territoire de la République. À cette fin, il adresse aux magistrats du ministère public des instructions générales. Il ne peut leur adresser aucune instruction dans des affaires individuelles. Les procureurs généraux lui adressent un rapport annuel de politique pénale sur l’application de la loi et des instructions générales ainsi qu’un rapport annuel sur l’activité et la gestion des parquets de son ressort.. Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l’autorité du garde des sceaux, ministre de la justice. Cependant à l’audience, leur parole est libreArticle 5 de l'ordonnance du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature.. De plus, les magistrats du parquet près la Cour de cassation n'ont pas de hiérarchie à respecter et ne sont pas non plus sous l'autorité du Garde des Sceaux. Le ministre de la Justice propose les nominations au Conseil supérieur de la magistrature de ces magistrats, mais n’est pas lié à son avis.

Le ministre de la Justice propose les nominations au Conseil supérieur de la magistrature des magistrats du siège hors magistrats du siège à la Cour de cassation, premiers présidents de Cour d’appel et présidents de Tribunal judiciaireArticle 65 de la Constitution.. Ces magistrats, qui sont inamoviblesArticle 64 de la Constitution, sont nommés sur avis conforme.

Le ministre peut également saisir le Conseil sur des questions disciplinaires. Il rend les décisions disciplinaires dans le cas des magistrats du parquet.

Vis-à-vis des officiers ministériels

Le garde des sceaux, ministre de la justice, nomme par arrêté les officiers publics ou ministériels (notaires, huissiers de justice…). Il accepte leur démission ou leur retrait d’une société titulaire d’un office en la même forme..

Liste des ministres de la Justice Ancien Régime

De 1790 au Consulat - : Jean-Marie Roland de La Platière. - : Antoine Duranthon - : Étienne de Joly - : Georges Jacques Danton - : Dominique Joseph Garat - : Louis-Jérôme Gohier - : Philippe-Antoine Merlin de Douai - : Jean-Joseph-Victor Genissieu - : Philippe-Antoine Merlin de Douai - : Charles Lambrechts - : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès - : André-Joseph Abrial

Du Consulat à la Révolution de 1848 thumb|Entête du Grand-juge en l'An XI. - : Claude Ambroise Régnier duc de Massa di Carrara - : Mathieu Molé - : Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey - : Charles Henri Dambray (intérim). - : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès - : Antoine Boulay de la Meurthe. - : Étienne-Denis Pasquier - : François Barbé-Marbois - : Charles Henri Dambray (intérim)Le Dictionnaire des parlementaires français de 1890 indique que Charles Henri Dambray a été garde des sceaux par intérim entre le 7 mai 1816 et le 18 janvier 1817. - : Étienne-Denis Pasquier - : Pierre de Serre - : Pierre-Denis de Peyronnet - : Joseph-Marie Portalis - : Pierre-Alpinien Bourdeau - : Jean de Courvoisier - : Jean de Chantelauze - : Jacques Charles Dupont de l'EureLe Dictionnaire des parlementaires français indique qu'il est garde des sceaux le 9 août 1830 jusqu'à sa démission le 17 octobre 1830. - : Joseph Mérilhou - : Félix BartheLe Dictionnaire des parlementaires français de 1889 indique une entrée en poste pour Félix Barthe le 12 mars 1831. - : Jean-Charles Persil - : Paul Jean Pierre Sauzet - : Jean-Charles Persil - : Félix Barthe - : Amédée Girod de l'Ain - : Jean-Baptiste Teste - : Alexandre-François Vivien - : Nicolas Martin du NordSelon la notice du Dictionnaire des parlementaires français sur Nicolas Martin du Nord, il est remplacé par Michel Hébert le 15 janvier 1847. Selon la notice sur ce dernier dans la même source, Michel Hébert n'occupe ce poste qu'à partir du 14 mars 1847. - : Michel Hébert

Sous le Gouvernement provisoire de 1848 et la Deuxième République - : Adolphe Crémieux - : Eugène Bethmont - : Pierre Marie de Saint-Georges - : Odilon Barrot, cumulé avec la présidence du Conseil. - : Eugène Rouher - : Ernest de Royer - : Eugène Rouher - : Eugène Corbin - : Alfred Daviel - : Eugène Rouher

Sous le Second Empire - : Jacques-Pierre Abbatucci - : Ernest de Royer - : Claude Delangle - : Pierre Jules Baroche - : Jean-Baptiste Duvergier - : Émile Ollivier - : Théodore Grandperret

Sous la Commune de Paris

Ministre Intitulé Parti Début Fin Gouvernement 60pxEugène Protot Délégué de la commission de la Justice Blanquiste Conseil de la Commune

Sous la Troisième République