vignette|Le château de La Ferté-Imbault, construit en brique de Sologne.
La Sologne est une région naturelle forestière française de la région Centre-Val de Loire, historiquement partagée entre l'Orléanais et le Berry, comprise entre la Loire et l'un de ses affluents, le Cher.
Ses habitants sont appelés les Solognots. Orléans, Blois, Gien et Vierzon en sont limitrophes (extérieurement).
Géographie alt=Carte topographique de la Sologne en région Centre-Val-de-Loire|vignette|Carte topographique de la Sologne dans la région Centre-Val de Loire.
Situation vignette|Le Beuvron à Lamotte-Beuvron. La Sologne est une région naturelle française située dans la région administrative du Centre-Val de Loire. S'étendant entre la Loire et le Cher, elle correspond au sud de l'Orléanais. Elle englobe une partie des actuels départements du Cher, du Loiret et de Loir-et-Cher. Elle s'étend sur près de . Elle est entourée par les régions naturelles suivantes : au nord par le Val de Loire orléanais ; à l’est par la Puisaye et le Pays-Fort (NB : le site Natura 2000 « La Sologne » exclut les collines du Sancerrois qui lui sont orientales) ; au sud par la Champagne berrichonne et le Boischaut Nord ; à l’ouest par le Val de Loire tourangeau et le Blésois.
Il s'agit de la seule région naturelle qui fait l’objet d’une délimitation administrative officielle, à la suite d'une loi du consacrée à la mise en valeur de ce territoire considéré comme particulièrement déshérité. L'arrêté du pris en application de la loi du fixe ainsi officiellement la liste des composant la Sologne, sur sologne-nature.org (consulté le 30 juillet 2012)..
Topographie La Sologne est une vaste plaine, bordée au nord par la vallée alluviale de la Loire. Son altitude varie de à l'ouest à au maximum à l'EstDOCOB (document d'objectif) du site Natura 2000 « sologne » (site fr2402001), février 2007, 505 pages, .. Les cours d'eau s'écoulent principalement d'est en ouest en suivant la pente de la plaine, et façonnent des vallées dont le relief est très faible, souvent imperceptible.
La Sologne a presque toujours conservé un caractère sauvage et humide voire précaire. Jadis zone marécageuse, c'est Napoléon III qui ordonne son assèchement. Connue pour ses étangs, couvrant environ douze mille hectares soit 2 % de son territoire, l'élevage ovin y est alors important, et l'avantage des feuilles de résineux qui auraient des bienfaits pour les ovins qui les consommeraient y est mis en avant pour pousser au boisement de la région et à la sylviculture. Les ovins y sont ensuite décrits comme des faux-amis. Selon, Adolphe Brongniart, en 1852, sur les 420 000 hectares de terres, 300 000 ne sont bonnes que pour le boisement et y promeut donc la sylviculture. Ses forêts sont notamment décrites dans l'ouvrage Raboliot (1925) de Maurice Genevoix. La Sologne possède une forte tradition de pêche et de chasse, très souvent privées.
Son sol pauvre, argilo-sableux, est humide l'hiver et sec l'étéGuellec I, , Ann. Sci. For., 1987, 44:489-510. Il est défavorable à l'agriculture. Il a longtemps constitué un facteur d'insalubrité (paludisme).
Sous-ensembles naturels Deux espaces s'opposent en Sologne : la Grande Sologne (dite aussi Sologne des étangs) et la Sologne Sèche (dite Sologne viticole). mais il existe aussi d'autres divisions.
Pour l'Office français de la biodiversité la Sologne est divisée en quatre grandes unités écopaysagères. La « Sologne des terrasses », également appelée « Grande Sologne » occupe tout le nord, la Sologne des étangs le sud, la Sologne viticole et maraîchère le sud-ouest et la Sologne sèche le sud-est :
Grande Sologne La Grande Sologne ou Sologne des étangs est située au centre de ce pays. Le parc de Chambord constitue une sorte de zone tampon entre cette partie de la Sologne, avec les quelques lacs qui s’y trouvent, et le Blésois, caractérisé par ses grands espaces forestiers.
L'interfluve entre la vallée de la Loire et la vallée du Cosson constitue l'unité écopaysagère de la « Sologne des terrasses », les sols y sont moins humides et moins dégradés que dans le reste de la Sologne, le labour y est possible. Les boisements y sont également moins denses et plus épars. L'agriculture, sur sols pauvres, a laissé au fil des décennies la place aux domaines de chasse.
Sologne sèche La « Sologne sèche » au sud-est est principalement constituée de cailloutis de silex et les forêts de résineux y occupent une grande surface. Il y a également de nombreuses bruyères. Les fonds de vallées comme celui de la Sauldre y sont tourbeux. La flore indigène comprend notamment : Sabline des montagnes (Arenaria montana), Flûteau nageant (Luronium natans), Bruyère vagabonde (Erica vagans), Caldésie à feuilles de parnassie (Caldesia parnassifolia), Chêne tauzin (Quercus pyrenaica), Piment royal (Myrica gale), Hélianthème faux alysson (Halimium lasianthum var alyssoides), Hélianthème en ombelle (Halimium umbellatum), Saule rampant (Salix repens), Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotondifolia), Rossolis intermédiaire (Drosera intermedia), Linaigrette grêle (Eriophorum gracile), Linaigrette à feuilles larges (Eriophorum latifolium), Parnassue des marais (Parnassia palustris), Marisque (Cladium mariscus).
Sologne viticole La « Sologne viticole et maraîchère », se situe au sud-ouest, alternant viticulture et maraîchage, espaces boisés et clairières pâturées, ce sont les marges solognotes qui font la transition vers la Touraine aux environs de Contres.
Sologne blésoise Elle se situe à proximité de Blois. Le val du Beuvron, de sa confluence avec la Loire jusqu’à la commune de Tour-en-Sologne, est généralement considéré comme limite naturelle entre cette partie de la Sologne, sur sa rive gauche, et le pays blésois, sur sa rive droite.
Sologne berrichonne Elle est située au sud-est entre Vierzon et Neuvy-sur-Barangeon.
Sologne caillouteuse Il s'agit de la région environnant Aubigny-sur-Nère, jusqu’à Argent-sur-Sauldre au nord.
Sologne orléanaise Juste avant le Val de Loire orléanais la Sologne orléanaise commence aux portes de la ville, après le quartier de La Source.
Sologne pouilleuse Elle se situe aux environs de La Ferté-Saint-Aubin.
Villes principales Romorantin-Lanthenay est la principale localité, les autres cités d'importance sont Olivet dont seule une partie de la commune fait partie de la Sologne, La Ferté-Saint-Aubin, Salbris, Aubigny-sur-Nère, Lamotte-Beuvron, Argent-sur-Sauldre et Le Controis-en-Sologne.
Vierzon est à la limite de la Sologne, mais fait partie du Berry.
Climat Le climat est océanique dégradé, comme la majeure partie de l'Ouest du Bassin parisien..
Hydrographie Les cours d'eau sont nombreux : le Barangeon, le Beuvron, la Bonneure, le Cher, le Cosson, la Nère, la Rère, la Grande Sauldre, la Petite Sauldre, la Sauldre, la Tharonne et le canal de la Sauldre.
Plus de trois mille étangs dont les principaux sont ceux : du Puits, de Beaumont, de la Giraudière, de Teillay, de la Noue, Neuf, Perret, de la Prée, de la Grande Corbois, de Marcilly, des Binoches, Grand étang de Rhuys, de l'Aiguillon, des Landes.
Voies de communication Les autoroutes A71 et A85 ainsi que la ligne de chemin de fer des Aubrais - Orléans à Montauban-Ville-Bourbon traversent la région.
La ligne de Chemin de fer du Blanc-Argent assure le trafic voyageurs sur la section comprise entre Salbris (Loir-et-Cher) et Valençay (Indre) via Romorantin-LanthenayHistorique du Chemin de fer du Blanc-Argent.
La compagnie des Tramways de Sologne exploitait, au début du , une ligne reliant Brinon-sur-Sauldre à Romorantin-Lanthenay via Orléans.
Toponymie Le nom est attesté sous les formes Secalaunia (sans date), Secalonia en 651 (donation de Leodobodus), Secalonia au (cartulaire Notre-Dame de Beaugency)secalaunia dans Du Cange (lire en ligne) Site ducange.enc.sorbonne.fr,consulté le 30 juillet 2012.Albert Dauzat, « Le nom de la Sologne » in Revue internationale d'onomastique, 1955, 7-2, pp. 83-86 (lire en ligne sur Persée) .
Selon Albert Dauzat, le premier élément représenterait une racine pré-latine *sēc- ou sĭc- « marécage », la même que l'on retrouverait dans le nom de la Seine < Sequana. Il est suivi de deux suffixes -al-onia, d'où Secalonia > *Sealogne > *Salogne > Sologne (par assimilation vocalique).
Cependant, le second élément -al-aunia, si l'on tient compte de la forme citée par Du Cange, pourrait être le même que celui que l'on identifie dans les toponymes du type Valognes, Valonne qui contiennent le thème vellauno / valauno attesté par plusieurs inscriptions votives gauloisesFrançois de Beaurepaire, Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, 1986, 253 , .. Même chose pour le vocable religieux Alauna qui est à l'origine des toponymes du type Alonne, , recensés par A. Dauzat et Ch. Rostaing à l'article Allamps (les formes du type Allon(n)e(s) étant les plus fréquentes)Albert Dauzat et Charles Rostaing,Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989 . Il est également bien attesté dans l'épigraphie gallo-romaine, associée par exemple à Mercure : Genio Mercurii Alauni (CIR, 1717) ou encore à Auguste : Sacro Alaunarum Augusti nostri (CIL III, 1883, Munich). Pierre-Yves LambertLa langue gauloise, édition errance, 1994 . y voit la signification de « nourricier » sur le thème celtique ala signifiant « nourrir » avec un suffixe d'agent issu de -mn-.
Histoire thumb|Lithographie représentant un paysage de Sologne, avec deux personnes et des chiens, gardant des vaches et moutons. Seconde moitié du , par Jules Joseph Augustin Laurens (graveur) d'après Constant Troyon (entre 1840 et 1901) Les noms de plusieurs villages de Sologne sont d'origine gauloise et les nombreux tumuli découverts montrent que la Sologne était peuplée à l'âge du fer. Les principaux cours d'eau portent également des noms d'origine celtique (gaulois) : Cosson, Beuvron (« rivière des castors »), Tharonne « rivière rapide ». La partie supérieure de la Sauldre, puis du Beuvron, constituait la limite entre le territoire des Carnutes et celui des Bituriges. Vaste forêt parsemée d'étangs, la Sologne fut à l'époque gauloise une forêt-frontière d'une grande importance : elle séparait deux importantes nations celtes, les Carnutes au Nord, les Bituriges Cubes au sud. Elle correspond à ce vaste massif appelé par les auteurs anciens « Forêt des Carnutes », dans laquelle se trouvait le principal Nemeton de la Gaule, considéré comme particulièrement important puisque commun à toutes les tribus de la Gaule (omphalos), et témoignant d'un sentiment d'appartenance gaulois au-delà des différences tribalesFabien Régnier, Jean-Pierre Drouin, préface de Venceslas Kruta, Les peuples fondateurs à l'origine de la Gaule, éd. Yoran Embanner, p. 103..
Les étangs se sont sans doute multipliés entre le , permettant d'exploiter une terre humide et marécageuseDrouet S, La pêche d'étang à travers le temps, Le Journal de la Sologne, hiver 2008, .. Le nombre d’étangs aurait atteint le nombre de quatre mille au .
La guerre de Cent Ans n'épargne pas la Sologne : Romorantin est prise par le Prince Noir. Jeanne d'Arc traverse la région. À la fin de cette guerre, la remise en état du pays s'accompagne d'une modification du paysage avec la création de nombreux étangs, la pisciculture étant plus rentable que l'agriculture.
À la fin du , le roi et sa cour vont y séjourner. Louis XII s'installe à Romorantin. y rencontre Claude de France qu’il épouse ensuite. La Sologne connaît alors une relative prospérité.
La Renaissance s'accompagne d'un intérêt particulier de la bourgeoisie et de la noblesse pour son climat. Dans cette petite période de prospérité de nombreux châteaux et résidences nobles et bourgeoises furent construits, notamment à Chambord et à Cheverny. Les guerres de religion qui suivent cette période laissent une partie des terrains rendus cultivables à l'abandon.