Sigma Sagittarii (σ Sgr / σ Sagittarii), également nommée Nunki, est la seconde étoile la plus brillante de la constellation du Sagittaire.

Nomenclature

Nunki est le nom propre de Sigma Sagittarii / σ Sgr aujourd’hui approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est le nom sumérien NUN.ki, introduit à partir des premiers textes publiés sur l’astronomie mésopotamienne par Richard Allen (1899), qui transcrit Nunki Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 359.. Ce dernier fait référence à Robert Brown, qui, en suivant les premiers déchiffreurs de tables cunéiformes, affecte ce nom au groupe ζσπ SgrRobert Brown , Researches into the Origin of the Primitive Constellations of the Greeks, Phoeniciens ans Babylonians, Oxford : William and Norgate, Vol.2, éd. 1900, p. 172.. Mais depuis, l’eau a coulé sous les ponts de l’Euphrate. En fait, pour les auteurs les plus récents, mul.NUN.ki, littéralement « l’étoile de la cité d’Éridu », est un des noms de l’étoile emblématique du mois, celui d’ulūlu (août-septembre) sur le chemin d’Ea dans les tables astronomiques « Douze fois Trois », datées à partir de la fin du millénaire av. è. c. Or cette étoile y est souvent remplacée par BIR = kalitu(m), « le Rein », affectée à λ Vel, ce qui est notamment confirmé par la Table dite « des cordons », datée sur une période allant du VII au V siècle av. è. c., où ce nom est celui d’une figure qui comprend les étoiles γ et λ Vel..

Alsadira Secunda est le second nom propre de Sigma Sagittarii / σ Sgr. C’est l’arabe الصادرة al-Ṣādira, qui correspond au groupe φςζτ Sgr, en classant les étoiles dans l’ordre normal des ascensions droites. Pour le comprendre, il faut voir que l’espace gréco-arabe de Sagittarius est occupé, dans le ciel arabe traditionnel, par une grande scène animalière nommée النعايم al-Naᶜā’im, « les Autruches », qui correspond à la XX des manāzil al-qamar ou « stations lunaires » Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 102-103., appellation qui concerne deux groupes. L'un est الواردة النعايم al-Naᶜā’im al-Wārida, « les Autruches qui descendent [boire] » au Fleuve, en arabe النهر al-Nahar, qui est un des noms de la Voie lactée, tandis que l'autre est النعايم الصادرة al-Naᶜā’im al-Ṣādira, « les Autruches qui reviennent [de boire] ». Ces deux groupes sont articulés de part et d’autre de راحي النعايم Rāᶜī al-Naᶜā’im, « le Berger des Autruches ». Voir l’image intitulée « النعايم al-Naᶜā’im, la figure arabe des Autruches près de la Voie lactée » dans la page consacrée à la constellation du Sagittaire. Les étoiles de ce groupe sont individualisées pour tout ou partie dans des catalogues tardifs, ainsi dans le traité de al-Tīzīnī (1533) (fr) Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, « Ğadwal al-kawākib al-ṯābita ou Table des étoiles fixes », traduction dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 102-103 et 179..

Le nom Alsadira secunda se rencontre chez Ahmed Benhamouda (1950) fr) Ahmed Benhamouda, « Les noms arabes d’étoiles », in Annales de L’institut d’études orientales, Alger, t. IX (1951), repr. sous le titre Étoiles et constellations, Alger : S.N.E.D. (Société nationale d’édition et de diffusion), 1972, p. 159., obtenu à partir de l'ordre d'apparition des étoiles dans le Ğāmiᶜ al-Mabādī wa-l-Ġāyāt fī ᶜilm al-mīqāt ou Collection des principes et des objectifs dans la science de la mesure du temps d’Abū ᶜAlī al-Ḥasan a-Marrākušī (1282) (fr) Abū ᶜAlī al-Ḥasan a-Marrākušī, « Catalogue 2: Abū ᶜAlī al-Ḥasan a-Marrākušī », traduction française, dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles…, op. cit., pp. 170-171., édité par Jean-Jacques Emmanuel Sédillot (fr) Jean-Jacques Emmanuel Sédillot, Traité des instruments astronomiques des Arabes, composé au XIIIe siècle par Aboul Hhassan Ali de Maroc, traduction et commentaire de J.-J. Sédillot, éditée par les soins de Louis-Amélie Sédillot, Paris : Impr. Royale, 1834, voir p. 147., ce qui est confirmé chez Louis Amélie Sédillot. Mais le nom est diffusé dans les catalogues modernes à partir de la transcription Thanih al Sadirah |i.e.] secunda τῶν al Sadirah donnée par la présentation du traité de l'Égyptien Muḥammad al-Aḫsāsī al-Muwaqqit, Durrāt al-muḍiyya fī l-ᶜamal al-šamsiyya ou Perles de brillance de l’activité solaire par Edward Ball Knobel.

Propriétés

Elle a une magnitude apparente de +2,1 et appartient au type spectral B3. Sa luminosité totale est de 3300 fois celle du Soleil pour à peu près 7 fois sa masse et 5 fois son rayon. Sa température de surface est d'environ . Nunki a un compagnon d'une magnitude apparente de +9,95, Sigma Sagitarii B, situé à 5,2 minutes d'arc. Il s'agit d'un compagnon purement optique. Il n'est pas impossible qu'il existe un autre compagnon plus proche.

Nunki, par sa position proche de l'écliptique, peut être occultée par la Lune ou par une planète. Sa dernière occultation a eu lieu, par Vénus, le . Mars ne le fait cependant qu'extrêmement rarement, la dernière fois le .

Notes et références

Voir aussi Article connexe Liste des étoiles les plus brillantes

Liens externes

Catégorie:Constellation du Sagittaire Catégorie:Étoile de type spectral BV Sagittarii, Sigma Sagittarii, 34 175191 092855 7121