Francisco Ignacio Madero González.., né le à Parras de la Fuente, Coahuila, et mort assassiné le à Mexico, est un homme d'État mexicain, président de la République de 1911 à 1913. Il est l'une des principales figures de la révolution mexicaine, réussissant à renverser le dictateur Porfirio Díaz. Il est élu président du Mexique lors des premières élections démocratiques de l'histoire du pays, puis gouverne de 1911 à 1913, année où il est renversé et assassiné avec son vice-président, José María Pino Suárez, lors d'un coup d'État connu sous le nom de « Décade tragique ». Le général Victoriano Huerta s'empare alors du pouvoir et impose sa dictature.
Il est connu au Mexique comme « », l'apôtre de la démocratie.
Biographie Premières années Il est le fils de Francisco Madero Hernández et de Mercedes González Treviño. Il reçoit une éducation soignée chez les jésuites, puis part étudier à Baltimore, à HEC à Paris, après avoir effectué son cycle secondaire au lycée Hoche à Versailles. Il étudie aussi l'agriculture à l'université de Californie à Berkeley et la banque à la Culver Academies en Indiana.
Issu d'une famille de richissimes entrepreneurs proches des dignitaires du régime de Porfirio Díaz., il veut apporter la démocratie au Mexique, mais sans bouleverser les cadres de la société ; il pense que la démocratie apporterait par elle-même et au fil du temps l'amélioration des conditions de vie pour l'ensemble des Mexicains.
En 1905, il présente sans succès sa candidature au poste de gouverneur de l'État de Coahuila. En , après avoir surmonté la désapprobation initiale de son père, il publie un livre intitulé : , qui connait un retentissement inattendu. Son slogan est le même que celui de Díaz à ses débuts : (« suffrage effectif et pas de réélection »). Luttant contre le gouvernement de Porfirio Díaz, qui, sans cesse réélu, gouverne le pays depuis 1876, il crée le Parti national anti-réélectionniste le et présente sa candidature aux élections de 1910. Accusé de fomenter une insurrection armée, il est arrêté le et emprisonné à San Luis Potosí. Après s'être échappé de la prison, il se réfugie aux États-Unis et y proclame le plan de San Luis qui déclenche la révolution mexicaine.
Révolution mexicaine vignette|gauche|redresse|Madero pendant sa campagne électorale en 1910.Il appelle à une insurrection, dont la date est fixée au . À la date prévue, le soulèvement est un fiasco. Ce n'est que dans l'État de Chihuahua, dominé par un grand propriétaire terrien, Luis Terrazas, et son gendre Enrique Creel, que Pascual Orozco prend les armes avec un groupe principalement formé de mineurs, tandis que Francisco Villa, un voleur de bétail et chef de bandits recherché par la police, rejoint un groupe de madéristes dirigés par Castulo Herrera. Le matin du , Madero lui-même, qui a traversé le Rio Grande, s'attendant à être accueilli par plusieurs centaines d'hommes, n'est rejoint que par une poignée de partisans et retourne bredouille aux États-Unis. Alors que, désespéré, il s'apprêtait à partir pour l'Europe, l'annonce des événements du Chihuahua lui redonne espoir.
Présidence vignette|Photographie du président Francisco Madero. Après la chute de Ciudad Juárez et le départ en exil de Porfirio Díaz qui veut empêcher une guerre civile, Madero, bénéficiant alors du soutien des États-Unis, remporte en obtenant voix. et accède au pouvoir le .
Madero doit faire face à la désillusion de certains de ses propres partisans ou alliés du moment, mais aussi à l'opposition des partisans de l'ancien régime, qui occupent encore de nombreux postes. Issu de la bourgeoisie, il connaît peu les conditions de vie et revendications des classes populaires et se préoccupe avant tout de rétablir la stabilité du pays. Emiliano Zapata réclame une réforme agraire, mais bien que compréhensif à l'égard des paysans, Francisco Madero lui répond qu'une réforme agraire ne s’improvise pas et que les revendications des paysans sont trop radicales. Il opère une réforme administrative, mais elle est partielle. Il annonce également une réforme de l'armée qui ne touchera cependant pas à la puissance et à l'influence des généraux porfiristes, tels que Bernardo Reyes et Felix Diaz (le neveu de Diaz), qui lui sont pourtant violemment hostiles..
Assassinat Au début de l'année 1913, Victoriano Huerta conspire avec Bernardo Reyes, Félix Díaz, le neveu de Porfirio, et l'ambassadeur américain qui craint que l'arrivée au pouvoir de Madero n'ouvre une période d'instabilité. Le coup d'État est fixé au . Il est convenu que Madero serait destitué et que Reyes lui succèderait jusqu'à ce que des élections permettent à Díaz d'accéder au pouvoir.. Le coup d'État est le début d'une période confuse et sanglante qui dure dix jours. Cette période est connue en espagnol sous le nom de « Decena Trágica » (la décade tragique). Madero, qui ne soupçonne rien de la trahison de Huerta, prend une série de décisions qui lui sont fatales. Il confie à Huerta le commandement des troupes chargées de mater les rebelles menés par Díaz après la mort de Reyes. gauche|vignette|Assassinat du président Madero. Le , le frère du président, Gustavo A. Madero (qui a négocié l'appui de financiers américains, notamment de la Standard Oil pour la révolution contre Díaz), fait arrêter Huerta. Le président, pour des raisons inexplicables, le fait libérer. Le , Francisco Madero est arrêté par le général Aureliano Blanquet et emprisonné. Huerta s'empare du pouvoir, après avoir convaincu Madero de démissionner et lui avoir donné sa parole qu'il aurait la vie sauve. Le , est assassiné dans des conditions particulièrement atroces. Le , Madero est assassiné en même temps que son vice-président Pino Suárez par des militaires chargés de les transférer du Palais national à un pénitencier, sous prétexte de tentative d'évasion.. L'opération est supervisée par le général Aureliano Blanquet et Cecilio Ocón.. Le major . qui commandait le détachement, fait descendre Madero et l'abat de deux balles dans la tête. Le vice-président est fusillé le long du mur du pénitencier..
Personnalité De son vivant, Madero est un adepte du spiritisme de Kardec Rosales Hernán, Madero y el espirítismo, Editorial Posada, Mexico D.F., 1973. Ferre de Mendioles Gabriel, Vida de Francisco I. Madero, Secretaría de Educación Pública, 1945.. Il est végétarien et non-violentÉric Jauffret, Révolution et sacrifice au Mexique, Les éditions du Cerf, Paris, 1986, p. 12.. Le , il devient le premier président en exercice au monde à prendre l'avion. durant un vol de douze minutes sur un Deperdussin piloté par George Miller Dyott.
Madero figure sur de nombreuses monnaies et billets de banque mexicains. Son effigie apparaît sur les nouvelles pièces de de circulation courante de 2009, commémorant le de la Révolution. Il figure sur les nouveaux billets de , en compagnie de et de Hermila Galindo mis en circulation le ..
Notes et références
Annexes Articles connexes Révolution mexicaine Décade tragique
Bibliographie . . . . . .
Liens externes
Museo de los presidentes coahuilentes : Francisco Ignacio Madero González. Site de la Présidence du Mexique. Liste des Gouvernants du Mexique. Gobernantes de México. Liste des Gouvernants du Mexique. Bicentenario 2010. Galerie des Gouvernants. Virtual American Biographies. Biographies des Présidents du Mexique.
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