vignette|Toro de lidia ayant déjà reçu plusieurs banderilles vignette|Taureau ayant reçu plusieurs banderilles
Les banderilles (en espagnol banderillas) sont des bâtons terminés par un harpon que le matador ou les peones de sa cuadrilla plantent dans le garrot du taureau lors du deuxième tercio de la corrida.
Présentation La longueur des banderilles varie selon les dictionnaires. On trouve une longueur de à dans le dictionnaire de Paul Casanova et Pierre DupuyCasanova Dupuy (1981), p.25, dans l'Encyclopédie Universalislongueur des banderilles, dans le dictionnaire de Robert Bérard : Il est important de faire la différence entre le garrot du taureau et le morillo: on place les banderilles dans le garrot, la pique dans le morillo.
Les banderilles sont généralement posées par les peones appelés banderilleros. Mais certains matadors les posent eux-mêmes. Dans ce cas, le matador doit être seul en piste face au taureau et ne pas compter sur l'aide des peones sauf pour la mise en suerte de l'animal. Le matador étant seul, il peut interrompre le tercio quand il le souhaite. Les banderilles des matadors sont souvent mieux décorées que celles des peones, et souvent blanches. Parmi les maestros banderilleros les plus réputés, on trouve notamment Victor Mendes, Nimeño II, Luis Francisco Esplá, « El Fundi », Luis Miguel Encabo, « El Fandi », Juan José Padilla, El Juli.
Trois paires de banderilles sont posées par le matador. Les peones ont aussi le droit d'en placer trois. Toutefois, le président de la course peut décider d’en réduire le nombre lorsque le tercio traîne en longueur.
Historique thumb|Pose de banderilles al cuarteo en 1796, illustrant la Tauromaquia completa. L'origine des banderilles reste hypothétique. Selon Pierre Casanova et Paul Dupuy : Selon Claude Popelin :
Selon Robert Bérard on ne peut faire que des hypothèses sur l'origine des banderilles.
Au début de la corrida à pied, les toreros tenaient la cape d'une main et dans l'autre une banderille qu'ils plantaient un peu n'importe où dans le garrot. On attribue parfois la coutume de poser les banderilles par paires à Bernardo Alcalde y Meríno surnommé « El Licenciado de Falces » ou encore « El Estudiante de Falces » que Francisco de Goya a représenté dans une gravure intitulée El Diestrísimo Estudiante De Falces (en français « Le très talentueux - très habile- étudiant de Falces »). D'autres attribuent cette coutume à Francisco Romero.
La gravure numéro 7 de La Tauromaquia de Goya, suggère que les premières banderilles étaient des flèches décorées de rubans que les Maures lançaient sur l'animal avec une cape en main.
Différentes méthodes thumb|Le banderillero Curro Molina pendant le tercio de banderilles Il existe de très nombreuses manières de poser les banderilles. Les plus fréquentes sont « al cuarteo » (« au quart ») et « de poder a poder » (« de puissance à puissance »). Dans les deux cas, le banderillero se place face au taureau, déclenche sa charge par des mouvements des bras et des cris, puis va à la rencontre du taureau en suivant une trajectoire courbe, le taureau suivant lui-même une trajectoire courbe ; à la rencontre, il pose les banderilles et se dégage d’un écart. La différence entre les deux vient de la longueur des trajectoires respectives du taureau et du banderillero, beaucoup plus longues dans le second cas, de sorte qu’à la rencontre, le taureau a accéléré sa vitesse au maximum, alors que dans le premier cas, à la rencontre, sa vitesse est encore réduite.
Les plus spectaculaires sont sans doute les suivantes : thumb|« El Fandi » plante des banderilles de poder a poder « De sobaquillo », manière de placer les banderille une fois la tête du taureau passée « A la media vuelta», c'est peut-être la méthode la plus ancienne qui s'utilise en recours avec les taureaux qui ne « passent » pas « al sesgo por fuera », le banderillero pose les banderilles en passant devant le taureau arrêté à proximité de la barrière, en laissant le taureau entre lui et la barrière ; « al sesgo por dentro », la manière est identique, sauf que le banderillero passe entre le taureau et la barrière ; « al quiebro », le banderillero immobile déclenche la charge du taureau ; un instant avant la rencontre il fait mine de partir sur son côté droit en marquant un pas de côté qui a pour effet de dévier légèrement la course du taureau ; le banderillero profite alors de ce léger écart fait par le taureau vers l’extérieur pour regagner sa position initiale et poser les banderilles. « al relance », le banderillero va à la rencontre du taureau en pleine course. « al violín », les deux banderilles sont posées tenues dans la seule main droite, le banderillero faisant charger le taureau sur son côté gauche, de sorte que pour les poser, il fait passer les banderilles par-dessus son bras gauche, un peu comme l'archet du violon. Méthode surtout utilisée dans la corrida de rejón.. « de poder a poder » (« pouvoir à pouvoir ») désigne une méthode qui est une variante du Al cuarteo beaucoup plus risquéeCasanova Dupuy (1981), p.27. « al cuarteo » (« axe de la charge ») méthode qui consiste pour le torero à partir du centre de l'arène pour se porter à la rencontre du taureau.
Utilité Sur le rôle des banderilles, les opinions des historiens sont divergentes, parfois contradictoires. Pour Auguste Lafont :
Selon Claude Popelin et Yves Harté :
Pour Robert Bérard :
Toutefois, ce même historien reconnaît au tercio de banderilles une utilité lorsqu'il est correctement exécuté. Entre autres, il permet au matador d'observer le comportement du taureau, de savoir la manière dont il attaque l'homme, s'il part au premier cite ou s'il faut le solliciter plusieurs fois, si sa charge est régulière.
Pour Paul Casanova et Pierre Dupuy, la finalité des banderilles n'est pas claire :
Corrida de rejón
Au premier tercio des corridas de rejón le torero à cheval utilise des rejóns qui n'ont qu'un très lointain rapport avec les banderilles. Ces javelots remplacent la pique et tiennent lieu de « châtiment ». En langue portugaise, on les appelle farpas synonyme de rejón. Ce sont des javelots de bois de de long qui se terminent par un fer de à double tranchant. Le fer est fixé à la hampe par une cheville pré-taillée en sorte qu'elle se sépare en deux parties au moment de la pose, libérant ainsi un drapeau qui sert de leurre.
Au deuxième tercio le rejoneador plante des banderilles de diverses catégories. Certaines sont similaires à celles de la corrida à pied. Les plus spectaculaires sont les banderilles courtes, que l'on n'utilise pas dans la corrida à pied, et qui exigent une grande habileté du rejoneador car elles sont plus risquées à poser, soit à une main, soit à deux mains. La plus risquée de toutes est « la rose », une banderille très courte semblable à la devise d'une ganadería inventée par Ángel Peralta, surmontée d'une rose.
Couleurs et musique Outre les diverses couleurs des banderilles utilisées par les matadors, les peones, et les rejoneadores, il existe également des banderilles dites « noires ». Ces banderilles sont utilisées lorsque le taureau a fait preuve d’un manque de bravoure évident et sont un signe d’infamie pour l’éleveur. Leur utilisation est toutefois exceptionnelle. Elles sont placées .
Il a été aussi question, pour les taureaux trop faibles, d'utiliser des banderilles vertes qui interdiraient au matador l'obtention d'un trophée. Cette proposition d'un aficionado nommé Alfonso de Aricha n'a pas été retenue.
Une musique particulière accompagne le matador lorsqu'il a décidé de banderiller lui-même. Il s'agit toujours d'une valse ou Jota, danse issue du folklore espagnol. Parmi les jotas les plus connues, on trouve notamment :Victor el Lusitano (Victor le portugais)extrait de Victor el Lusitano, matador connu pour son style aux banderilles.
Art La Pose des banderilles est une huile sur fer blanc de Francisco de Goya réalisée entre 1793 et 1794.
Bibliographie
, préface de Jean-Robert Pitte
(préface Jean Lacouture et François Zumbiehl)
édité en 1994 par Alianza Editorial, Madrid, traduit de l'espagnol par André Gabastou
Notes et références
Annexes
Catégorie:Matériel de corrida