La Citroën GS / GSA est une voiture fabriquée par le constructeur automobile français Citroën à près de d'exemplaires, de 1970 à 1986. Il s'agit de la voiture la plus vendue par Citroën après la 2 CV et l'AX. Le nom GS provient de son projet d'étude, « projet G », devant être décliné en version moteur 4-cylindres à plat type GX et à moteur à piston rotatif type GZ. Elle remporta le trophée européen de la voiture de l'année en 1971.
En 1978, la GS est la voiture française de sa catégorie la plus produite avec Revue française Gazoline numéro 194, novembre 2012, page 101, article Étude : la Citroën GS à travers les documents, . En 1973, 1975 et 1978, elle est la troisième voiture la plus vendue en France.
Historique Depuis le lancement de la DS en 1955, la gamme du constructeur aux chevrons comportait trois modèles d'automobiles : la 2 CV, l'Ami 6 et la DS. Il y avait un trou béant entre les deux petits modèles populaires et la grande berline. Le milieu de gamme était l'objet d'une vive concurrence car il représentait le volume de marché le plus important. À l'époque, les constructeurs étrangers étaient pénalisés par des taxes importantes mais les accords pour créer le "Marché Commun" commençaient à ouvrir les frontières et les modèles Fiat, Ford, Opel et Volkswagen étaient de plus en plus présents sur les routes de France. Le constructeur se devait de corriger cette erreur stratégique. La volonté existait bel et bien mais les ressources financières de la marque, en perpétuelle difficulté, l'en avaient empêché. Michelin, propriétaire du constructeur, cherche d'ailleurs à vendre Citroën. Les premières négociations avec le géant italien Fiat aboutiront le avec le rachat de 15 % du capital de Citroën.
Prototypes Projet C60 Dès l'année 1960, un prototype dénommé "C60", dessiné par Flaminio Bertoni et répondant au cahier des charges de la GS est étudié et construit. Présenté comme berline, ce véhicule ressemble à une Ami 6 avec un avant esthétiquement proche de la DS. L’arrière se termine par une lunette inversée en forme de Z, qui sera repris l’année suivante sur la berline Ami 6. Le moteur de la C60, un 4-cylindres à plat culbuté et refroidi par air est dérivé des et . Ce premier projet de voiture moyenne est cependant abandonné malgré son avancement. Un prototype C60 est encore aujourd'hui conservé par Citroën..
Projet F Dès lors, un autre projet avec plus d'envergure est lancé, - pour combler le manque de modèles de gamme moyenne - chez Citroën dans les années 1960 : le projet "F" (également connu comme projet AP). De nouveau dessiné sous l'égide de Flaminio Bertoni, il se décline en quatre versions différentes : Un modèle de base, équipé d'un moteur bicylindre dérivé de celui de la 2 CV, et de suspensions par barres de torsion latérales ; une variante disposant d'un quatre cylindres à plat de refroidi par air ; une version équipée d'un dérivé du quatre cylindres de la DS ; enfin le haut de gamme, animé par un moteur à pistons rotatifs Wankel et qui profite d'une suspension hydropneumatique.
Les prototypes assemblés en 1963 présentent de nombreuses innovations, à commencer par son hayon arrière relevable, bien avant la Renault 16. Mais les déboires s'accumulent malheureusement : manque de développement et de fiabilité du moteur Wankel, qui consomme beaucoup d'huile et de carburant, rigidité insuffisante de la structure autoportante du modèle, problèmes de brevets déposés avec Renault pour le hayon arrière Le , le projet F est donc abandonné à son tour, malgré les millions de francs investis dans des études, participant plus tard à la crise financière et la faillite de Citroën, qui secouera petit à petit la marque jusqu'à son rachat en 1974 par Peugeot. après que le gouvernement français eut bloqué la vente au géant italien Fiat qui en détenait déjà 25% à travers la holding PAR.DEV.I créée avec Michelin pour l'occasion.
Projet G Enfin, le troisième projet, baptisé "G", est lancé en , avec pour objectif la commercialisation d'un nouveau véhicule pour le salon de Paris à l'automne 1970. Conçu dans l'urgence, il reprend de nombreux éléments du projet F, notamment le quatre cylindres à plat d'un litre de cylindrée et le moteur Wankel.. La ligne, fluide et novatrice, est signée Jean Giret, designer maison sous la direction de Robert Opron. Le style général est notamment dérivé de l'Ami 8 (en dépit d'allégations d'inspiration d'un prototype Pininfarina).
Évolution Généralités :
Les véhicules produits entre et sont des GS de , berlines, breaks et versions commerciales. Après de nombreuses modifications, en , la berline GSA de se voit dotée d’un hayon, d'un nouvel intérieur, un nouveau tableau de bord, de gros pare-chocs en plastique avec déflecteurs à l'avant, la suppression des éléments chromés ou encore de nouvelles poignées de portes extérieures, jusqu'à la fin de la production en . Les GSpecial (berlines et break) et GSA (Club, Pallas et X3), cohabitent pendant un an, durant l'année-modèle 1980. La GSA Special remplacera la GSpecial.
La GS fut dévoilée à l'usine "Citroën de Rennes La Janais" le , avant d'être présentée au salon de Paris en octobre suivant. Deux niveaux de finition sont proposés : Confort, assez spartiate et dépouillée, et Club, qui lui ajoute de nombreux équipements (feux de recul, compte-tours, tissus intérieurs plus cossus, entourages de vitres chromés).
Fin , un break s'ajoute à la gamme des berlines. Il est rapidement suivi par des versions commerciales à trois portes, vitrées ou tôlées... vignette|GSA Club break
Les grandes qualités de confort, d’aérodynamisme et de tenue de route de la GS étonnent la clientèle et lui valent d'être élue Voiture européenne de l'année en 1971 avec , contre 121 pour sa « dauphine »cf la page de 1971 sur le site officiel de l'organisation qui décerne le trophée : Car of the year 1971On peut y lire : , ce que l’on peut traduire par ..
Citroën met en avant le coefficient de pénétration dans l'air des GSA X1 et X3 avec leur becquet AR(Cx 0,318journal Citroën Traction 2000 , octobre 1980.), qui est remarquable pour l'époque (livret-catalogue AM82 , catalogues AM83, 85 et 86). Obtenu après multiplication par la surface frontale, le SCx, exceptionnel, n'est lui que de 0,575 ; par comparaison, le SCx de la contemporaine et aérodynamique Audi 100 atteint 0,61 en 1983. Parmi les particularités futuristes du véhicule, on note un tableau de bord avec un compteur de vitesse composé d'une loupe devant un tambour rotatif (de 1970 à 1976 et de 1979 à 1986) jouant le rôle de tachymètre ; les et de la première génération sont elles dotées d'un tableau de bord classique à cadrans ronds proche de celui de la GS Birotor. vignette|Citroën GS break Service vitré
Son succès commercial est cependant entravé par une finition jugée médiocre, ainsi que des problèmes de fiabilité mécanique des premiers modèles fabriqués de 1970 à 1972 – certains moteurs voyant les cames de leurs arbres à cames s'user anormalement, à cause d'un mauvais traitement de surface, une surconsommation d'huile - à cause de l'étanchéité des joints de tiges de culbuteurs, avec au lancement du moteur une fumée bleue sortant de l'échappement, une corrosion rapide du soubassement et des passages de roues AR - au niveau de la soudure du bloc de support des butée de la suspension sur la caisse, et, dans une moindre mesure, par des performances et reprises insuffisantes avec le premier moteur , ainsi qu'une consommation jugée importante à cause d'un couple de reprise trop faible obligeant à rétrograder souvent, comme le note la presse automobile de l'époqueAinsi le site Car of the year (op. cit). qui regroupe des journaux européens note sur la page consacrée à la GS de 1971 (op. cit.) : , que l’on peut traduire ainsi : . Accélérations et reprises s'amélioreront, d'abord avec l'apparition de la GS 1220 en (modèle 73), et en (modèle 74) avec un retravaillé sur la GS X2, puis avec le des GS X3 qui remplacent la X2 en (année-modèle 79), ce moteur sera ensuite repris sur les GSA.
Et enfin, la boite de vitesses sur la 1220 qui siffle un peu à la retenue, au frein moteur en descente. Cet inconvénient disparaitra plus tard.
Le , qui a une consommation au-dessus de la moyenne à cause d'un couple trop faible, obligeant à rétrograder souvent pour relancer la voiture, sera remplacé avec un petit gain de puissance par un en (modèle 78) en augmentant simplement l'alésage ; il sera lui aussi repris pour la GSA.
En France, les GS/GSA ont été déclinées en quatre séries spéciales limitées : GS Basalte en et limitée à dont pour la FranceGS Basalte ; GSA Tuner commercialisée en et limitée à GSA Tuner ; GSA Break Cottage en , produite à GSA Cottage ; GSA Chic en , limitée à GSA Chic.
La GSA est remplacée en partie par la BX dès 1982. Une remplaçante plus directe, dérivée de la Peugeot 309, est étudiée à l'époque (projet M3). Aucune suite n'est finalement donnée au projet en série, compte tenu du succès de la BX. La GSA cesse d'être commercialisée en .
Caractéristiques La GS est une berline bicorps de moyenne gamme avec des lignes très aérodynamiques. Elle est inspirée du dessin de Leonardo Fioravanti pour le carrossier Pininfarina pour sa "berlina aerodinamica" de sur base BMC 1800. Celle-ci sera suivie en de la BLMC 1100 berlina aerodinamica dotée d'un hayon, comme en aura la berline GSA, et dessinée par Fioravanti, aidé de Paolo Martin. Sur les premières séries, les motifs hexagonaux de la calandre et des garnitures de contre-portes ont été influencés par Bertone et son prototype Marzal de 1967. La GS est une traction avant équipée d’un 4-cylindres à plat Citroën de type Boxer refroidi par air et placé en porte à faux avant. La GS est la première voiture française homologuée à l'essai de choc et également la première, avec les Chrysler 160 et 180, à disposer de glaces latérales galbées. Elle est dotée d’un freinage haute pression sur les quatre freins à disque et la suspension hydropneumatique maison est dérivée de la famille DS. Le train avant est à parallélogramme déformable transversal avec le pivot de direction dans l’axe de la roue comme la DS et la SM (ce qui élimine les efforts latéraux transmis par les roues à la direction : celle-ci ne reçoit plus que des efforts verticaux, sans incidence sur la tenue de cap et la direction), le train arrière est une structure rigide faite d'un cadre monté sur silentblocs vissé sur la caisse, équipé de bras tirés, avec vérins de suspension horizontaux. Pour réduire les mouvements verticaux de caisse que certains reprochaient à la DS, la GS adopte une géométrie anti-plongée du train avant, obtenue par une inclinaison vers l’avant des articulations des bras de suspension, comme la Lotus 72 de Formule 1 apparue en - monoplace qui partage aussi avec la GS la particularité des freins avant "inboard". Ces solutions technologiques combinées lui confèrent une tenue de route et un confort de premier ordre. Les disques de freins avant sont de type , comme les et leurs dérivées, la DS et la SM, c'est-à-dire accolés à la boite de vitesses montés sur les transmissions, allégeant d’autant les masses non suspendues du train avant. Cette conception sophistiquée coûte cher et le service financier estime qu'il aurait fallu vendre la voiture de plus (sur , qui était le prix de la version de base au lancement) pour rentabiliser le véhicule.
Motorisations Tout au long de sa carrière (16 ans), la voiture sera équipée des différentes évolutions du « moteur boxer série G » 1015 de la GS 1015, 1129, 1222 et , développant de . Ils seront dotés d'un arbre à cames en tête dans chaque culasse, chacun commandé par une courroie crantée, solution rare à l’époque et qui s’avérera des plus fiables et surtout au point de vue silence de fonctionnement.