L' est l'une des deux composantes du Parlement du Québec, l'autre étant le lieutenant-gouverneur.
L'Assemblée a pour mission de voter les lois, contrôler l'action du gouvernement et évaluer les politiques publiques. Depuis la 34e Législature, elle est composée de 125 personnes, les députés, qui sont élus pour quatre ans par les citoyens. Au moment des élections générales de 2026, le nombre de circonscriptions électorales et de députés passera de 125 à 127.
Chaque député est élu dans l'une des circonscriptions électorales du Québec selon un mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour.
L'Assemblée se réunit au grand complet deux périodes par année, soit de février à juin et de septembre à décembre avec une pause de huit semaines les séparant.
Depuis l'abolition en 1968 du Conseil législatif du Québec, qui faisait office de chambre haute, l'Assemblée nationale est aujourd'hui la seule chambre du Parlement. Elle siège à l'hôtel du Parlement, dans la ville de Québec.
Histoire vignette|left|L'Assemblée législative réunie le . Le Québec est l'une des démocraties qui pratique le parlementarisme depuis le plus longtemps au monde. En effet, la première législature du Bas-Canada ouvrit en 1792 au palais épiscopal du diocèse catholique de Québec, plus précisément le .. La première élection eut lieu du au . Cinquante députés furent élus, comparativement à 125 aujourd'hui. Le Parlement fut alors nommé Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Le premier orateur élu fut Jean-Antoine Panet.
La Chambre d'assemblée fut ensuite abolie par le parlement britannique à la suite de la rébellion des Patriotes. De fait, l'adoption de l'Acte d'Union de 1840 a eu pour effet de fusionner le Bas-Canada et le Haut-Canada sous l'empire de l'Assemblée législative de la province du Canada. Avec l'adoption de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le Parlement du Québec fut restitué. gauche|vignette|Députés conservateurs à la Chambre de l'Assemblée législative de Québec, 1883. En 1867, celui-ci était constitué de deux assemblées législatives, soit d'une Chambre basse : l'Assemblée législative, et d'une Chambre haute : le Conseil législatif. La première était composée des députés élus par le peuple pour un mandat d'au plus cinq ans, alors que le Conseil législatif était constitué de 24 conseillers nommés à vie par le lieutenant-gouverneur.
Le , le Conseil législatif est aboli, instituant du même coup un parlement unicaméral dont la Chambre élective fut renommée « Assemblée nationale ». C'est également à partir de ce moment que les titres de président et de vice-président de l'Assemblée nationale remplacèrent respectivement ceux d'orateur de l’Assemblée législative et d'orateur suppléant.
Le , la Loi sur l'Assemblée nationale est adoptée, abrogeant par la même occasion la Loi sur la législature. La Loi sur l'Assemblée nationale a notamment eu pour effet de reconnaître une autonomie administrative à l'Assemblée nationale, car elle a institué le Bureau de l'Assemblée nationale, un organe composé du président et de neuf députés provenant des principaux partis politiques (5 du parti gouvernemental et 4 des partis d'opposition).. Le Bureau remplace alors la Commission de régie interne - qui était composée du président de l'Assemblée et de trois ministres.. - et exerce des fonctions de contrôle, de réglementation et de gestion. Par rapport à l'Assemblée, le Bureau joue le rôle d'un conseil d'administration. Cette loi exige, au surplus, du député la prestation d'un serment de loyauté envers le peuple du Québec :
Le , Denis Lortie, un caporal de l'Armée canadienne s'introduit dans l'hôtel du Parlement avec une mitraillette, il tue trois personnes en plus d'en blesser 13 autres.
Le , le bicentenaire de la séance inaugurale de la première session est commémoré lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale. Une série d'activités ont lieu pour souligner cet anniversaire, notamment un symposium international sur la démocratie.
Le , l'Assemblée nationale adopte une réforme parlementaire à l'unanimité. Ses objectifs sont de favoriser l'autonomie et l'initiative des députés; d'accroître l'efficacité du travail des députés; de réaffirmer l'équilibre démocratique dans les délibérations parlementaires et de rapprocher l'Assemblée nationale des citoyens. Fruit de cette réforme, de nouvelles possibilités s'offrent aux citoyens pour exprimer leurs opinions. Ils peuvent dorénavant signer une pétition en ligne, commenter des sujets à l'étude ou participer à une consultation sur le site Internet de l'Assemblée.
En , l'Assemblée nationale du Québec a spécialement réitéré sa volonté de défendre la langue française et le patrimoine religieux du Québec, à la suite de la polémique sur les accommodements raisonnables.. Une motion déposée fut unanimement approuvée par les députés :
vignette|Un crucifix était accroché au-dessus du siège du président de l'Assemblée nationale depuis 1936. Il est retiré le .
Le , renversant sa précédente décision, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion demandant au Bureau de l'Assemblée, après l'adoption du projet de Loi sur la laïcité de l'État, de déplacer le crucifix en dehors du salon Bleu pour le mettre en valeur dans un autre lieu du Parlement..
Le , l’Assemblée nationale du Québec inaugure son nouveau pavillon d’accueil après plus de trois ans de travaux. Ce pavillon comprend deux nouvelles salles de commission parlementaire. Conformément à la volonté exprimée par les députés de reconnaître l’engagement des femmes à la politique québécoise, il a été convenu que ces lieux portent les noms de pionnières ayant marqué le Québec. La salle Marie-Claire-Kirkland est désignée en hommage à la première femme élue députée en 1961, et nommée ministre en 1962. Quant à la salle Pauline-Marois, sa désignation vise à honorer la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec en 2012.
Pouvoir L'Assemblée nationale peut adopter des projets de loi dans les matières relevant des compétences du Parlement du Québec (attribuées par la Constitution du Canada).
La Loi sur l'Assemblée nationale et la Loi électorale remplacent les dispositions de la Loi constitutionnelle de 1867 qui définissent la constitution du pouvoir législatif du Québec.
Le gouvernement du Québec est responsable devant l'Assemblée nationale du Québec. De fait, le contrôle parlementaire des décisions gouvernementales s'effectue selon divers modes. La période de questions et réponses orales est la forme de contrôle la plus médiatisée, comportant généralement de vives confrontations. Elle est alors télédiffusée sur le Canal de l'Assemblée nationale et sur le site Internet de l'Assemblée. Dans des circonstances exceptionnelles, les commissions d'enquête et les débats d'urgence suscitent en outre une forte médiatisation.
Les autres formes de contrôle se déroulent généralement dans un cadre de concertation des partis. La responsabilité du gouvernement est ainsi assurée par les commissions parlementaires et autres travaux. Les organisations relevant directement de l'Assemblée nationale servent aussi de moyen de contrôle, à savoir : le commissaire à l'éthique et à la déontologie, le commissaire au lobbyisme du Québec, le directeur général des élections du Québec, le protecteur du citoyen, le vérificateur général du Québec et le commissaire à la langue française.. Ces six personnes désignées par l'Assemblée nationale sont nommées par celle-ci pour exercer une charge publique.. Ce statut leur permet de conserver leur indépendance ainsi que leur impartialité. Redevables à l'Assemblée nationale, elles sont nommées sur une proposition du premier ministre qui doit être approuvée par les deux tiers des députés.. vignette|Mosaïque des journalistes de la Tribune de la presse, 1907. Reconnue depuis 1871., la Tribune de la presse, qui regroupe les représentants de plusieurs entreprises de presse du Québec et du Canada couvrant l'actualité parlementaire et politique, est continuellement présente sur la Colline et possède ses propres locaux à l'intérieur des édifices parlementaires. Le Canal de l'Assemblée nationale, la diffusion publique des travaux parlementaires et les groupes d'intérêts se veut un autre moyen d'assurer la responsabilité gouvernementale.
Localisation
Les séances de l'Assemblée nationale ainsi que ses commissions plénières ont lieu dans la salle de l'Assemblée nationale (salon Bleu) située dans l'hôtel du Parlement. Le complexe de la colline parlementaire de Québec comprend en outre les édifices André-Laurendeau, Jean-Antoine-Panet, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier. Ce dernier édifice abrite toutefois le ministère du Conseil exécutif, où se trouve le bureau du premier ministre..
Construit entre 1877 et 1886, l'hôtel du Parlement fut conçu par l'architecte Eugène-Étienne Taché qui s'est inspiré du mot Je me souviens, devenu la devise du Québec. Son style architectural Second Empire en fait une construction unique en Amérique du Nord. Cet édifice est reconnu comme monument historique national depuis 1985..
Composition actuelle
+ Composition de l'Assemblée nationale du Québec Parti Chef du parti Nombre de sièges Nombre d'hommes Nombre de femmes Coalition avenir Québec François Legault 79 42 37 Parti libéral du Québec Marc Tanguay (intérim) 18 8 10 Québec solidaire Ruba Ghazal - Sol Zanetti 11 7 4 Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon 7 5 2 Parti conservateur du Québec Éric Duhaime 1 0 1 Indépendant - 9 5 4 Vacant - - - Total 125 / 125 68 57
Compositions récentes
Fonctionnement parlementaire Procédure La procédure parlementaire québécoise est régie par diverses sources : Constitution du Canada : La Loi constitutionnelle de 1867 est la principale source de droit parlementaire, par son préambule : ; Conformément à ces principes, la Loi constitutionnelle de 1982 énonce la compétence exclusive du Parlement du Québec pour modifier la constitution du Québec, à l'exception des modifications portant sur la charge de lieutenant-gouverneur ; Loi sur l'Assemblée nationale. : Loi constitutive de l'Assemblée nationale ayant effet juridique indépendamment des articles 71 à 87 de la Loi constitutionnelle de 1867 ; Règlement de l'Assemblée nationale. : Corpus de règles écrites régissant le fonctionnement de l'Assemblée nationale et de ses commissions parlementaires ; Ordres spéciaux : Résolutions de l'Assemblée nationale dérogeant au Règlement ; Précédents (jurisprudence parlementaire) : Décisions rendues par la présidence et diffusées au Recueil de décisions concernant la procédure parlementaire ; Usages et coutumes parlementaires : Traditions permettant la résolution de questions litigieuses lorsque les sources du droit écrit sont muettes ; Doctrine : L'ensemble des ouvrages juridiques, dont le principal est La procédure parlementaire du Québec., qui colligent et commentent les origines et les modalités du droit parlementaire, les traditions et les précédents.
Fonctions parlementaires Au nombre de 125, les députés sont à la base du système législatif. Ils exercent trois rôles principaux, soit : Législateurs. : auteurs des lois ; Contrôleurs de l'action gouvernementale : gardiens de la responsabilité ministérielle ; Intermédiaires entre les citoyens et l'administration publique : défenseurs des intérêts particuliers de leur circonscription électorale.
Dans l'exercice de ses fonctions, les députés peuvent avoir les titres parlementaires suivants : Président de l'Assemblée nationale du Québec : dirige les séances de l'Assemblée; administre les services de l'Assemblée; représente l'Assemblée au Québec et à l'étranger.. Vice-président de l'Assemblée nationale du Québec : dirigent principalement les débats en commission plénière et pendant les affaires du jour. Le premier et le deuxième vice-présidents proviennent du parti ministériel (groupe parlementaire formant le gouvernement) alors que le troisième vice-président est issu des rangs de l'opposition officielle..