L'économie du Québec est fortement intégrée aux économies du reste du Canada et des États-Unis. Elle s'appuie principalement sur le secteur des services en plus d'un secteur industriel varié mais reposant principalement sur plusieurs industries stratégiques pour l'exportation; l'aéronautique, la production d'aluminium et d'électricité, l’industrie pharmaceutique, l'extraction du fer, du cuivre et des métaux précieux, la coupe de bois et la production de papier.

Le cœur économique du Québec est la région métropolitaine de Montréal où habitent la moitié des Québécois. Cette région compte à elle seule pour 53,4 % du produit intérieur brut (PIB) de la province suivi par la région métropolitaine de Québec (11,4 %), Gatineau (3,2 %), Sherbrooke (2,2 %), Saguenay (1,9 %) et Trois-Rivières (1,8 %). En tout, le PIB du Québec aux prix du marché s’élevait à , soit 19,0 % du PIB du Canada.

La taille de l'économie québécoise se compare à celle de pays comme le Portugal. Ajusté par habitant, le Québec se compare économiquement plutôt à l'Écosse. Le produit intérieur brut par habitant du Québec atteint, en 2016, PPA. En tenant compte de l’ensemble du commerce extérieur de biens et de services, y compris le commerce interprovincial du Québec qui vaut 39,6 % des exportations vers toutes les destinations en 2008, les exportations du Québec s’établissent à 51,8 % de son PIBInstitut de la statistique du Québec, « Comparaisons économiques internationales » - « Sommaire », 2009-07-07..

Environ 85 % des exportations québécoises sont destinées aux États-Unis. Les relations économiques entre le Québec et la France sont importantes : en 2019, environ travailleurs sont employés dans 400 entreprises françaises au Québec, et Français travaillent dans 170 entreprises québécoises en France.

Ressources naturelles et territoire

Situé au nord-est du continent nord-américain, le Québec partage une frontière avec quatre États du nord-est des États-Unis — l'État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine ; trois provinces canadiennes — Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario; en plus d'une frontière maritime avec le territoire du Nunavut.

La grande majorité de l'activité économique, historique comme contemporaine, a lieu dans le bassin du fleuve Saint-Laurent, qui relie la navigation nord Atlantique, via le golfe du Saint-Laurent, aux Grands Lacs, à l'intérieur du continent nord-américain. centré|vignette|400x400px|Le fleuve Saint-Laurent

Le territoire rassemble aussi à lui seul 3 % des réserves en eau douce renouvelables de la planète. Cette ressource est abondamment arnachée pour la production hydro-électrique, notamment la société d'État Hydro-Québec, qui en tire 90% de sa production (le reste provenant principalement de l'énergie éolienne), et permet à la province de bénéficier de prix de l'électricité très concurrentiels.

Le sous-sol du Québec, particulièrement le Bouclier canadien, est riche en minéraux notamment les plus extraits comme le fer, le zinc et l'or, mais aussi des minéraux stratégiques comme le niobium, de dioxyde de titane, de cobalt et de platine. Le sous-sol possède aussi un potentiel considérable pour le graphite, le lithium, le diamant, les terres rares et le tantale. Malgré l’existence d’un potentiel géologique théorique en hydrocarbures, la faible récupérabilité, les contraintes économiques et l’interdiction légale de l’exploitation commerciale font du Québec un territoire structurellement importateur de pétrole et de gaz. centré|vignette|400x400px|Paysage du Bouclier canadien à Saint-Agathe-des-Monts

La forêt recouvre plus de la moitié du territoire québécois () et représente environ 2 % de la couverture forestière mondiale. L’industrie forestière a occupé historiquement une place importante dans plusieurs régions du Québec. Les terres agricoles, concentrées au sud de la province, recouvrent environ 4% du territoire; les sols de bonne qualité pour l’agriculture comptent pour moins de 2 % de la superficie totale du Québec. La pêche dans le golfe du Saint-Laurent se concentre surtout sur le homard, le crabe des neiges, la crevette nordique (en grave déclin depuis 2024) et la pétoncle.

Histoire économique

Économie précoloniale Avant la colonisation européenne, les économies autochtones sur le territoire de l’actuel Québec reposaient sur des systèmes diversifiés et saisonniers combinant chasse, pêche, cueillette et, dans plusieurs régions des basses-terres du Saint-Laurent, horticulture. Les peuples de tradition algonquienne (dont plusieurs nations du Bouclier) vivaient largement d’un cycle annuel de chasse, pêche et cueillette, avec des déplacements suivant les saisons et les ressources disponibles. À l’inverse, les groupes iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent et des Grands Lacs développaient des villages plus sédentaires fondés sur l’agriculture du maïs, haricots et courges (les « Trois Sœurs »), complétée par la pêche, la chasse et des réseaux d’échanges. Au-delà de la subsistance, ces activités impliquaient aussi des savoirs techniques (conservation, outils, canots, vêtements), une gestion territoriale (campements, parcours) et des échanges intercommunautaires qui assuraient l’accès à des matières premières et denrées selon les milieux (côtes, fleuve, forêts, lacs).

Compagnie des Cent-Associés et traite des fourrure gauche|vignette|224x224px|Illustration de l'habitation de Québec, 1608 De 1608 à 1663, l’économie de la vallée du Saint-Laurent se structure avant tout comme une colonie-marchande d’exportation : la traite des fourrures constitue le principal moteur et finance largement l’exploration, les postes de traite et une partie des initiatives de peuplement, tout en reliant la colonie aux circuits atlantiques. Cette orientation explique en partie la faiblesse démographique et la colonisation lente (ordre de grandeur d’environ 2 500 habitants en 1663).

Sur le plan institutionnel, la mise en valeur est encadrée par des compagnies à charte, notamment la Compagnie des Cent-Associés (1627–1663), dotée d’un monopole sur la traite et de prérogatives de gouvernement/tenure, ce qui articule directement l’administration coloniale aux intérêts de commerce. Enfin, la période voit s’installer des dispositifs d’appropriation territoriale (dont le régime seigneurial, institué en 1627 comme forme de distribution des terres), qui organisent la colonisation et reconfigurent durablement l’espace au détriment des souverainetés autochtones.

Gouvernement royal et économie coloniale de la Nouvelle-France En 1663, Louis XIV intègre la colonie au domaine royal, mettant fin au régime d’administration par la Compagnie des Cent-Associés, jugée incapable de remplir ses obligations de peuplement et de gestion. La création du Conseil souverain de la Nouvelle-France, l’arrivée de l'intendant Jean Talon et le renforcement de l’autorité civile et militaire marquent un tournant vers une colonisation plus structurée et planifiée.

Sur le plan économique, la Nouvelle-France se caractérise par une économie coloniale mixte, dominée par l’agriculture seigneuriale, la traite des fourrures et certaines activités artisanales ou proto-industrielles comme les chantiers navals, la pêche et la transformation du bois. Le régime seigneurial, déjà en place mais renforcé par l’État royal, organise la mise en valeur du territoire le long du Saint-Laurent, favorisant une paysannerie relativement stable mais peu orientée vers l’accumulation du capital. La production agricole vise d’abord l’autosuffisance et les marchés locaux, avec des surplus limités.

Régime britannique et débuts du capitalisme marchand gauche|vignette|200x200px|Réplique de la locomotive à vapeur qui appartenait au Champlain & St. Lawrence Railway, première connexion ferroviaire au Canada entre La Prairie et Saint-Jean en 1836. Entre 1760 et 1850, l’économie du Bas-Canada/Canada-Est se recompose sous le régime britannique autour d’un capitalisme marchand tourné vers l’exportation. Au tournant du XIXᵉ siècle, le commerce du bois remplace progressivement la traite des fourrures comme principal moteur : stimulé par la demande britannique (notamment dans le contexte des guerres napoléoniennes et des besoins navals), il entraîne l’essor des chantiers forestiers, l’ouverture de nouveaux fronts de colonisation le long des affluents du Saint-Laurent (dont l’Outaouais) et une croissance des expéditions vers la Grande-Bretagne. Parallèlement, l’agriculture commerciale (principalement le blé) et le commerce d’import-export s’articulent à ce boom, renforçant la dépendance de l’économie locale aux marchés impériaux et atlantiques.

Cette spécialisation exportatrice transforme Québec et Montréal en nœuds marchands (port, entreposage, commission, transport) et favorise l’émergence d’institutions de crédit, d’assurance et de finance commerciale indispensables au commerce à grande distance. Les travaux sur le Québec des années 1820–1830 décrivent un “capitalisme commercial” déjà bien établi, arrimé à des flux de capitaux, de marchandises et d’information à l’échelle atlantique, et où les mécanismes de crédit structurent la circulation des produits (bois, denrées) et la hiérarchie sociale des négociants. Dans ce cadre, le rapport centre/périphérie se consolide : la colonie fournit surtout des matières premières et s’insère comme économie dépendante des besoins et des cycles de la métropole, ce qui limite la diversification industrielle avant la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Industrialisation et urbanisation vignette|Alentours du Canal de Lachine en 1896, cœur industriel du Canada à l'époque. De 1850 à 1914, le Québec entre dans une phase d’industrialisation et d’urbanisation accélérées portée par l’essor des réseaux de transport (chemins de fer, canaux) et des manufactures, financés par des capitaux majoritairement externes. Une part importante des investissements provient de la Grande-Bretagne (banques, maisons de commerce, capitaux impériaux) puis, de plus en plus, du Canada anglais et des États-Unis, notamment dans les secteurs ferroviaire, manufacturier et énergétique. Montréal devient un centre financier clé où se concentrent banques, compagnies d’assurance et maisons de crédit qui canalisent ces capitaux vers l’industrie et les infrastructures, souvent sous contrôle non francophone.

Le développement des chemins de fer et des infrastructures de navigation (dont le canal de Lachine, pivot du corridor industriel montréalais) stimule la circulation des matières premières et des produits finis, ce qui favorise la concentration d’activités manufacturières (textile, vêtement, chaussures, alimentation, ateliers mécaniques) dans les grands centres, surtout Montréal, et dans des pôles régionaux. Cette dynamique est accompagnée d’un essor du capital financier et commercial (crédit, assurance, maisons de commerce), étroitement lié aux besoins de l’industrie et au rôle métropolitain croissant de Montréal dans l’économie canadienne.

Sur le plan social, cette industrialisation prend la forme d’une concentration urbaine et d’une montée du salariat, avec l’expansion d’une main-d’œuvre mobile (incluant l’immigration de travail) attirée par les emplois industriels, la construction et les services urbains. À la charnière du XXᵉ siècle, l’émergence de la production hydroélectrique privée (fin du XIXᵉ siècle, débuts du XXᵉ) fournit une énergie bon marché qui soutient la modernisation industrielle et prépare l’essor de filières électro-intensives. L’ensemble s’inscrit dans une intégration accrue au marché nord-américain, où le Québec consolide son rôle de nœud industriel-financier et de territoire d’exportation/production au sein de l’espace canadien et continental.

Première Guerre mondiale, Grande dépression et Deuxième Guerre mondiale gauche|vignette|Travailleur de l'Aluminerie d'Arvida au Saguenay en 1943 où est produit 90% de l’aluminium du Commonwealth durant la Seconde Guerre mondiale.